
C’est un nouveau front qui s’ouvre dans la guerre contre Google. Durant le weekend, les responsables de la communication de chez GrapheneOS ont sorti la sulfateuse pour attaquer le nouveau projet ReCaptcha du géant de la recherche. L’équipe de développement derrière l’OS ultra-sécurisé y voit une manière de plus de disqualifier tous les systèmes d’exploitation qui échapperaient au contrôle de l’entreprise.
Apple n’est pas épargné non plus et, globalement, c’est tout l’écosystème mobile actuel qui est dans le viseur de ces récentes accusations en antitrust.
Un argument « fallacieux »
Le système imaginé pour détecter les robots sur le web pourrait en effet s’appuyer sur des outils de certifications matérielles dont sont nativement privés les systèmes d’exploitation mobiles alternatifs. Résultat, le géant de la recherche se trouverait en capacité « d’imposer l’utilisation d’un appareil iOS ou d’un appareil Android certifié pour accéder à une grande partie du web », dénonce GrapheneOS. Une pratique « totalement anti-compétitive », estime le projet.
Le problème est loin d’être nouveau en réalité et se concentre depuis quelques années autour de l’utilisation croissante des services Google Play sur Android. Entièrement gérée par Google, cette brique logicielle détermine si un système d’exploitation est suffisamment sécurisé pour faire tourner les applications et les services les plus critiques.
Sauf que les services Google Play « n’offrent pas de vrais avantages en termes de cybersécurité, mais sont très efficaces pour exclure la compétition », estime GrapheneOS. En effet, selon la salve de messages postés dans le weekend « l’argument de sécurité avancé par Google est complètement fallacieux, puisqu’ils certifient des appareils qui ne reçoivent plus de correctifs de sécurité depuis dix ans, mais pas un système d’exploitation bien plus sécurisé ».
L’Europe, complice de Google ?
Pour le moment, le système ReCaptcha tel qu’il est pensé par Google, devrait fonctionner avec l’implémentation facultative des services Google Play permise par GrapheneOS. Mais les équipes derrière le projet s’inquiètent que l’outil ne serve qu’à resserrer encore plus la mainmise du géant de la recherche sur le web pour, à terme, exclure les téléphones qui ne seront pas adoubés par l’entreprise.
Pour aller plus loin
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« Au lieu d’empêcher Apple et Google d’adopter des pratiques manifestement anticoncurrentielles, les gouvernements contribuent directement à exclure la concurrence par le biais de leurs propres services », dénonce même le communiqué en prenant comme exemple les applications de vérification d’identité doucement déployées en Europe. « Exiger que les internautes possèdent un appareil Apple ou un mobile Android certifié par Google relève de concurrence déloyale et non pas de la sécurité », assène GrapheneOS.
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