
Depuis ses débuts, Nothing cherche à se démarquer autant par le design de ses produits que par leur technologie. Fondée en 2020 par Carl Pei, l’un des cofondateurs de OnePlus, la marque s’est notamment fait remarquer avec ses écouteurs, régulièrement salués ici pour leur qualité audio et leurs performances acoustiques ou leur réduction de bruit active, tout en restant relativement accessibles. C’est bien simple, pour les écouteurs et désormais les casques, Nothing est devenue une marque qui compte, quasi incontournable pour qui souhaite le meilleur à prix convenable.
Pour aller plus loin
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Le Headphone (1), lancé en 2025, avait marqué un tournant net vers la haute-fidélité, avec un partenariat avec le fabricant d’enceintes britannique KEF. Certes, les partenariats avec des marques prestigieuses, il en existe de (trop) nombreux qui ne convainquent pas, mais le Headphone (1) sonnait vraiment comme un casque hi-fi filaire premium. On ne va pas pour autant donner le bon Dieu sans confession à ce Headphone (1) Pro, mais son passage au banc de test relève pour moi de la bonne nouvelle.

La grande nouveauté tient à l’emploi de trois transducteurs par oreillette, comme dans les enceintes hi-fi, là où la quasi-totalité des casques se contentent d’un unique transducteur large bande. On vous explique un peu plus loin pourquoi c’est une bonne idée, pourquoi ça n’a pas que des avantages et, surtout, si ça marche vraiment bien (sinon trois fois mieux).
| Headphone (1) | Headphone (1) Pro | |
|---|---|---|
| Architecture | 1 × 40 mm dynamique | 3 transducteurs |
| Graves | 40 mm | 40 mm dynamique dédié |
| Médiums | 40 mm | 13 × 8 mm dynamique |
| Aigus | 40 mm | xMEMS dédié |
| Audio spatial | Oui | Oui, avec suivi dynamique de la tête |
| ANC | Jusqu’à 42 dB | Jusqu’à 46 dB |
| Bluetooth | 5.3 | 6.1 |
| Jack | Oui | Oui |
| Poids | 329 g | 327 g |
| Autonomie avec ANC | 35 h | 30 h |
Nothing Headphone (1) ProSpécifications techniques
| Modèle | Nothing Headphone (1) Pro |
|---|---|
| Typologie | casque circum-aural |
| Réduction de bruit active | Oui |
| Diamètre des transducteurs | 40 mm |
| Autonomie annoncée avec fonction ANC activée | 30 heures |
| Poids du casque | 327 g |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec un casque prêté par Nothing.
Nothing Headphone (1) ProUn look toujours aussi atypique
Nothing ne change pas sa formule. Le Headphone (1) Pro reprend l’esthétique années 80-90 immédiatement identifiable de son prédécesseur, avec ses coques carrées, son verre transparent et sa mécanique apparente. Le Pro pousse plus loin cette logique, avec une finition qui paraît sensiblement plus luxueuse.

La première chose qui saute aux yeux, c’est évidemment cette grande surface en verre qui laisse entrevoir un peu les vraies entrailles de la bête. Comme le verre est fumé, on ne voit en réalité pas grand-chose, mais c’est l’occasion de s’amuser un peu à essayer de deviner ce qui se cache. En pratique, rien d’exceptionnel, la partie arrière des transducteurs importe moins que leur membrane orientée vers l’oreille, qu’on ne voit pas, elle.
Le verre est un Panda Glass 9H présenté par Nothing comme résistant aux rayures et aux chocs.
Nothing annonce au passage une réduction de 45 % du poids des bras par rapport au Headphone (1). Pour autant, le casque ne s’est pas transformé en poids plume : 327 grammes, contre 329 grammes pour le Headphone (1). Le progrès se joue donc sur la répartition de la masse, et il est net. On peut secouer la tête et le casque bouge à peine, l’inertie est négligeable.

Nothing a élargi l’arceau de 10 % et épaissi son rembourrage de 12 %, tandis que les coussinets sont 50 % plus souples que ceux du Headphone (1). Les oreillettes peuvent en outre pivoter de 20 degrés afin de mieux épouser les différentes morphologies. Il est confortable ? Oui.
Des commandes bien différenciées
On retrouve aussi les commandes physiques du Headphone (1), qui restent l’un des points forts du casque. La molette, façon chaîne hi-fi vintage, permet de régler le volume d’une simple rotation (avec un cliquetis pour marquer les paliers) et de lancer ou mettre en pause la lecture d’une pression.

Un appui prolongé permet également de basculer entre les différents modes de réduction de bruit et la transparence. La palette, elle, sert à naviguer dans les morceaux : une poussée vers la droite passe au titre suivant, vers la gauche revient au précédent. Elle sert aussi à prendre ou refuser un appel.
Le troisième bouton permet par défaut d’invoquer l’assistant vocal, mais peut être personnalisé dans l’app Nothing X pour déclencher d’autres fonctions, notamment l’app ChatGPT ou de prendre une photo sur les smartphones compatibles. Cela permet par exemple de déclencher à distance l’appareil photo du smartphone.
Un petit interrupteur Flat EQ permet de forcer le profil d’égalisation par défaut, au cas où l’on aurait trop joué avec l’égaliseur de l’app (on y revient) et qu’on voudrait retrouver le son d’origine en un geste.

L’étui de transport est atypique puisqu’il utilise l’arceau comme poignée. Un peu à la manière de celui qui est proposé avec l’Apple AirPods Max 2 (en polyuréthane souple), il englobe les deux écouteurs du casque Nothing. Il est en plastique extrêmement rigide et particulièrement lourd.
On se dit alors que c’est parce qu’il intègre une batterie ou de composants électroniques mais en fait, pas du tout. C’est une simple pièce de plastique qui vient donc protéger et alourdir l’ensemble. Il pèse plus que le casque lui-même sur la balance, ce qui me fait m’interroger de la réelle pertinence de l’emporter avec soi, notamment lors des vols en avion où le poids peut être compté.

Une connectique analogique et Hi-Res Audio
Le Headphone (1) Pro dispose du Bluetooth 6.1, avec prise en charge des codecs AAC, SBC et LDAC, ainsi que de la connexion simultanée à deux appareils. Le casque peut donc passer d’un smartphone à un ordinateur sans avoir à refaire l’appairage à chaque fois. Un mode faible latence permet par ailleurs de descendre sous les 120 ms, principalement pour améliorer la synchronisation dans les jeux, avec toutefois un léger retard du son sur l’image. En lecture vidéo, la synchro est parfaite.

L’entrée mini-jack 3,5 mm (numérisée d’office) permet une écoute Hi-Res jusqu’en 24 bits/96 kHz, tandis que l’USB-C peut servir directement de liaison audio numérique et monter jusqu’en 24 bits/192 kHz sans compression.
Nothing Headphone (1) ProUne partie logicielle très complète
L’app Nothing X est ultra-complète et blindée de tutoriels pour utiliser le casque. On peut ajuster le fonctionnement de la réduction de bruit active, procéder à un test d’audition pour corriger la balance tonale selon ses capacités auditives ou bien activer l’audio spatial. Ou ne pas l’activer, tant les résultats ne sont pas mirobolants. Le son est immédiatement dénaturé et la scène sonore corrompue. Dans certains cas, cela peut améliorer des prises de son médiocres, mais avec des productions de qualité, le bénéfice de l’audio spatial est très limité.
Le très gros atout de l’app, c’est son égaliseur hybride. Des profils ont été développés avec Metropolis Studios pour offrir immédiatement une signature sonore différente de celle par défaut. Si vous n’y trouvez pas votre bonheur, l’égaliseur paramétrique s’impose. Il permet de choisir une tranche de fréquences très étroite ou large (cela s’ajuste via le réglage facteur Q) et de régler le gain au dixième de décibel près. Pour aller plus loin, on peut même ajuster la réponse en fréquence du transducteur principal et de celui des sons moyens.
Est-ce que ça vaut le coup d’y toucher ? Oui, si l’on est curieux, non si le son par défaut plaît naturellement.
Côté Bluetooth, le Headphone (1) Pro prend en charge les codecs SBC, AAC et LDAC pour la musique, ce dernier permettant une écoute sans fil en haute résolution. Nothing ajoute également le LC3, mais uniquement pour la fonction de diffusion audio Auracast.
Nothing Headphone (1) ProUne ANC toujours aussi efficace
Nothing muscle son système de réduction de bruit active avec dix microphones, contre six sur le Headphone (1), et annonce jusqu’à 46 dB d’atténuation, contre 42 dB pour le Headphone (1). Il s’agit d’un maximum théorique mesuré dans le laboratoire de Nothing, qui prévient que l’atténuation réelle varie selon l’environnement. L’ANC est adaptative, avec quatre niveaux : bas, moyen, haut et adaptatif. En pratique, la différence s’entend surtout dans les environnements complexes (transports, avec bruits stridents et conversations par exemple). Globalement, cette ANC se situe au niveau des meilleures, seulement dépassée par celle des rois de la catégorie que sont les Apple AirPods Max 2 et le Bose Quietcomfort Ultra Headphones 2e Gen.

L’isolation passive progresse aussi grâce à des coussinets utilisant une mousse 50 % plus souple, censée mieux épouser les contours de l’oreille et limiter les fuites sonores.
Quant au mode transparence, il ne fait pas oublier qu’on a un casque sur les oreilles, mais on entend très bien autour de soi. Pour tenir une conversation ou rester conscient de son environnement dans la rue, le Headphone (1) Pro remplit sa mission.
Nothing Headphone (1) ProUne expérience auditive surprenante
Le Nothing Headphone (1) Pro est équipé de trois transducteurs, deux dynamiques et un xMEMS, et c’est tout son intérêt. C’est le principe de l’enceinte acoustique, on utilise un transducteur par registre de fréquence (grave, médium, aigu) afin de mieux les restituer. Par mieux, il faut comprendre avec moins de distorsion et plus de réactivité. Sur une enceinte, le woofer est gros et lourd et lui demander de jouer aussi dans l’aigu aboutirait à énormément de distorsion. Pour cette raison, on utilise un tweeter, un transducteur petit et léger, incapable de faire du grave, conçu pour l’aigu qui vibre très précisément.

Nothing a décidé d’appliquer la même recette, afin d’affiner le son du Headphone (1) Pro. Le transducteur des basses fréquences est un dôme en plastique de 40 mm recouvert de métal et de céramique (pour moins se déformer). Celui des fréquences médium, un transducteur dynamique de 13 x 8 mm, est bien plus petit pour vibrer plus finement, tandis que celui des hautes fréquences est un modèle xMEMS encore plus petit, avec une membrane ultra-légère.
Par ailleurs, chaque transducteur dispose de sa propre amplification, ce qui améliore encore le son.
La signature tonale n’est pas très différente de celle du Headphone (1) ni même du Headphone (a), mais la réactivité globale est nettement meilleure. Pied de batterie, voix, cordes, tout est plus net et audible, avec des notes qui semblent mieux tenues, s’éteignent plus tard. Le son apparaît exceptionnellement riche et dense.
Courbe de réponse en fréquence
Un coup d’œil à la réponse en fréquence montre une courbe en W, avec des pics marqués dans le haut-grave, le médium et l’extrême aigu.

Entendons-nous bien, cette courbe est entièrement ajustable et si l’envie vous prend de renforcer un peu l’infra-grave, d’apaiser la bosse à 1 kHz si vous jugez le niveau de détail éprouvant, c’est parfaitement possible, et c’est toute la magie de ce casque. On fait ce qu’on veut avec la courbe et grâce aux trois transducteurs, les modifications à l’égaliseur dans l’app sont très efficaces (plus qu’avec l’unique transducteur du Headphone (1)).
Comportement dynamique et scène sonore
La réactivité exemplaire des trois transducteurs a pour conséquence une dynamique exceptionnelle. On la ressent dans les instruments, mais aussi beaucoup dans les voix, avec des inflexions plus marquées, des vibrations ou des respirations mieux perçues. C’est du très bon boulot.

Généralement, pour ne pas dire presque toujours, lorsque la dynamique est bonne, la scène sonore l’est aussi. Petite nuance avec le Headphone (1) Pro. La scène n’est pas aussi précise qu’on pourrait l’attendre. C’est très bon, mais les plans sonores manquent tout de même de l’aération entre eux qui sied aux casques d’exception.
C’est le revers de la médaille du système à trois transducteurs, ils se recouvrent sur certaines fréquences et ne les diffusent pas aussi vite ou pas tout à fait avec le même sens (phase). Ce n’est pas l’anarchie, simplement la précision de la scène, sa profondeur dans l’axe frontal notamment, restent un en deça d’un Sony The Collexion ou de l’exceptionnel casque Apple AirPods Max 2, ce qui est cohérent avec le prix demandé pour ce Nothing.
Une sensibilité à la source
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Headphone (1) Pro se comporte assez différemment d’une source à l’autre, essentiellement en termes de dynamique et de restitution des sons moyens (voix, percussions…). Un iPhone produit un son clairement plus doux (mais très dynamique au demeurant) qu’un smartphone Android avec le codec LDAC. C’est encore plus vrai en liaison filaire USB-C où le casque monte d’un cran en puissance, que ce soit sur des titres compressés ou lossless 24 bits.
Nothing Headphone (1) ProUne bonne qualité d’appels
Les quatre microphones dédiés aux appels sont associés à un système de réduction du bruit ambiant entraîné par IA. Cette technique permet d’isoler plus finement la voix de l’utilisateur. Nothing indique avoir entraîné son système sur 30 millions d’échantillons audio provenant notamment de rues, restaurants et environnements venteux. En pratique, cela fonctionne très bien, avec les limites que l’on connaît : si le bruit environnant est trop complexe et comporte des voix humaines proches, l’interlocuteur peut entendre un léger effet de pompage. Idem pour le vent, dont le Headphone (1) Pro n’est pas totalement protégé.
En bord de mer, il faut parfois se tourner. Reste que globalement, on peut compter sur ce casque pour passer des appels réguliers dans de très bonnes conditions.
Nothing Headphone (1) ProUne autonomie confortable
Nothing annonce jusqu’à 30 heures d’écoute avec l’ANC activée (28 heures en LDAC), et jusqu’à 68 heures sans l’ANC (53 heures en LDAC). La recharge rapide permet de récupérer deux heures d’écoute avec l’ANC (quatre heures sans) en cinq minutes, avec une charge complète en environ deux heures via USB-C.
L’autonomie est donc confortable pour un usage quotidien, même si elle est en léger retrait par rapport au Headphone (1), annoncé à 35 heures avec l’ANC. Trois transducteurs sont plus énergivores qu’un seul, c’est logique.

Nothing Headphone (1) ProPrix et concurrence
Vendu 349 euros en noir ou en blanc, le Nothing Headphone (1) Pro entre dans une zone tarifaire très disputée.
Face à lui, le Sennheiser Momentum 5 Wireless, vendu 399 euros, mise sur une approche plus classique : un unique transducteur de 42 mm, une restitution très neutre et organique, une scène sonore particulièrement large et une excellente maîtrise des transitoires.
Le Sony WH-1000XM6, lancé à 449 euros mais couramment trouvable à moins de 380 euros, constitue lui aussi un concurrent direct, avec une signature assez neutre également et une ANC tout aussi convaincante.
Enfin, le Bose QuietComfort Ultra Headphones (2e génération), à 449 euros, joue davantage la carte du confort et de la réduction de bruit, tout en proposant une restitution plus flatteuse, graves et aigus en avant.
Le Nothing Headphone (1), lancé à 299 euros et désormais trouvable à 199 euros, est son concurrent le plus direct.







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