Fort de sa connectique HDMI 2.1 et de son puissant processeur Alpha 9 de seconde génération, la nouvelle famille de téléviseurs OLED de chez LG est encore plus polyvalente comme l’atteste notre test du modèle haut de gamme, le 55E9.

L’heure est venue de tester le premier téléviseur OLED de la gamme 2019 de chez LG. Son nom, l’OLED55E9, ce qui signifie que nous testons ici une version 55 pouces de la série E9 et donc pas tout à fait le plus haut de gamme… quoi que. En effet, c’est l’OLED W9 (W pour Wallpaper) qui coiffe la série 9, mais il fait partie des produits « LG Signature », soit ici un téléviseur carrément premium. Bref, techniquement, le modèle que nous avons là sous les yeux devrait à nouveau nous mettre une claque. Et dès sa sortie du carton, ça commence bien.

Fiche technique

  • Tailles d’écran disponibles : 55 ou 65 pouces (140 ou 165 cm de diagonale)
  • Type d’écran : OLED
  • Définition : 4K UHD (3840 x 2160 pixels)
  • Logiciel : webOS 4.5
  • HDR : Oui (HDR10, HLG, DolbyVision)
  • Connectiques : 4xHDMI 2.1 (4K, 120Hz, HDR), 3xUSB, antenne IEC75, 2x satellite, Ethernet RJ45, sortie optique, sortie casque, entrée audio G/D
  • WiFi : 5 GHz (802.11ac)
  • Bluetooth : 4.2
  • Haut-parleur : 4x10W et caisson de basses 20 Watts
  • Tuner : numérique et satellite (DVB-T/T2, DVB-C, DVB-S/S2)
  • Consommation annuelle : 154 kWh (55”) ou 190 kWh (65″)
  • Dimensions : 1226 x 753 x 220 mm (55″) // 1447 x 877 x 220 mm (65″)
  • Poids : 25,8 kg (55″) ou 33,6 kg (65″)
  • SoC : Alpha 9 Gen2
  • RAM : NA

Ce test a été réalisé avec un téléviseur 55″ prêté par LG.

Une légère retouche esthétique bienvenue

D’abord du côté du design. L’OLED E8 introduisait une originalité avec l’arrivée d’un pied centrale portant la dalle via une plaque de PVC translucide qui occupait tout le bas du téléviseur. Une conception qui devait donner l’impression que le téléviseur flottait. Le hic, c’est que ladite plaque de plastique était assez imposante (plus de 5 cm de haut) et, surtout, laissait entrevoir tous les câbles un peu mal rangés derrière le téléviseur.

L’idée est reprise sur ce E9, sauf que la hauteur de la lame de plastique est bien moins importante (3,5 cm environ). Autre amélioration le pied central a disparu de la face avant. Il est désormais sur l’arrière du téléviseur et il tient la dalle qui repose aussi bien sur la lame de plastique que sur le pied, à la manière d’un chevalet, mais sans inclinaison vers l’arrière.

Autre bonne nouvelle, le pied intègre un chemin de câbles pour assurer cette fois-ci une installation la plus propre possible. Voilà qui est beaucoup mieux ! Et cela aurait pu être parfait si un rangement pour les câbles avait été prévu également sur la partie arrière du châssis. En l’état, les câbles restent flottants à cet endroit… mais désormais invisible en façade. Reste que de la sorte, si le téléviseur est accroché au mur avec un support, il faudra trouver une solution pour maintenir les câbles.

Quoi qu’il en soit, ce changement de conception est dans l’ensemble une très bonne chose. D’autant qu’on pouvait se demander si le précédent mécanisme de fixation de l’E8 n’était pas un peu trop fragile.

Pour le reste, pas de changement. La dalle est toujours aussi fine (propriété et atout esthétique de l’OLED), les contours de l’écran également et on trouve toujours sous l’écran la petite barre de son intégrant les quatre haut-parleurs dont la puissance n’est vraiment pas ridicule… mais nous y reviendrons.

Écran

Une image boostée à coup de technos…

Outre ses améliorations cosmétiques, cet OLED série E9 bénéficie d’une légère mise à jour technique. Cela commence par l’intégration du processeur Alpha 9 de seconde génération. Le gain de performance n’est pas grandiose, mais chaque amélioration est bonne à prendre – d’autant qu’il devient de plus en plus difficile de constater de réel saut en avant sur cette gamme de téléviseurs déjà très performante.

Le principal rôle de la puce est d’assurer la meilleure exploitation de la dalle 10 bits de ce 55 pouces. Précisons d’ailleurs que l’OLED55E9 est compatible HDR10, HLG, Dolby Vision… mais boude toujours le HDR10+, véritable concurrent du Dolby Vision. C’est donc dans les traitements logiciels que l’Alpha 9 Gen 2 fait la différence. Et à l’usage, pas de surprise, tout se passe vraiment très bien. Object Depth Enhancer, Perfect Color, HDR Dynamic Tone Mapping Pro ou encore Deep Learning Picture : c’est un véritable festival de technos… et de couleurs aussi.

A aucun moment nous n’avons constaté d’artefacts désagréables qui viendrait gâcher le plaisir procuré par cette dalle aux contrastes infinis et à la précision remarquable. L’upscalling de source qui n’est pas en ultra haute définition est très efficace, mais les mauvaises surprises sont désormais assez rares sur ce marché où les technos d’upscalling sont de plus en plus matures.

Chez LG, on met un point d’honneur également à préciser que le processeur réduit tous les bruits numériques dans l’image, mais améliore aussi les contours des objets (pour leur apporter netteté et relief) avec différents traitements en quatre passes. Autant d’infos qu’on pourrait glisser dans la colonne « arguments marketing » si à l’usage le résultat n’était pas aussi favorable au constructeur coréen.

Et le plus impressionnant encore, c’est que ces technos ne sont là qu’une partie des options disponibles sur le téléviseur. Et pour les gérer, l’Alpha 9 Gen 2 revendique une aptitude digne d’une véritable « intelligence artificielle » baptisée LG ThinQ. Celle-ci scrute les détails de l’image pour comprendre ce qui s’y passe et adapter en temps réel les différents traitements à appliquer pour épater toujours plus le spectateur.

Enfin, pour que l’image soit toujours la mieux adaptée à votre environnement, LG a intégré un capteur de luminosité sous la dalle qui, couplé à la technologie « HDR Dynamic Tone Mapping », permet de faire varier l’intensité lumineuse de chaque zone de la dalle pour assurer le meilleur rendu HDR. Un autre label (commercial) que LG appelle le « live brightness » et que nous n’avons pas pu vérifier dans notre configuration de test – le téléviseur étant installé entre deux murs et pas directement exposé à des sources de lumière.

… et toujours aussi fidèles

Si on ne se lasse pas de l’image de ces OLED, c’est assurément pour la fidélité des couleurs que LG parvient à leur offrir. Sur le sujet, notre sonde de mesure est une nouvelle fois catégorique.

La fidélité des gris est excellente (mesure de Delta E sur le gris de 0,6), tout comme la fidélité des couleurs. La mesure du Delta E en mode cinéma est de 2,65, soit une fidélité que l’œil humain ne saurait remettre en question.

Saluons également le résultat de la mesure ci-dessus où l’on voit bien que le constructeur tient presque ses promesses avec une couverture quasi parfaite de l’espace colorimétrique DCI-P3 – LG annonce en l’occurrence 99%. Une promesse se transformant en une belle réalisation puisqu’on n’en est vraisemblablement pas loin, et qui devrait vous permettre de profiter de vos contenus cinéma dans de très bonnes conditions. D’autant que cet OLED ne se contente pas d’en mettre plein les yeux.

AI Sound : l’audio se veut aussi (beaucoup) plus intelligent

L’autre composante de l’intelligence artificielle AI ThinQ, c’est le AI Sound. Comprenez que l’intelligence artificielle s’occupe cette fois-ci d’identifier la nature du son pour qu’il soit traité pour le rendre le plus agréable possible aux oreilles des spectateurs.

Par exemple, sitôt que le processeur Alpha 9 Gen 2 identifie s’il s’agit plutôt d’un programme musical, d’un programme TV où la voix prend le dessus (un journal télévisé, par exemple), ou si ce sont les explosions qu’il faut mettre en valeur, la techno AI Sound agit instantanément sur l’égaliseur pour configurer les bonnes fréquence à la volée et ainsi optimiser le rendu autant que possible. Sans être totalement émerveillé par la chose, on reconnait volontiers que cet OLED a de la réserve. Quant à sa certification Dolby Atmos (en plus du DTS), elle n’a de sens que si le téléviseur est relié à un véritable équipement audio adapté – avec des haut-parleurs dirigés vers le haut pour utiliser la réverbération du plafond.

Dans la barre de son du téléviseur, LG a intégré un système 4.2 relativement performant. Il se compose donc de quatre voies développant chacune 10 watts et d’un caisson de basses de 20 watts, soit une puissance de 60 watts loin d’être ridicule.

En plus des réglages automatiques évoqués plus avant, on trouve dans les paramètres audio une option appelée « One Touch Sound Tuning ». Une techno qui promet de « déterminer l’acoustique de votre pièce et fournir une qualité sonore optimale » – dixit LG. Pour y parvenir, une petite procédure de calibration est nécessaire. En cliquant sur démarrer, le téléviseur émet un son capté par le micro de la télécommande, qu’on oriente d’ailleurs face à la dalle OLED.

A l’issue de la calibration, le téléviseur propose trois nouveaux modes, « standard, renforçateur des graves et renforçateur des aigus » – pas très beau comme termes, on aurait préféré « accentuation ». Quoi qu’il en soit, le résultat produit dans notre espace de test n’est pas dingue. La différence de rendu lorsqu’on active ou qu’on désactive les nouveaux réglages n’est pas remarquable. En revanche, le gain apporté par la techno AI Sound est bien perceptible.

HDMI 2.1 : le gaming au top ?

On voit d’ici les pro-gamers nous taxer de fous ! Le jeu vidéo, c’est sur PC et avec un moniteur 2000 Hz – Okay, on exagère ! Blague mise à part, LG chouchoute les joueurs sur console – et sur PC d’ailleurs si celui-ci est branché sur la télé – en ayant réalisé un bon travail sur le retard à l’affichage de l’écran.

A l’aide de notre sonde, nous avons mesuré une valeur d’input lag de seulement 12,8 ms. LG dépasse ainsi son rival Samsung qui détenait le record avec sa dernière génération de dalle QLED pour laquelle nous avions mesuré 14 ms sur le QE65Q85R. Une performance rendue possible grâce à l’intégration du HDMI 2.1 et des technos VRR et ALLM.

En effet, cette série 9 de LG est la première à intégrer cette connectique qui, combinée à la techno Auto Low Latency Mode, permet de réduire le retard à l’affichage. Le HDMI 2.1 donne également accès à la technologie « Variable Refresh Rate ». Rappelons que le VRR permet au téléviseur d’ajuster son flux d’images par seconde en permanence pour coller avec le signal d’une Xbox One X par exemple. En effet, même si cette dernière n’intègre pas de sortie HDMI 2.1, elle est d’ores et déjà compatible avec le VRR (fréquence de rafraîchissement variable).

S’il fallait l’expliquer (très) grossièrement, cette « resynchronisation » dynamique de la fréquence permet de s’assurer qu’il n’y a pas de décalage entre l’image envoyée par la console et celle affichée par le téléviseur. Car lorsqu’un décalage existe cela provoque une déchirure dans l’image, appelée « tearing » qui est exclue avec le VRR puisque les deux appareils communiquent plus précisément ensemble. La conséquence est évidente : la fluidité de l’image en jeu est meilleure. Il est très difficile évidemment de capturer avec un appareil photo le rendu saisissant d’une course de Forza où tout se passe vraiment bien… même à vive allure lorsque tout l’environnement fuse. Sous God Of War, la richesse de la palette graphique et la brillance de l’image sont remarquables. Les contrastes nous explosent au visage.

L’occasion d’ailleurs de préciser que lors de mesure, nous avons relevé une luminosité de 758 cd/m², ce qui est une bonne valeur pour un écran OLED.

Et pourtant le meilleur reste à venir. L’OLED55E9 est prêt pour accueillir des signaux vidéo 4K à 120 ips, mais il faudra attendre la prochaine génération de console. Sans oublier qu’il faudra aussi revoir vos câbles HDMI car ceux-ci devront supporter les quelques 48 Gbps de cette interface (contre 18 Gbps pour le HDMI 2.0).

Logiciel

LG série 9 : les premiers sous webOS 4.5

Cette série 9 est la première de chez LG à fonctionner sur la version 4.5 de webOS. Et pour en comprendre les changements, il faut non seulement connaître l’ancienne interface, mais aussi s’intéresser aux détails.

Car oui, ici, tout est dans les détails. On ne parlera que brièvement de la fluidité de navigation dans les menus qui reste très bonne. Le processeur Alpha 9 Gen 2 gère son affaire et tout se passe bien. En revanche, on remarque rapidement que le constructeur a rendu l’interface plus sobre.

Un lifting esthétique bienvenu, d’autant qu’il rend ce système d’exploitation plus efficace encore. On remarque désormais qu’au-dessus de la barre horizontale, regroupant les applications, peut s’ouvrir une seconde barre contextuelle. Par exemple, lorsqu’on sélectionne l’application Netflix, un volet supérieur se déploie pour laisser apparaître les derniers contenus visionnés avec le compte. Attention, cela ne fonctionne pas de la sorte avec toutes les applications (visiblement pas avec OCS, par exemple), mais le fait qu’une telle interface soit prévue permet d’espérer que les prochaines mises à jour des applis telles que Molotov ou OCS permettront d’en profiter.

Parmi les autres nouveautés, citons l’arrivée du « tableau de bord » qui regroupe dans un seul et même écran tous les appareils connectés compatibles avec le téléviseur. On trouvera évidemment les éléments IoT compatibles LG SmartThingQ (réfrigérateur, machine à laver, climatisation, etc) mais aussi vos périphériques réseaux tel qu’un serveur NAS.

Enfin, peut-être l’ignorez-vous alors que vous possédez déjà un téléviseur LG, mais lorsqu’on presse longtemps la touche 0, un menu « quick access » s’ouvre, permettant d’associer une application à l’une des touches numériques de la zappette. Pas mal pour ouvrir rapidement l’une de ses huit applications préférées.

Google Assistant et Amazon Alexa sont totalement intégrés

Pour en finir avec webOS 4.5, il nous faut parler de l’intégration désormais totale de Google Assistant et Amazon Alexa depuis une récente mise à jour datant de la fin du mois de juin.

Sur un appui long de la touche micro de la télécommande, on déclenche Google Assistant qui se tient alors disponible pour offrir les fonctionnalités qu’on connait désormais sur cet assistant.

Notez que nous avons remarqué un bug lorsqu’on demande le programme TV du jour à l’Assistant. Il énumère les programmes sur les différentes chaînes de TV, mais aucune prévisualisation n’est proposée. Dommage, de petites vignettes auraient aidé à faire son choix. En revanche, aucun problème du côté des rappels alors qu’il nous annonce que la saison 3 de « La casa de papel » sera diffusée le 19 juillet prochain.

Alexa, de son côté, vous écoute après un appui long de la touche « Prime Video » de la télécommande. Là encore, les interactions possibles sont semblables à celles qu’on connaît déjà sur les enceintes connectées d’Amazon (entres autres). Mais la bonne nouvelle c’est qu’aucune enceinte connectée n’est justement nécessaire ici pour qu’Alexa soit opérationnelle.

Prix et disponibilité

Le LG OLED55E9 est vendu au prix public de 2490 euros pour le modèle de 55 pouces. Il existe également dans une déclinaison 65 pouces (165 cm de diagonale) à 3800 euros.

Note finale du test 9/10
Nous nous attendions à tester un énième nouveau téléviseur OLED de chez LG, mais le constructeur a une nouvelle fois su nous surprendre. Décidément, même si les téléviseurs de l’année dernière étaient déjà très performants -- les constructeurs ne pouvaient pas se permettre de décevoir les consommateurs une année où les ventes de télé allaient être considérablement dopées par le phénomène « Coupe du Monde » -- les produits millésimés 2019 rehaussent la barre d’un cran supplémentaire encore.

Et si c’est d’ailleurs le cas aussi pour d’autres constructeurs, chez LG, c’est surtout les améliorations apportées par le processeur Alpha 9 Gen 2 (notamment à l’intention des joueurs) et l’évolution de webOS qui font une belle différence. Reste qu’à 2500 euros, cet OLED55E9 se frotte à une concurrence très très sérieuse. Du côté de chez Sony d’abord avec son XG95 dont le prix est de 1500 euros en version 55 pouces, mais aussi du côté de chez Samsung qui a réalisé lui aussi un travail remarquable sur ses modèles 2019 avec une QLED QE55Q85R à 2399 euros. Finalement, entre ces derniers modèles, c’est sans nul doute votre budget qui pilotera votre décision.

À budget quasi équivalent entre la télé de Samsung ou de LG, c’est votre préférence pour l’OLED ou le QLED LCD (devenu vraiment très bon dans la restitution des noirs) qui vous orientera. Les deux sont clairement exceptionnels, ce qui rend le choix d’autant plus compliqué, même si pour nous, le traitement anti-reflet de la dalle Samsung (meilleur que celui de la dalle LG) et la luminosité plus élevée de la techno Samsung QLED représentent des avantages non négligeables. 
  • Points positifs
    • Qualité d'image
    • Traitement jeux vidéo
    • Améliorations de WebOS 4.5
  • Points négatifs
    • Dalle très brillante
    • Prix