BlackBerry se cache secrètement dans votre voiture : l’incroyable reconversion de la marque

 
Si Blackberry a cessé de produire des smartphones en 2020, la firme canadienne continue encore d’exister. Et vous êtes très nombreux à vous en servir tous les jours, sans pourtant vous en douter. Dans votre voiture. Voici la raison.

Si l’on vous parle de Blackberry, vous vous souvenez sans doute de ces smartphones à clavier qui rencontraient un franc succès dans les années 2000. D’abord adoptée par les professionnels, la marque séduit ensuite rapidement le grand public dès 2005.

On pense notamment à des modèles emblématiques comme le Pearl et le Curve, sans oublier le Storm, premier smartphone à écran tactile de la marque canadienne. Le but ? Rivaliser avec l’iPhone nouvellement lancé. Mais cela n’aura pas suffi, alors que la concurrence est de plus en plus forte.

Les ventes s’écroulent face à la marque à la pomme et Android, et la part de marché de Blackberry fond comme neige au soleil. Certes, la firme tente de relancer la machine, mais c’est désormais trop tard. Et en 2020, elle annonce qu’elle cesse de produire des smartphones. Et en janvier 2022, BlackBerry coupe les services qui faisaient encore tourner ses anciens smartphones sous BlackBerry OS et BB10, qui deviennent alors quasi inutilisables. Mais est-ce pour autant la fin de la marque emblématique ? Et bien non, au contraire. Car vous êtes encore très nombreux à continuer de l’utiliser, sans même le savoir.

Illustration WSJ // Emil Lendof / Getty Images

C’est en effet ce que nous explique le très sérieux Wall Street Journal. Il faut savoir qu’au début des années 2010, Blackberry avait déjà senti le vent tourner. Et elle avait décidé d’agir, en rachetant l’entreprise QNX, spécialisée dans la conception de systèmes d’exploitation en temps réel.

Or, cette société est tout particulièrement investie dans le domaine de l’automobile. Mais au départ, le spécialiste du smartphone voulait utiliser le savoir-faire de QNX pour ces derniers. Sauf que la concurrence dans le domaine est trop forte. Mais la firme n’a pas dit son dernier mot.

Pour replacer le tournant : c’est en 2014 que QNX bascule. Face à Google (Android Auto) et Apple (CarPlay) qui s’imposent sur les écrans d’infodivertissement, John Wall raconte au Wall Street Journal avoir compris, lors d’une bière avec un dirigeant d’Audi, que la bataille de l’écran était perdue, mais que celle du logiciel critique de sécurité, lui, restait à jouer. C’est là que QNX a abandonné le tableau de bord pour aller se loger plus profond dans la voiture.

Un système très répandu

C’est ainsi que la société a décidé de se recentrer sur l’automobile. Et désormais, elle fournit sa solution à de très nombreux constructeurs, tels que BMW, Volkswagen, Mercedes ou encore Ford et Honda. Au total, QNX équipe plus de 275 millions de voitures dans le monde, dont une grande partie d’autos électriques. Le logiciel équiperait 24 des 25 plus grands constructeurs mondiaux de voitures électriques, selon BlackBerry, qui revendique aussi une présence dans environ 68 % des véhicules produits dans le monde.

Il y a de grandes chances que votre voiture soit équipée de technologies fournies par cette entreprise, qui appartient à Blackberry. Mais concrètement, que fait-elle ? Et bien elle est notamment chargée de fournir le logiciel qui gère tous les systèmes de sécurité embarqués. Que ce soit les alertes anti-collision, la surveillance des angles morts ou encore le régulateur de vitesse, entre autres. D’ailleurs, John Wall, président de la division résume assez bien les choses à ce sujet.

Volkswagen ID. Polo // Source : Volkswagen

Il rappelle que « nous sommes les fondations. Tout ce qui est joli en surface ne fonctionnerait pas sans des fondations solides ». Et ce alors qu’il indique que vous ne verrez jamais de logo QNX sur une auto. Pourtant, la société a su s’imposer sur le marché automobile, grâce à son logiciel réputé pour sa grande fiabilité. En parallèle, son chiffre d’affaires continue de grimper, avec pas moins de 236 millions de dollars en 2025.

Concrètement, ce virage paie aujourd’hui. BlackBerry a enchaîné quatre trimestres bénéficiaires d’affilée — une première depuis l’effondrement de son activité smartphones — et le carnet de commandes de royalties de QNX a atteint environ 950 millions de dollars, signe que le logiciel est déjà signé pour des voitures qui ne sont pas encore sorties d’usine.


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