
La confrontation entre la Chine et les Etats-Unis réserve des surprises. Ici, on est sur un scénario tout nouveau.
C’est comme si vous aviez signé l’achat d’une maison fin décembre, emménagé dans la foulée, repeint le salon, remis à neuf les prises RJ45 et qu’au mois d’avril l’ancien propriétaire débarque avec un huissier pour exiger qu’on lui rende les clés, qu’on rembourse la transaction, et qu’on arrête immédiatement de dormir dans son lit.
C’est à peu près la situation dans laquelle Meta se retrouve avec Manus. Sauf qu’ici, l’huissier s’appelle Commission nationale du développement et de la réforme, et qu’il habite à Pékin.
Le 27 avril 2026, l’autorité chinoise a publié un communiqué d’une ligne : les « investissements étrangers » dans Manus sont interdits, les parties doivent « retirer la transaction ».
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Manus, c’est cet agent d’IA lancé en mars 2025 par la start-up Butterfly Effect, capable d’exécuter des tâches complexes en autonomie : recherche, code, analyse de données. Meta avait mis 2 milliards de dollars sur la table fin décembre, plus une enveloppe de rétention pour les équipes, faisant de Manus l’un de ses plus gros rachats après WhatsApp et Scale AI. La société avait pris soin de déménager son siège à Singapour mi-2025 et de couper toute participation chinoise. Pékin n’a pas trouvé ça suffisant.
Annuler un rachat déjà digéré, mode d’emploi (ou pas)
Le vrai sujet, c’est l’exécution. Selon le Financial Times, des sources proches du dossier estiment qu’il est « difficile d’imaginer » comment annuler une opération à ce stade. Les fondateurs de Manus sont déjà chez Meta, le CEO Xiao Hong rapporte directement à Javier Olivan, COO du groupe, et l’algorithme Manus est en cours d’intégration dans les produits maison.
Pékin demande pourtant le grand jeu : remboursement intégral, transfert de propriété inverse, arrêt immédiat de l’utilisation de l’algo. À défaut, Meta s’expose à des sanctions, à des restrictions sur ses activités en Chine, voire à des poursuites pénales contre les personnes impliquées.
La société de Mark Zuckerberg, qui n’a quasi plus rien à perdre en Chine côté grand public, oppose pour l’instant un communiqué bien lisse : la transaction « était parfaitement conforme à la législation en vigueur ».
Ajoutons à ça que Donald Trump doit atterrir à Pékin le 14 mai 2026 pour son premier déplacement en Chine depuis 2017. Au menu : tarifs douaniers, terres rares, semi-conducteurs, et plus largement la guerre techno entre les deux superpuissances. Bloquer publiquement un rachat américain d’une pépite d’IA chinoise trois semaines avant le sommet, c’est une manière très propre de poser les pions sur l’échiquier. Et de signaler aux autres start-ups tentées par l’exfiltration vers Singapour qu’elles ne sont pas hors d’atteinte juridique pour autant.
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