Intel revient dans la course : des puces pour Nvidia et des MacBook dès 2028 ?

 
On pensait TSMC indétrônable et Intel relégué au second plan, mais la géopolitique et les pressions américaines rebattent les cartes. D’ici 2028, Nvidia et Apple pourraient bien confier une partie de leurs puces au géant de Santa Clara, mais pas n’importe lesquelles.
Image générée par Gemini / Frandroid

La domination écrasante de TSMC sur la production mondiale de semi-conducteurs commence à devenir un casse-tête logistique et politique. Entre les chaînes de production saturées et les injonctions de l’administration Trump pour rapatrier la fabrication sur le sol américain, les géants de la tech n’ont plus vraiment le choix : il faut diversifier. La stratégie du fournisseur unique semble révolue, laissant place à une approche « multi-sourcing » pour sécuriser les arrières.

C’est dans ce contexte un peu tendu que des informations de la chaîne d’approvisionnement révèlent un mouvement stratégique d’ampleur. Selon DigiTimes, Nvidia et Apple, pourtant fidèles parmi les fidèles du fondeur taïwanais, préparent le terrain pour collaborer avec Intel à l’horizon 2028. Attention, il ne s’agit pas (encore) de leur confier les meilleures technologies. L’idée est de transférer des productions à faible volume ou jugées « non critiques » pour satisfaire les exigences politiques sans prendre de risques industriels inconsidérés sur leurs produits phares.

Feynman et M-Series : le partage des tâches se dessine

Pour Nvidia, ce rapprochement fait suite à un investissement massif de 5 milliards de dollars chez Intel annoncé en septembre 2025. La cible ? L’architecture « Feynman », qui succédera à la série Rubin. Mais le caméléon reste prudent : le cœur du réacteur (le die GPU) restera fabriqué par TSMC. En revanche, Intel récupérerait une partie de la production des puces d’entrées-sorties (I/O) via ses futurs procédés 14A ou 18A, si les rendements sont au rendez-vous. Intel s’occuperait aussi d’environ 25 % de l’assemblage final via sa technologie EMIB, laissant les 75 % restants à TSMC.

Côté Apple, c’est un retour aux sources assez ironique. Après avoir claqué la porte d’Intel en 2020 pour passer à ses propres puces Apple Silicon, la firme de Cupertino discuterait pour faire produire des processeurs M-series d’entrée de gamme pour MacBook par son ex-partenaire. Ce serait donc clairement une réponse aux menaces de tarifs douaniers et une volonté de ne plus mettre tous ses œufs dans le panier taïwanais.

Et TSMC dans tout ça ? Loin de paniquer, le géant y verrait une opportunité en or. Se délester des commandes secondaires lui permettrait de réduire la pression politique américaine, d’éloigner les accusations de monopole et de se concentrer sur les contrats haut de gamme les plus rentables. Les experts pensent même que cette « infidélité » pourrait renforcer sa position à long terme : en testant la concurrence, les clients réaliseront peut-être à quel point l’exécution de TSMC est irréprochable.


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