« Instagram est une drogue » : des documents internes à Meta ravivent les critiques sur la nocivité des réseaux sociaux

 
Dans un procès assez médiatisé aux États-Unis, des documents internes à Meta semblent indiquer que la firme avait conscience des effets délétères de ses applis sur la santé mentale des plus jeunes, mais a redoublé d’efforts plutôt que de se remettre en question.
icône d'Instagram sur un smartphone
Crédit : Brett Jordan / Unsplash

C’est une aventure juridique qui pourrait coûter cher à Mark Zuckerberg, Meta, et plus généralement à tous les réseaux sociaux. Un procès récemment entamé aux États-Unis accuse Meta et Google d’avoir sciemment créé des plateformes pensées pour capter et retenir l’attention des plus jeunes, sans prendre en compte les effets indésirables de telles addictions.

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Dans le cas de Meta, les preuves semblent être assez irréfutables, puisque le Tech Oversight Project, une ONG de lutte contre la domination des Big Tech, a publié des documents internes montrant l’étendue des tactiques de la firme et sa volonté affichée de capter notre temps de cerveau disponible, note Ars Technica.

Des dealers dans votre smartphone

Alors qu’en 2017, Mark Zuckerberg avait annoncé son intention de s’emparer du marché des plus jeunes, toute la machine Meta s’est mise en branle pour encourager les adolescents et adolescentes à se connecter plus fréquemment et plus longtemps à Facebook et Instagram. Dans le cadre de cette stratégie, la firme a envisagé d’envoyer des « tsunamis de notifications » pendant les heures de cours, d’embaucher des influenceurs locaux pour convaincre tout le monde de s’inscrire sur les médias sociaux de l’entreprise ou de créer des boucles internes aux écoles accessibles grâce à des adresses mail dédiées.

Des échanges entre salariés de l’entreprise montrent l’agressivité de Meta dans cette démarche. « Nous avons appris que l’une des choses que l’on doit faciliter est le coup d’œil discret à son téléphone sous le bureau pendant les cours de bio », lit un mail. Un autre reconnaît que « les adolescents ne peuvent pas se passer d’Instagram même s’ils le voulaient. » Une constatation qui mène un employé à blaguer sur le fait que « Instagram est une drogue » et que les personnes développant l’application sont « quasiment des dealers ».

Mentionné au détour d’un échange, il semblerait que le patron du réseau social, Adam Mosseri, ait fait la sourde oreille face à ces critiques. Dans un moment d’honnêteté et d’autocritique désarmant, un échange mentionne le fait que même s’il n’y a pas « de complot malsain pour rendre les gens accros, la nature du capitalisme et de la chasse à la croissance » nourrit ce problème.

Un coup dur pour Meta

Comme souvent, les petites mains derrière la fabrication de ces applications semblent conscientes des problèmes, critiquant volontiers « le scroll sans but », « les publicités » et les « interactions superficielles » qui ont lieu sur ces réseaux. Mais « les directives venant d’en haut cherchent toutes à faire en sorte que les gens en redemandent », relève un message interne.

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Ces centaines de documents « hautement confidentiels » tout récemment déterrés pourraient faire très mal à la firme qui se bat des deux côtés de l’Atlantique pour convaincre les grands publics et les classes dirigeantes que leur service n’est pas responsable des problèmes de santé mentale des plus jeunes et des conséquences désastreuses qui en découlent.


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