
Quand on déambule dans les allées du CES de Las Vegas et qu’on tombe sur le stand d’un fabricant d’aspirateurs exposant non pas un, mais trois bolides électriques, on se dit qu’on a peut-être un peu trop profité des buffets. Et pourtant non.
Dreame, le spécialiste chinois des aspirateurs robots que vous connaissez peut-être, vient bel et bien de dévoiler sa Nebula Next 01, tandis que Mova, sa filiale plus abordable, présente deux prototypes sous la marque Kosmera : la Star Razer et la Star Matrix.
Une ressemblance qui ne trompe personne
Autant le dire tout de suite : oui, ces voitures ressemblent à des Bugatti. Les deux designers en chef des deux marques ne s’en cachent pas vraiment, mais nuancent quand même en insistant sur le fait que le reste du dessin n’est pas une simple copie.

D’ailleurs, par rapport aux premiers rendus 3D qui avaient fait hurler tout le monde en août dernier, Dreame a légèrement revu sa copie. La ligne est plus épurée, les flancs plus travaillés, et on retrouve un imposant aileron arrière ainsi qu’un diffuseur vraiment massif.

Sur la Star Razer de Kosmera, ce qui frappe d’emblée, ce sont les jantes à déport magnifiques qui donnent un caractère immédiat à la voiture.

L’arrière de la Star Matrix, lui, m’a rappelé la BYD Yangwang U9 avec ses lignes tendues, son diffuseur intégré et surtout sa LED arrière verticale. La U9 a prouvé qu’elle savait ce qu’elle faisait en atteignant 496 km/h, ce qui en fait la voiture la plus rapide au monde. Dreame et Kosmera ont clairement l’ambition de dépasser ce record en visant les 500 km/h.
Des chiffres à donner le tournis
Côté technique, on est sur du très lourd. La Dreame Nebula Next 01 embarque jusqu’à quatre moteurs électriques selon les versions. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 1,8 seconde. Pour la suspension, on nous parle d’une configuration pneumatique, et la voiture peut accueillir 4 à 5 places, ce qui est plutôt surprenant pour une sportive de ce calibre.

Les deux Kosmera, elles, sont clairement positionnées comme des hypercars quatre places. Chaque modèle dispose de quatre moteurs électriques à aimant permanent, un par roue, délivrant 350 kW chacun, soit 2 040 chevaux au total. L’accélération de 0 à 60 mph est bouclée en moins de 2,4 secondes.

La batterie semi-solide affiche 120 kWh avec une architecture 800 volts, tandis que le châssis en aluminium et les panneaux en fibre de carbone permettent de rester sous les 2 000 kg. Le coefficient de traînée (Cx) est annoncé inférieur à 0,20, ce qui est remarquable.

Un ingénieur de Kosmera m’a confié qu’ils visaient les 500 km d’autonomie WLTP. C’est un détail, mais ça veut dire beaucoup : l’homme chinois n’a pas évoqué la norme locale CLTC, mais la norme européenne. Preuve que le marché visé n’est pas simplement local.
Il a également évoqué le système de suspension active, capable de basculer d’un mode confort « zéro sensation » à une configuration ultra-rigide pour la piste. L’AI Coach utilise l’intelligence artificielle avec un affichage tête haute en réalité augmentée pour guider le pilote avec des trajectoires optimales.
Un prix presque accessible
Ce qui m’a le plus surpris, c’est le prix évoqué : environ 1 million de yuans, soit à peine 130 000 euros. Pour des voitures affichant de telles performances, on est loin des tarifs stratosphériques d’une Bugatti Chiron ou d’une Rimac Nevera.
Certes, il s’agit encore de prototypes et les prix définitifs restent à confirmer, mais si Dreame et Kosmera tiennent leurs promesses, ils pourraient sérieusement bousculer le segment des hypercars électriques.

Pour l’Europe, les responsables restent prudents : « le plan de commercialisation pour l’Europe reste en cours d’évaluation« , m’a-t-on précisé. Mais Kosmera annonce déjà des investissements de plusieurs milliards d’euros à venir pour établir une production européenne, avec un premier centre d’innovation « 3-en-1 » prévu en Allemagne.
Ce site intégrerait un centre R&D, un incubateur et une usine transparente avec une capacité initiale de 10 000 unités par an, pour atteindre 300 000 véhicules annuels dans les trois ans.
Au-delà de la supercar
Dreame ne compte pas s’arrêter là. On m’a confié que l’entreprise travaille déjà sur un SUV et un pick-up électriques, histoire de ratisser plus large que le seul segment des supercars.

L’équipe compte déjà 1 000 personnes recrutées dans l’automobile et la tech. Winter Chen, le PDG de Kosmera, possède plus de 100 brevets dans les systèmes moteurs et les technologies d’interaction homme-machine.
Opération marketing ou véritable projet industriel ?
Reste une question légitime : est-ce qu’on assiste à une véritable révolution ou simplement à une opération marketing grandeur nature ?
Quand on voit la réussite de Xiaomi avec ses SU7 et YU7, qui a livré plus de 400 000 véhicules en 2025 dont 150 000 YU7 en seulement six mois, il y a des raisons d’y croire.

À l’inverse, le fiasco de Dyson en 2019, qui avait dépensé 2,5 milliards de livres avant de jeter l’éponge, rappelle que la route est semée d’embûches.
Pour l’instant, Dreame n’a pas montré l’intérieur de la Nebula Next 01, et les Kosmera restent des prototypes. Mais si les équipes tiennent leurs délais et leurs promesses techniques, on pourrait bien avoir droit à une belle surprise dans les années qui viennent. Rendez-vous en 2027 pour savoir si le pari était fou ou visionnaire.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et ses partenaires.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.
Gérer mes choix