Nothing n’a que quelques années d’existence, mais la marque londonienne fondée par Carl Pei a réussi à imposer une identité visuelle qu’on reconnaît au premier coup d’œil. Le boîtier transparent, les vis apparentes, les circuits imprimés qui se devinent sous la coque : ce parti pris esthétique est devenu la signature de la marque, décliné sur les smartphones comme sur les accessoires audio.
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C’est justement cet état d’esprit que l’on retrouve sur les Ear (3a), qui succèdent aux Ear (a) sortis en 2024, mais dont l’esthétique n’est pas leur seul argument : ces écouteurs veulent prouver qu’à moins de 100 euros, on peut proposer une réduction de bruit sérieuse, un driver plus généreux et une signature sonore travaillée. Nothing avait déjà bousculé le segment abordable avec les Ear (a) ; l’exercice consiste maintenant à confirmer sans se reposer sur ses acquis.
Nothing Ear (3a)Fiche technique
| Modèle | Nothing Ear (3a) |
|---|---|
| Typologie | écouteurs intra-auriculaires |
| Réduction de bruit passive | Oui |
| Réduction de bruit active | Oui |
| Autonomie annoncée avec fonction ANC activée | 6 heures |
| Autonomie annoncée avec le boîtier | 42 heures |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec des écouteurs prêtés par Nothing.
Nothing Ear (3a)Design, un boîtier qui ne cache rien
Les écouteurs reprennent le format intra-auriculaire désormais classique chez Nothing, avec une tige fine et allongée dont la moitié supérieure reste transparente, laissant deviner une partie de l’électronique interne. L’effet est immédiatement reconnaissable, plus qu’avec des AirPods 5 ou des Galaxy Buds 4, et clairement assumé. Le modèle testé, en coloris jaune, joue la carte de l’originalité, sachant que la gamme existe aussi en noir, blanc et un rose pâle proche de celui du Headphone (a), tout aussi démonstratif.

Le confort, une fois les écouteurs en place dans les oreilles, est très bon. La coque légère se cale naturellement dans le pavillon sans point de pression marqué, et l’embout silicone (quatre tailles fournies, de XS à L) assure une bonne étanchéité acoustique. Après plusieurs heures d’utilisation continue, aucune gêne particulière n’apparaît, même si le maintien reste un cran en dessous des meilleurs formats intra à ailette pour la course à pied.

Le boîtier de charge, aux angles désormais plus arrondis que sur les Ear (a), tient facilement dans la paume ou une poche de jean. Son couvercle transparent laisse apparaître les écouteurs logés dans leurs coques, avec la même touche de couleur que le reste du produit. Le caractère aimanté du capot supérieur est franc. Les écouteurs se replacent sans chercher leur logement si on prend l’habitude de les faire légèrement pivoter plutôt que de les poser à plat.

Contrairement aux Live Beam 4 de JBL, il n’y a ici ni écran ni induction Qi : la charge se fait exclusivement via le port USB-C. Les écouteurs comme le boîtier sont certifiés IP54, ce qui couvre les sorties sous la pluie et une séance de sport, sans toutefois permettre l’immersion.
Chaque écouteur dispose d’une zone de pincement sur la tige, qui répond à des pressions courtes, doubles, triples ou prolongées. L’ensemble des gestes se reprogramme intégralement dans l’application.
Nothing Ear (3a)Une application très efficace
L’application Nothing X ne cherche pas à rivaliser en nombre d’options avec les mastodontes du secteur notamment comme chez Sony dont le logiciel de contrôle est le plus complet du marché. Non, ici, attendez-vous à couvrir de nombreuses possibilités avec une interface soignée et cohérente avec le reste de l’écosystème Nothing.
Pour le son : un égaliseur paramétrique à 8 bandes, des préréglages et un mode Low Lag qui réduit la latence pour le jeu vidéo ou le visionnage de vidéos synchronisées. Contrairement à ce que proposent certains concurrents plus premium, il n’y a pas de suite « spatial audio » dynamique avec suivi de la tête ; le rendu spatial reste fixe, ce qui n’est déjà pas si mal à ce prix.
Pour la gestion du bruit, l’application propose une réduction de bruit sur trois niveaux, un mode adaptatif automatique et un mode transparence réglable. Nothing a ajouté une fonction bien à elle : l’enregistrement audio embarqué.
Une pression prolongée déclenche la fonction Snapshot. Il s’agit d’un enregistrement stocké directement dans la mémoire interne des écouteurs (32 Mo au total), avec un pré-roll de 30 secondes qui capture ce qui précède le déclenchement, une fonction pensée pour les interviews ou les mémos vocaux improvisés.
Une transcription automatique est ensuite proposée dans l’application. Les Ear (3), eux, misent sur un micro intégré au boîtier (Super Mic), activé par un bouton dédié, pour les appels et les mémos vocaux.
Commandes et fonctions annexes
Les gestes sont personnalisables indépendamment pour chaque écouteur, avec pincement simple, double, triple et prolongé. Le reste des réglages couvre la double connexion (multipoint deux appareils), la fonction Find My Earbuds pour la localisation, les mises à jour du firmware et un mode mono pour n’utiliser qu’un seul écouteur et prêter l’autre à une personne située à proximité.
Nothing Ear (3a)Réduction de bruit : solide pour le prix, sans miracle
Nothing annonce une réduction de bruit active à large bande pouvant atteindre 45 dB, un chiffre élevé sur le papier pour ce segment de prix. Dans les faits, l’atténuation est réelle et se montre efficace sur les basses fréquences continues, comme le bruit d’un moteur d’avion, d’un métro ou d’un ventilateur.

Sur les fréquences plus hautes, la restitution est moins convaincante : l’efficacité chute nettement au-delà de 2 kHz, ce qui laisse filtrer une partie des voix et des bruits aigus dans un environnement de bureau ou de rue animée. Le résultat reste dans la moyenne haute de sa catégorie de prix, loin devant l’entrée de gamme générique, mais en retrait par rapport aux meilleurs élèves du marché, y compris certains modèles à peine plus chers.
Le mode transparence fait le travail sans distorsion excessive, mais manque un peu de naturel : la restitution de la voix propre et de l’environnement paraît légèrement artificielle comparée aux meilleures implémentations du marché. Le mode adaptatif ajuste correctement le niveau selon l’environnement, sans à-coups perceptibles lors des transitions.
Nothing Ear (3a)Audio : un grave qui domine, une signature qui plaît
Nothing a fait passer le diamètre du transducteur de 11 à 12 mm par rapport aux Ear (a), avec un diaphragme composite associant un centre en PMI léger et une périphérie en TPU plus flexible, pour une réponse en fréquence annoncée de 20 Hz à 40 kHz et une certification Hi-Res Audio Wireless grâce au support du codec LDAC.

Dès les premières écoutes, le parti pris est assez clair : le grave domine la signature. Les basses sont perceptibles dès 25 Hz et prennent nettement de l’ampleur à partir de 35 Hz, avec un rendu qui privilégie l’impact et la texture plutôt que la retenue. C’est assumé, presque revendiqué, et cohérent avec ce que proposaient déjà les Ear (a). J’apprécie.
Une balance tonale qui met le grave en avant
Le médium reste globalement préservé malgré cette avancée du bas du spectre, avec des voix qui conservent une bonne clarté et un joli grain, sans être totalement épargnées par le débordement des basses sur les morceaux les plus chargés. Ma principale réserve tient aux productions denses : le grave y empiète légèrement sur le bas-médium, et le son paraît alors un peu moins net.
L’aigu, lui, reste perceptible jusqu’à environ 14 kHz, avec une baisse de puissance sensible au-delà de 10 kHz. Rien d’agressif, mais une brillance plus mesurée que sur des modèles orientés vers la neutralité.
Marge dynamique et scène sonore
Le comportement dynamique est bon pour ce niveau de prix, avec une séparation des plans qui tient globalement la route, même si les morceaux les plus denses tendent à tasser légèrement les détails secondaires. La scène sonore, elle, est une bonne surprise : plus ample que ce que l’on attend habituellement à ce tarif, avec une image stéréo qui respire, contrairement à beaucoup de concurrents directs qui sonnent plus resserrés.

Impressions d’écoute
Sur Come Together des Beatles, on sent que la ligne de basse ressort avec un beau grain, tenue sans déborder, et la voix de John Lennon garde son grain caractéristique malgré la présence du grave en arrière-plan.
Sur Blinding Lights de The Weeknd, le kick synthétique est particulièrement mis en avant, presque trop généreux à mon goût, et la production électro profite pleinement de cette signature bassy sans jamais sonner brouillon.
Sur Say Something de A Great Big World, le piano reste correctement défini et les voix occupent naturellement le devant de la scène, avec une belle clarté dans le médium haut, même si l’accompagnement orchestral perd un peu de sa texture dans les passages les plus chargés.
Sur Redbone de Childish Gambino, le groove funk bénéficie pleinement du grave généreux et de la scène sonore ample, avec une belle sensation d’espace entre les instruments, sans que cela nuise à la lisibilité de la ligne de basse.
Un mot sur le codec LDAC : il apporte un vrai bénéfice de définition sur les appareils Android compatibles, à condition d’activer manuellement le mode qualité dans les options développeur, sans quoi le téléphone bascule par défaut sur un débit inférieur.
Nothing Ear (3a)Appels : convaincant en intérieur, plus fragile dehors
Nothing a intégré six microphones MEMS au total, soit trois par écouteur, épaulés par un traitement du signal basé sur l’intelligence artificielle pour isoler la voix. En intérieur ou dans un environnement calme, je trouve que la restitution est propre, avec un timbre naturel et peu d’effet de compression.

En extérieur, la donne change : lorsque je suis face au vent ou dans une rue passante, la qualité de la voix transmise se dégrade sensiblement, avec un traitement qui peine à isoler complètement le bruit ambiant. C’est le principal point faible identifié sur la partie communication, et un domaine où l’écart avec des modèles plus premium se creuse nettement.
La fonction d’enregistrement embarqué mérite également d’être nuancée sur le plan de la qualité : la captation sonore issue des écouteurs reste sensiblement en retrait par rapport à un enregistrement réalisé directement depuis le smartphone, ce qui limite son usage à des mémos ou à des captations où la commodité prime sur la fidélité.
Nothing Ear (3a)Autonomie : les chiffres annoncés sont globalement tenus
Nothing annonce jusqu’à 10 heures d’écoute sur les écouteurs seuls avec l’ANC désactivée, et 6 heures avec l’ANC activée, pour un total de 42 heures avec le boîtier (25 heures avec réduction de bruit active). À l’usage, j’ai mesuré un peu plus de 6 heures d’écoute continue, avec l’ANC activée en permanence et le volume à 50 %. C’est conforme à l’annonce de Nothing pour ce mode, et même un peu mieux.

Côté charge, cinq minutes sur USB-C suffisent à récupérer environ une heure d’écoute, et une charge complète demande un peu plus d’une heure. L’absence de charge par induction reste le principal regret sur ce chapitre, d’autant que la concurrence propose de plus en plus cette option, y compris sur des produits à tarif comparable.
Nothing Ear (3a)Prix et concurrence : Nothing face à son propre succès
Les Ear (3a) sont disponibles depuis le 8 juillet 2026 à 99 euros, le même prix de lancement que les Ear (a) qu’ils remplacent et dont le prix a baissé depuis. Ils sont disponibles en quatre coloris : noir, blanc, jaune et rose.
Leurs principaux concurrents restent leurs propres prédécesseurs, les Nothing Ear (a), toujours trouvables à prix cassé et qui offrent une expérience proche, avec un driver plus modeste et un boîtier moins bien protégé. À tarif comparable, les concurrents directs viennent surtout de chez Xiaomi, Realme voire même CMF by Nothing, mais aucun n’égale la cohérence visuelle et logicielle de l’écosystème Nothing.
Un peu plus haut en gamme, les Nothing Ear (3), vendus autour de 149 euros, ajoutent la charge sans fil, une réduction de bruit plus aboutie et une construction plus premium.










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