Écouter sa musique à vélo sans risquer 135 € d’amende : notre test de 9 mois des Shimano Lazer VeloVox

 
Légers et convaincants à l’écoute, les Lazer VeloVox sont une bonne solution pour ses appels, sa musique et discuter en peloton à vélo, même s’ils restent chers et perfectibles. Voici notre test complet.
Lazer Velovox écouteurs vélo intercom
Source : M. Lauraux pour Frandroid

Rouler à vélo électrique, comme à vélo tout court, avec des écouteurs ou un casque audio est interdit depuis 2015 : l’article R412-6-1 du Code de la route proscrit le port à l’oreille de tout appareil qui émet du son, sous peine d’une amende de 135 euros.

Écouter de la musique reste néanmoins possible, à condition de passer par des haut-parleurs. Sans pouvoir mettre des écouteurs dans les oreilles, cela revient ainsi à se balader avec une enceinte… ou à installer un kit mains-libres. Cependant, les dispositifs étaient surtout développés pour les casques moto et scooters.

Ce type de dispositif commence à débarquer dans l’univers du vélo, d’abord pour l’intercom comme chez Sena par exemple ou intégrés directement dans les casques à la manière du Tenways EH20. Plus ingénieux, Lazer, la marque de casques de Shimano, a lancé en septembre 2025 un appareil conçu avec Cardo, spécialiste des intercoms pour motards : les Lazer VeloVox. Cette paire d’écouteurs amovibles s’attache à un casque afin de profiter de ses playlists à vélo, mais aussi pour communiquer en toute légalité.

Côté loi, les VeloVox se fixent sur les sangles, devant l’oreille, sans rien y introduire ni la couvrir : c’est ce qui permet à Lazer de les présenter comme légaux.

Nous avons testé ce produit en ville pendant neuf mois et sur des milliers de kilomètres, voici notre verdict.

Des écouteurs peu sexy, mais confortables et robustes

Les Lazer VeloVox sont vendus par paires. La paire pèse 34 grammes sur notre balance, un poids presque négligeable sur un casque. Ces appareils sont à attacher aux sangles latérales de votre casque, devant les oreilles. On pourrait s’interroger sur l’encombrement en apparence, qui est finalement minime : 7 centimètres de haut pour 2,5 centimètres de large, et 1,2 centimètre d’épaisseur. Oui, c’est peu aérodynamique et un peu brut dans la présentation. Lazer – ou plutôt Cardo – aurait pu faire un effort, avec des formes plus arrondies ou d’autres coloris.

Les VeloVox sont aussi un peu justes en hauteur sur certains casques urbains très enveloppants, avec peu de place sur les sangles. Sur certains, impossible de porter des lunettes en plus, ou alors les branches gênent, contrairement à ce que promet Lazer ; sur d’autres, on ne peut plus régler précisément les sangles. Pas question non plus d’ajouter des cache-oreilles. Aucun problème cependant sur tous les casques sportifs, aux sangles plus accessibles. En termes de confort, les appareils ne touchent pas la peau, et n’apportent aucune pression. Bref, ils se font oublier. 

La résistance IP54 signifie un usage possible en gravel ou VTT avec un peu de poussière (le 5), et sous la pluie (le 4). Nous avons d’ailleurs essayé sous de fortes pluies, sans aucune dégradation ni perte d’écoute.

Quant à leur robustesse, elle est excellente, puisque les deux paires utilisées quasiment quotidiennement n’ont subi aucun dommage après 9 mois. Le tout malgré l’exposition à la pluie, à la pollution, à la poussière, au soleil, et même quelques chutes (en les manipulant)

Une excellente qualité musicale et d’écoute, mais un micro perfectible

Le son des VeloVox est très directif. Un petit centimètre de décalage, et la balance part facilement d’un côté. Une fois l’ajustement parfait trouvé, les écouteurs vélo apportent une qualité étonnamment bonne vu leur petite taille.

Il ne faut pas attendre un niveau similaire aux meilleurs écouteurs ou casques Bluetooth du marché évidemment. Tous les types de musique sont toutefois diffusés avec une belle fidélité, sans exagération de certaines fréquences. C’est assez neutre, tandis que le format mini ne permet pas de profiter de profondes basses.

Lazer Velovox port casque aéro
Source : M. Lauraux pour Frandroid

La puissance est également au rendez-vous. Nous sommes aux ⅔ du volume sonore maximal lorsque l’on souhaite pousser le volume dans un bruyant trafic routier ou en cas de vent modéré. Attention toutefois à ne pas abuser du volume afin de rester attentif à l’environnement, notamment les voitures qui précèdent ou les cyclistes qui vous avertissent.

Au passage, on ne note pas de bruit aérodynamique supplémentaire, mais la réduction de bruit pourrait être un poil meilleure. Les appels et discussions en intercom procurent une qualité d’écoute très satisfaisante, tandis que le micro nous oblige parfois à hausser la voix lorsqu’on évolue à 25 km/h à vélo électrique.

Lazer Velovox écouteurs
Source : M. Lauraux pour Frandroid

Autre point d’amélioration, les annonces d’appels sont peu audibles : on distingue à peine le nom de l’interlocuteur, et encore moins les numéros épelés des contacts non enregistrés.

Une ergonomie sans reproches avec une belle connectivité

Les Lazer VeloVox possèdent chacun deux boutons. On doit presser 3 secondes leurs boutons supérieurs respectifs pour l’allumage, avec une annonce du niveau de batterie et de connexion au smartphone, mais l’arrêt n’a besoin de pression que d’un des écouteurs.

En utilisation quotidienne, seuls les boutons de droite sont véritablement utiles. On y règle le volume, la prise/rejet d’appel (haut et bas), on met sur pause ou l’on relance sa musique avec l’inférieur (double pression), on passe à la piste suivante avec la double pression supérieure. On utilise ceux de gauche pour les commandes en intercom. Leur utilisation est personnalisable via l’application, car les VeloVox sont connectés.

Côté connectivité, rien à redire, même si c’est un peu accessoire au quotidien. La connexion avec le smartphone est facile, et automatique à l’allumage, sans aucune déconnexion intempestive constatée. Il faut passer par l’application Cardo Connect, et non Shimano. 

On peut y régler le son en fonction de l’usage (musique ou voix), les fonctions des boutons physiques ou accéder à des boutons d’accès rapide (volume, contacts favoris, intercom, etc.) si l’on met son smartphone sur un support. Le français est au programme dans l’application comme dans les annonces vocales, ainsi que 10 autres langues.

L’application sert aussi à l’intercom, qui ne fonctionne pas comme sur les modèles Bluetooth : les VeloVox passent par la connexion de données mobiles de chaque smartphone, un peu comme un appel WhatsApp. Avantage, jusqu’à 30 cyclistes peuvent discuter dans un même groupe, sans limite de distance tant qu’il y a du réseau. En revanche, en zone blanche, plus d’intercom, et la qualité audio peut varier d’un participant à l’autre selon son opérateur.

Enfin, la connectivité avec des appareils Shimano est en bonus. Si vous disposez d’un vélo électrique avec assistance maison, ou les dérailleurs électroniques Di2, leurs boutons au guidon peuvent aussi piloter le son ou la prise d’appel. De quoi gagner en sécurité, sans lâcher le guidon.

Une autonomie de 10 heures

La batterie interne aux deux appareils n’indique pas de capacité. L’autonomie annoncée est de 11 heures en conversation, là aussi sans précision de volume. Dans notre utilisation aux ⅔ de puissance, on mesure environ 10 heures par charge, ce qui est très bon, de quoi assurer plusieurs sorties dominicales ou une semaine de vélotaf. On apprécie également l’absence de décharge entre les utilisations.

Lazer Velovox recharge
M. Lauraux pour Frandroid

La recharge est classique, via la prise USB-C, à la base des VeloVox. Lazer fournit des câbles spéciaux, à deux têtes pour pouvoir recharger la paire sur la même prise. On aurait aussi aimé un câble un peu plus long, pour faciliter la recharge sans les enlever du casque. Il faut compter environ 3 heures pour une recharge complète, ce qui n’a rien de rapide mais reste compatible avec une utilisation régulière. Un voyant rouge passe au vert afin de connaître la fin de recharge, mais des paliers auraient été bienvenus pour éviter de charger à fond systématiquement.

Les Lazer VeloVox sont une excellente alternative audio pour rouler à vélo, face aux casques à système intégré et à ce que la loi interdit (casque audio, écouteurs, etc.). À installer sur les sangles de la plupart des casques, ils ont un style un peu brut de décoffrage et imposant, mais ils se font oublier lors des trajets et sont légers.

Mieux, la qualité d’écoute est très bonne, surtout pour la musique, et on reste alerte sur son environnement. Le micro se montre parfois faiblard lors des appels ou en intercom (bruits de vent), mais rien à redire sur l’ergonomie des boutons ni sur l’autonomie, autour de 10 heures dans notre usage.

Cette paire d’écouteurs vélo est donc très bonne, même si elle n’est plus seule sur ce créneau. Il faut toutefois passer outre le prix catalogue de 159,90 euros par paire, donc plus de 300 euros pour discuter à deux.

D’autant que la concurrence s’organise. Les Aleck Punks reprennent le principe des deux modules sur les sangles, pour 149,90 euros la paire à leur sortie en 2023, tandis que le Sena Pi se limite à un intercom Bluetooth à deux, jusqu’à 400 mètres. Surtout, Cardo vend depuis le 15 septembre sa propre version, le Cardo Sync : il reprend le poids (19 grammes par module), l’autonomie (11 heures) et la compatibilité Shimano des VeloVox, et y ajoute un allumage et une extinction automatiques, pour 169,95 dollars (environ 145 euros hors taxes) aux États-Unis.

Points positifs

  • Qualité d’écoute musicale

  • Bonne ergonomie

  • Adaptable à (presque) tous les casques

  • Léger

  • Autonomie de 10 heures

Points négatifs

  • Micro perfectible

  • Design imposant et brut

  • Application secondaire

  • Prix élevé

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