Snapdragon C, Wildcat Lake, Ryzen AI : pourquoi la riposte Windows au MacBook Neo arrive au pire moment pour les prix

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Apple a sorti un MacBook Neo à 699 €, et six mois plus tard, c’est tout le monde du PC qui se met à copier la recette. Qualcomm, Intel et AMD veulent enfin des portables Windows corrects sous la barre des 500 euros.
Acer Swift Air 14

On a longtemps cherché un ordinateur « pour faire les trucs de base » : du traitement de texte, des e-mails, du streaming et trois onglets de navigateur ouverts en même temps. Budget : 400 ou 500 euros.

Et là, pendant des années, la réponse honnête était gênante. À ce prix, on repartait avec un châssis en plastique qui ramait dès l’ouverture du navigateur. L’entrée de gamme, c’était la zone où personne ne voulait vraiment mettre les pieds. Puis Apple a fait un truc que personne n’attendait.

Ce truc, c’est le MacBook Neo, lancé en mars à 699 € (599 € pour les étudiants). Sa botte secrète : au lieu d’une puce Apple Silicon onéreuse, il embarque l’A18 Pro, le processeur de l’iPhone 16 Pro.

Acer Swift Air 14

Un Mac en aluminium, sans ventilateur, avec une autonomie annoncée jusqu’à 16 heures, à un tarif inédit chez Apple. Le succès a été tel qu’Apple aurait doublé ses commandes pour viser 10 millions d’unités, selon l’analyste Tim Culpan (relayé par 9to5Mac). De quoi réveiller brutalement le camp Windows. En amont du Computex 2026, Qualcomm a dévoilé le Snapdragon C, une puce taillée pour des PC portables à partir de 300 dollars, pendant qu’Intel pousse sa gamme Wildcat Lake, les Core Série 3, déjà présente dans plus de 70 modèles annoncés.

La recette d’Apple, copiée jusqu’au moindre raccourci

La vraie nouveauté n’est pas technique, elle est stratégique. Comme Apple, Qualcomm est allé piocher dans le smartphone : le Snapdragon C s’appuie sur des cœurs Kryo issus des mobiles, et non sur les cœurs Oryon de ses puces haut de gamme.

Source : Qualcomm

Il intègre un NPU pour l’IA en local, mais attention, il ne coche pas les cases du label Copilot+ de Microsoft. Côté Intel, les premiers tests placent le MacBook Neo devant le Wildcat Lake d’environ 44 % en monocœur, et les versions d’entrée de gamme ratent elles aussi la certification Copilot+. Surtout, méfiance avec le fameux « à partir de 300 dollars » : à ce tarif, la configuration risquerait de se limiter à 4 Go de RAM, soit le strict minimum vital.

Les premières machines Snapdragon C ne sont pas attendues avant la fin 2026, le temps qu’Acer, HP et Lenovo finalisent leurs modèles. Qualcomm doit en dire plus durant sa keynote au Computex la semaine prochaine. Autrement dit, le bras de fer concret avec le Neo ne commencera vraiment qu’à la rentrée.

Le nouveau Dell XPS 13 sous Wildcat Lake, lui, démarre à 699 dollars (599 pour les étudiants), soit 100 dollars de plus que le Neo, et probablement avec seulement 8 Go.

Pour aller plus loin
Qualcomm annonce le Snapdragon C, une puce d’entrée de gamme pour PC portables à partir de 300 €

Le piège des 8 Go

Pour un étudiant, une famille ou de la bureautique légère, ces machines feront parfaitement le travail. Le souci, c’est que 8 Go de RAM sur Windows 11, ce n’est pas la même histoire que 8 Go sur macOS, bien plus économe.

AMD, de son côté, ne joue pas vraiment sur le terrain des 300 dollars. Sa réponse passe par des ultraportables Ryzen AI mieux équipés, par exemple autour du Ryzen AI 5 340, une puce 6 cœurs avec un NPU jusqu’à 50 TOPS, souvent livrée avec 16 Go.

Ces PC battent le Neo en multicœur, mais ils coûtent plus cher. Le prix de la mémoire a par ailleurs explosé, au point que Ranjit Atwal, directeur de recherche chez Gartner, estime auprès du Register que les fabricants peinent désormais à concevoir des PC sous 500 dollars.

Le contexte aggrave la donne : Gartner anticipe une hausse moyenne de 17 % des prix des PC sur l’année 2026, alimentée par la flambée du coût de la mémoire. Un Snapdragon C ou un Wildcat Lake annoncé « à partir de 300 dollars » a donc toutes les chances d’atterrir sensiblement plus haut dans les rayons français.

Pour aller plus loin
Hausse des prix de la RAM, délais rallongés et pénurie, tout comprendre de la crise de la RAM

Apple a allumé la mèche, le reste de l’industrie répond avec ce qu’il fait de mieux : du choix, beaucoup de choix. Mais entre les 8 Go qui coincent, les NPU qui manquent le label Copilot+ et un marché de la RAM en feu, le « low cost » ressemble encore à une promesse plus qu’à une réalité.


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