Pas de « dépendance clinique » : la défense du patron d’Instagram face à des lourdes accusations

 
Visée par un procès très médiatique aux États-Unis, l’application de partage de photos de Meta est accusée de nourrir une certaine addiction aux réseaux sociaux fort peu compatible avec le maintien d’une bonne santé mentale. Son patron s’en défend.
Adam Mosseri en 2019 // Crédit : Anthony Quintano (Wikimedia Commons – CC BY 2.0)

L’accusation est grave et la défense l’est tout aussi. Alors que des documents internes à Meta ont récemment dévoilé que les salariés de l’entreprise eux-mêmes considéraient Instagram comme « une drogue », Adam Mosseri, responsable de la plateforme, raconte une tout autre histoire devant la justice.

Interrogé par les tribunaux américains sur l’effet des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes, le patron d’Instagram a affirmé que son réseau social ne crée pas de « dépendance clinique » et que la responsabilité de la plateforme ne peut pas être engagée pour ses effets sur la psyché des adolescents.

« Privilégier la croissance sur la responsabilité. »

Dans son témoignage, la plaignante (qui a également assigné Google devant le même tribunal) explique qu’elle s’est régulièrement sentie « piégée » par l’application, y passant parfois jusqu’à 16 heures sur une seule journée. Si Adam Mosseri reconnaît là qu’il s’agit d’un « usage problématique », il estime que le terme d’« addiction » est parfois usé à tort et à travers, comme pour évoquer sa relation avec « une série télé sur Netflix ». Le responsable a tout de même évité de répondre à une apostrophe l’accusant de prioriser la croissance sur la sécurité mentale de ses utilisateurs et utilisatrices.

Sur le sujet, un échange de 2019 entre lui et Mark Zuckerberg a été ressorti du placard. Il y est question d’autoriser ou non les filtres imitant des actes de chirurgie esthétique. À l’époque, le responsable de la communication de Meta expliquait que cela équivaudrait à « privilégier la croissance au détriment de nos responsabilités ». Instagram a tout de même fini par autoriser les filtres de modification du visage en bannissant ceux qui promouvaient trop ouvertement le recours à la chirurgie esthétique.

La forme versus le fond

Si l’entreprise affirme qu’aucune preuve scientifique n’existe quant à une possible « dépendance » causée par ses plateformes, depuis quelques années cependant, Instagram a déployé tout un tas d’outils de gestion du temps d’écran et de contrôle parental. Signe que l’application avait tout de même conscience des usages problématiques de certains de ses clients et clientes.

Pour aller plus loin
L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans adoptés à l’Assemblée : que contient vraiment le texte ?

À la barre, Adam Mosseri a malgré tout défendu le statut d’hébergeur d’Instagram qui, selon la section 230 du Communications Act de 1934, empêche Instagram d’être tenu responsable de ce qui est posté sur son service. Si le fond ne peut pas être attaqué, la forme, elle, peut. Et c’est tout l’enjeu de ce procès.


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