PS4-PS5 : des joueurs attaquent Sony pour monopole sur la vente de jeux dématérialisés

 

Des consommateurs s'en prennent à Sony en class action pour avoir interdit, il y a deux ans, la vente de codes de téléchargement de ses jeux par des vendeurs tiers. Selon les plaignants, les joueurs payeraient en moyenne 175% plus chers leurs jeux en versions digitales.

La bibliothèque de jeux de la PS5 Digital Edition

La bibliothèque de jeux de la PS5 Digital Edition // Source : Frandroid

Des consommateurs poursuivent Sony Interactive Entertainment LLC, la branche console et jeux vidéo de Sony, pour pratique d’un monopole illicite. Ils leur reprochent de restreindre la vente de jeux PlayStation à son unique store.

Dans cette class action déposée en Californie, les joueurs font référence au fait que Sony a retiré l’autorisation à des revendeurs tiers (comprenant Amazon, Best Buy Co ou Walmart) de vendre des codes de téléchargement pour des jeux PlayStation il y a de cela deux ans.

Les consoles sans disques dans la balance

Résultat, le Playstation Store de Sony serait devenu la seule source pour des versions numériques de ses titres, ajoutent les plaignants. « Le monopole de Sony lui permet d’appliquer des prix hors de toute compétition sur ces jeux dématérialisés, qui sont beaucoup plus chers que leurs versions physiques vendues dans un marché compétitif », indique les consommateurs à l’origine de l’action collective. La plainte considère que les joueurs sont amenés à payer 175% plus cher pour un jeu téléchargé que pour sa version physique.

Il s’agit là d’un problème assez courant dans l’industrie, qui est rendu encore plus vif depuis que Sony et Microsoft ont tous deux proposé des modèles de leurs nouvelles consoles sans lecteurs de disque, avec la PS5 Digital Edition et la Xbox Series S.

La PlayStation 5 Digital Edition

La PlayStation 5 Digital Edition // Source : Frandroid

Signalons tout de même que l’argument de la concurrence qui permettrait de baisser les prix des jeux ne se vérifie que très peu dans la réalité. Dans le cas des jeux Nintendo par exemple, dont on peut trouver des codes de téléchargement assez facilement sur Amazon, les prix pratiqués par les revendeurs tiers sont souvent les mêmes que ceux disponibles sur le Nintendo eShop. Là aussi, cela donne des jeux en boîte qui coûtent généralement autour de 45 euros, là où le prix pour des codes de téléchargement de jeux s’élève bien souvent à 60 euros, malgré la concurrence.

Les procès pour monopole se multiplient

Depuis quelque temps, les procès pour monopole se multiplient dans le monde de la tech, et en particulier autour d’Apple. La marque à la pomme est poursuivie aux États-Unis par le développeur et revendeur de jeux Epic Games, qui l’accuse d’interdire la concurrence à son App Store. Celui-ci lui permettrait d’appliquer une commission de 30% sur tous les achats. On pense aussi à Spotify qui poursuit Apple, ce coup-ci en Europe, pour sa commission appliquée sur les abonnements premium au sein de l’App Store, qui gonflerait artificiellement les prix. Là aussi, on peut peut-être parler de monopole, du fait qu’il est impossible pour les utilisateurs de contourner l’App Store, contrairement à ce qui se pratique sur le Play Store de Google.

À chaque fois qu’il est question de procès pour monopole, toute la question est de définir ce qu’est un marché, pour savoir s’il y a monopole ou pas. Dans le cas de la PlayStation 5, si on prend pour référence le marché du jeu vidéo dans son ensemble, alors il n’y a pas de position exclusive, puisque Sony y affronte un grand nombre de concurrents. En revanche, on peut aussi considérer que les jeux PlayStation ne peuvent tourner que sur des machines de Sony, et que par conséquent, ils appartiennent à un marché bien à eux. Alors, si Sony est le seul vendeur de ce marché, l’expression monopole apparaît correcte. Cette bataille de définitions d’un marché, ce sera tout l’enjeu du procès, si les plaignants et Sony ne trouvent pas un accord amiable avant cela.

Le groupe Nintendo a dévoilé les incroyables résultats financiers de son année fiscale (1er avril 2020 – 31 mars 2021). Jamais l’entreprise japonaise n’a gagné autant d’argent, grâce, entre autres, à une Switch qui continue de se…
Lire la suite

Les derniers articles