Pour contrer la Chine, l’UE veut mieux s’impliquer dans la normalisation du lithium

Un enjeu d'importance pour la stratégie européenne en matière de mobilité verte

 

Ne pas laisser la Chine normaliser le lithium à notre place. C'est en substance ce que l'Union européenne préconise au sujet de ce composant essentiel aux batteries, notamment à celles des véhicules électriques. Pour éviter de donner libre cours aux régulateurs chinois sur ce secteur, l'UE souhaite agir. Et vite.

L’Union européenne veut empêcher la Chine de normaliser le lithium de manière unilatérale

L’Union européenne veut empêcher la Chine de normaliser le lithium de manière unilatérale // Source : Pixabay

Alors que la Chine s’implique très fortement dans la mise en place de normes internationales pour le lithium, l’Union européenne craint d’être « marginalisée » sur ce dossier, pourtant crucial pour l’avenir de ses projets en matière de mobilité verte. Dans une lettre adressée aux ministres de l’Industrie des 27 pays de l’UE, Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur, appelle notamment à « s’engager plus activement dans la définition de normes internationales sur le lithium », résume l’agence de presse britannique Reuters. Au coeur de cet enjeu, des groupe comme Volkswagen, PSA ou encore Siemens, impliqués sur le marché des véhicules électriques et de l’énergie verte.

La Chine a les dents longues, l’UE veut veiller au grain

Cette missive de Thierry Breton est envoyée alors que l’Organisation internationale de normalisation (ISO) se prononcera fin juin sur la création d’un comité ayant pour objectif de gérer les normes sur le lithium. Une initiative chinoise qui n’a rien d’anodin : Pékin souhaiterait que la Chine obtienne le statut de secrétaire de ce comité. Ce dernier aura pour mission de définir des normes relatives à l’exploitation, l’extraction, les tests, l’analyse ou encore la transformation du lithium.

« Il est dans notre intérêt de donner aux entreprises européennes un avantage concurrentiel en veillant à ce que les normes internationales soient conformes aux nôtres, qu’elles soient déjà élaborées ou en cours », explique notamment Thierry Breton. L’ancien ministre français de l’Économie enjoint les membres de l’UE a « être vigilants » face aux processus d’élaboration de ces normes internationales « qui peuvent, sans une bonne implication, nuire involontairement à la compétitivité économique et au leadership technologique » de l’UE, ajoute-t-il.

L’intéressé précise néanmoins que la Commission européenne chargera à l’avenir le CEN (Comité européen de normalisation) et le CENELEC (Comité européen de normalisation électrotechnique) de veiller à l’élaboration de futures normes propres au lithium. Un moyen, aussi, de garder un oeil sur les ambitions chinoises en la matière.

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