Interrogé sur l’affaire opposant Huawei au gouvernement américain, le Président de la République, Emmanuel Macron, a affirmé n’avoir aucun intérêt à bloquer la firme chinoise. Mais le gouvernement reste quand même prudent et pourrait riposter en cas d’affaire dans l’hexagone.

Huawei est dans le viseur des Etats-Unis. Avec les accusations d’espionnages au profit du gouvernement chinois, la firme se retrouve interdite d’intervenir sur le marché américain. Beaucoup se sont alors demandé ce que les autres pays allaient faire.

Pour la France, cette affaire n’est pas un problème et le Président de la République, Emmanuel Macron, a précisé qu’il n’avait aucune envie de bloquer le constructeur chinois sur le territoire français. Cependant, le gouvernement se prépare à tous les scénarios et anticipe quand même une potentielle affaire avec une proposition de loi.

Une loi pour prévenir de tout dérapage

Interrogé au salon Vivatech, le chef de l’Etat a précisé :

Notre perspective n’est pas de bloquer Huawei ou toute autre entreprise, c’est de préserver notre sécurité nationale et la souveraineté européenne. Je pense que déclencher maintenant une guerre technologique ou une guerre commerciale vis-à-vis d’un autre pays n’est pas judicieux.

Mais la France ne reste pas pour autant insensible face à cette affaire et fais attention avec une proposition de loi ayant pour but de « préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale de la France dans le cadre de l’exploitation des réseaux radioélectriques mobiles ».

Ce texte, déjà voté à l’Assemblée Nationale et qui sera examiné le 26 juin au Sénat, permettra au gouvernement de prendre en considération « les modalités de déploiement et d’exploitation mises en place par l’opérateur et le fait que l’opérateur, ou ses prestataires y compris par sous-traitance, est sous le contrôle ou soumis à des actes d’ingérence d’un État non membre de l’Union européenne ».

Si « l’opérateur » ne respecte pas cette loi, il risquerait ainsi de se retrouver interdit d’entrée sur le marché français.

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