
Le Sony WH-1000XM6 était déjà un excellent casque. Vendu à un tarif raisonnable pour du haut de gamme, il conjuguait bonne réduction de bruit active, acoustique solide et polyvalence sans faille. Sony ne le faisait pas payer trop cher. C’était une qualité. C’était aussi, peut-être, une limite stratégique.
Car au-dessus du XM6, il existe un segment que la marque n’occupait pas. Celui des casques à plus de 500 euros, taillés pour qui veut le meilleur sans le moindre compromis sur les matériaux, la finition ou la qualité sonore. Un segment dominé sans partage par Apple avec les (exceptionnels) AirPods Max 2, Sennheiser avec le HDB 630 ou encore Focal avec le Bathys Mg. Des références acoustiques qui ont fixé l’étalon de ce que peut être un casque Bluetooth vraiment premium.
Si Sony a décidé de chasser sur les terres d’Apple ou Focal, ce n’est pas pour y faire de la figuration.
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The ColleXion est donc un casque pensé pour aller plus loin que le XM6 sur tous les critères à la fois, avec des transducteurs développés de zéro, une finition d’objet de luxe et une ambition acoustique revue à la hausse. On va le voir, tout n’est pas absolument parfait.
Sony lance The ColleXion le 19 mai 2026, en deux coloris : noir et blanc platine. Il s’agit d’une édition anniversaire qui célèbre les dix ans de la série 1000X. Le XM6 reste au catalogue et n’est donc pas remplacé : The ColleXion s’installe au-dessus, sur un segment plus haut que Sony n’occupait pas jusqu’ici.

Sony WH-1000X The ColleXionCaractéristiques techniques
| Modèle | Sony WH-1000X The ColleXion |
|---|---|
| Typologie | casque circum-aural |
| Réduction de bruit active | Oui |
| Diamètre des transducteurs | 30 mm |
| Autonomie annoncée avec fonction ANC activée | 24 heures |
| Poids du casque | 320 g |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec un casque prêté par Sony.
Sony WH-1000X The ColleXionUn bel objet, construit pour durer
Le premier contact avec le WH-1000X laisse peu de doute. Ce casque est beau. Pas tapageur. Beau. Sony a opté pour une philosophie de luxe discret, qui se traduit concrètement par une absence totale de plastique apparent sur l’ensemble du produit, à la différence du XM6.
Tout ce qui est en contact avec vous, et même ce qui ne l’est pas, est recouvert d’un cuir synthétique développé spécifiquement (sur deux ans paraît-il). Le résultat est plaisant : la texture, le grain, la souplesse : tout évoque le cuir naturel. Il n’en a pas l’odeur, évidemment, mais l’allure, ce qui est l’essentiel. Ce qui est particulièrement réussi, c’est l’uniformité : les coques, les coussinets, l’arceau ont le même grain, la même teinte, le même rendu.

L’arceau est métallique, avec une face intérieure chromée brillante sur le yoke et une face extérieure brossée sur laquelle le logo Sony apparaît selon l’angle de la lumière. Classe quoi.
À l’intérieur des oreillettes, un tissu acoustique gris habille le fond de chaque capsule. Les transducteurs se devinent en transparence, on peut même les effleurer légèrement. Ils sont protégés par une grille interne. Aucune crainte à avoir.

Les oreillettes sont orientables, en revanche, comme le XM5 (c’était l’un de ces principaux reproches) et à la différence du XM6, ce casque ne se plie pas. Sony fournit un étui semi-rigide à fermeture aimantée, qui protège bien sans encombrer inutilement. Le casque s’y glisse naturellement et est solidement arrimé.
Le poids est de 320 grammes environ, ce qui est très raisonnable pour le segment et les masses sont bien réparties, avec à la clé très peu d’inertie lors des mouvements de tête. À titre de comparaison, le XM6 fait 254 grammes, le Bose QuietComfort Ultra Headphones 2e génération fait 262 grammes, le Sennheiser HDB 630 fait 311 grammes et comptez 365 grammes pour le Focal Bathys Mg alors que le plus lourd de la bande reste le AirPods Max 2 avec ses 386 grammes.
Note sur le poids : Sony communique officiellement 312 g pour The ColleXion. Sur notre balance, le casque affiche 320 g. L’écart reste minime et n’a aucune incidence sur le confort, mais on préfère le signaler.
Les coussinets sont peu épais, mais très confortables et sans aucun point de pression. On peut porter The ColleXion des heures sans fatigue. Notez que les coussinets peuvent être facilement changés, le cas échéant.

Boutons à gauche et zone tactile à droite
Sur l’oreillette gauche, des boutons physiques donnent accès aux différents modes : réduction de bruit active, transparence, mise sous tension… Sur l’oreillette droite se trouve une surface tactile pour gérer le volume, la navigation entre les titres, la prise et le rejet d’appels. Comme sur les XM5 et XM6, la zone réagit aux gestes glissés, pas seulement aux tapotements. Sa sensibilité est bien ajustée et il y a un retour sonore pour les tapotements.

Une entrée analogique mais pas d’audio numérique via USB
Côté connectique, on trouve deux ports, un sur chaque oreillette. Sur la gauche, une prise jack mini 3,5 mm pour l’écoute filaire. Notez que cette entrée n’est pas passive : le casque doit impérativement être sous tension pour fonctionner en mode câblé. La raison est technique : le signal audio des transducteurs est traité et égalisé numériquement pour établir la signature acoustique voulue par Sony. Sans électronique active, le son serait méconnaissable.
Sur l’oreillette droite, Sony a intégré une prise USB-C, qui ne fonctionne que pour la charge. Pas d’écoute lossless par câble donc, contrairement aux AirPods Max 2 d’Apple par exemple. Dommage surtout à ce prix.

Sony WH-1000X The ColleXionLe plein de fonctionnalités
L’application associée au Sony WH-1000X The ColleXion est Sony Sound Connect. Elle permet de personnaliser le son et d’accéder à des fonctions avancées comme la gestion du son par « scénarios géolocalisés » ou encore d’activer le mode 360 Reality Audio.
Côté égalisation, Sony propose un égaliseur à bandes de fréquences, ainsi qu’un assistant qui permet de choisir rapidement et efficacement entre plusieurs signatures sonores. Le processus a deux étapes : on choisit un premier profil sonore, puis on l’affine avec un second. Cela évite de tâtonner avec les bandes de l’égaliseur ou de passer trois heures à vérifier qu’on entend bien certains sons très graves ou très aigus, comme c’est le cas pour d’autres apps concurrentes.
Le contrôle adaptatif du son permet de détecter automatiquement si on est chez soi, au bureau ou dans la rue, et d’adopter en conséquence un profil d’écoute prédéfini : réduction de bruit active dans les transports, mode transparence activé dès la marche à pied, ou encore égalisation spécifique selon le contexte. Le casque détecte que l’utilisateur marche et passe en transparence si on l’a configuré ainsi. Cela peut être pratique en milieu urbain. Tout est paramétrable.
L’application propose également : lectures des notifications, gestion du multipoint, réglages de l’ANC (il y en a peu, on y reviendra), accès aux tutoriels de gestes tactiles, suivi du comportement d’utilisation, Quick Access direct pour Spotify via un bouton dédié…
Codecs Bluetooth : du choix
Le WH-1000X prend en charge les codecs SBC, AAC, LDAC et LC3. Notez le support de la technologie Auracast.
Pour rappel, SBC et AAC sont les codecs de base, intégrés à quasiment tous les smartphones. L’AAC est le codec utilisé par défaut par les appareils Apple, avec une qualité honorable mais un débit limité.
Le LC3 est le codec de Bluetooth LE Audio, conçu pour offrir une meilleure qualité à débit équivalent. Son adoption progresse, mais reste encore incomplète côté smartphones en 2026.

Le LDAC est l’atout principal du casque. Développé par Sony, ce format audio monte jusqu’à 990 kbps, soit environ trois fois le débit d’un flux SBC standard. Ce débit de pointe s’obtient lorsque les conditions de connexion sont optimales, sans quoi la technologie LDAC ajuste automatiquement son débit à la qualité du lien et peut descendre aux 300 kbps des codecs basiques évoqués plus haut. Avec un smartphone haut de gamme Android compatible et une connexion stable, le gain est discret mais réel, notamment sur la précision dans les très hautes fréquences.
Ce qui surprend davantage, c’est l’absence d’audio lossless par USB-C qui prive les utilisateurs d’iPhone d’une écoute numérique pure, que les AirPods Max 2 proposent nativement. Ce choix de Sony semble assumé et la marque préfère s’appuyer sur son codec haute résolution LDAC.

Un mot sur la latence : à cause des traitements numériques embarqués, le casque introduit un léger décalage audio, de l’ordre de quelques dizaines de millisecondes. En jeu vidéo, ce décalage peut se faire sentir. En revanche, il est imperceptible en vidéo, la synchronisation audio/vidéo étant gérée automatiquement par la source. Quant à l’écoute musicale, elle n’est pas impactée.
Sony WH-1000X The ColleXionUne réduction de bruit active en léger retrait
Sony insiste beaucoup sur son architecture à 12 microphones (8 à l’extérieur, 4 à l’intérieur) et sur l’optimisation adaptative de son algorithme de réduction de bruit active. Soit autant que le XM6. L’ANC « Adaptive NC Optimizer » s’ajusterait selon Sony automatiquement à la morphologie de l’utilisateur, à ses lunettes et même à la pression atmosphérique ambiante.
À l’usage, c’est une autre histoire. Comme sur le XM6, la réduction de bruit active de ce casque Sony se révèle un peu en retrait face à la concurrence directe.

Son point fort est le grave, les grondements de tram, les vibrations basses en voiture : tout ça disparaît bien. Sur les basses fréquences, l’ANC fait donc très bien le travail.
Son point faible, c’est le reste. Les sons moyens et aigus, voix, bruits de bureau, les sons clairs, tout cela passe facilement. Difficile de comprendre précisément pourquoi Sony ne pousse pas davantage la réduction sur ces fréquences ; une hypothèse raisonnable est que la marque a pu préférer préserver la qualité de restitution musicale plutôt que de risquer une coloration indésirable par un filtrage trop agressif.
Autre regret : l’ANC est entièrement automatique, sans possibilité d’en ajuster la puissance. Si le résultat avait été irréprochable, on n’aurait rien dit, mais là c’est un bémol qu’il faudrait peut-être corriger par mise à jour.

Comparé aux AirPods Max 2 d’Apple, référence absolue du marché sur ce critère avec une filtration homogène sur l’ensemble du spectre, ou même au Bose QuietComfort Ultra 2, ce Sony est un cran en-dessous.
Le mode transparence est en revanche très réussi. L’ambiance sonore environnante est restituée de façon naturelle.
Sony WH-1000X The ColleXionUn son analytique et d’une grande douceur
C’est ici que le WH-1000X justifie son tarif. Ce casque tient son rang parmi les ténors du marché. Avec les AirPods Max 2 d’Apple et le Sennheiser HDB 630, il forme à mon sens le trio de référence actuel. Le XM6, excellent, se retrouve juste derrière. Le Nothing Headphones 1 aussi, malgré une signature ficelée par KEF, qu’on peut clairement adorer, mais qui est moins universelle, moins « facile » que celle du Sony ColleXion.
La marque des grandes signatures sonores, c’est qu’elles donnent d’emblée une impression de justesse et d’équilibre. Quelle que soit la musique écoutée (rap, classique, jazz, etc.), le WH-1000X appartient à cette catégorie. Vous enfilez le casque, vous lancez un titre, et vous êtes rassuré d’emblée, vos oreilles vont être bien traitées.

Les transducteurs, justement. Sony les a développés spécifiquement pour ce modèle, avec une membrane en deux parties distinctes. La circonférence de la membrane, en matériau souple, gère le grave avec une excursion importante (donc un volume max potentiellement très élevé). La partie centrale rigide prend en charge les médiums et les aigus. Ce n’est pas un concept nouveau, mais Sony semble l’avoir poussé à l’extrême et le résultat à l’oreille est convaincant.

La courbe de réponse mérite qu’on s’y attarde. Sony a intégré une bosse de présence dans l’infragrave, entre 40 et 60 Hz. Elle donne de la puissance et de la profondeur. Pas des basses gonflées et floues, mais une fondation solide.
Au-delà, la courbe est quasi linéaire sur une plage remarquablement étendue. Une légère élévation vers 500 Hz apporte de la présence aux voix, en particulier féminines. Un creux à 2 000 Hz, fréquence de résonance de notre conduit auditif (et zone de sensibilité extrême), protège l’oreille sur la durée et permet des séances d’écoute longues sans fatigue. Une pointe à 3 kHz ajoute la sensation de détail. Enfin, un pic dans les très hautes fréquences, aux limites de l’audible, apporte la précision et l’air. C’est de la haute couture.
L’audio 360 déçoit
En stéréo classique, la scène sonore est large, profonde sur l’axe frontal. Les plans sonores sont convenablement séparés, il y a de l’espace entre les instruments, bref ça respire. Les micro-détails sont restitués avec précision et le comportement dynamique est clairement à la hauteur. Pour ne rien gâcher, le son ne se tasse pas trop quand la pression acoustique monte.

En revanche, le son spatial 360 Reality Audio n’apporte rien de mieux, au contraire. La technologie est convaincante avec les barres de son Sony car le signal audio est transmis en Wi-Fi avec des métadonnées spatiales, mais ces dernières ne passent pas en Bluetooth. Bilan, le mixage original n’est pas respecté et l’on revient très vite à la stéréo, qui elle est excellente.
Impressions d’écoute
Angel — Massive Attack. L’intro, lente et écrasante, est un bon révélateur. L’infragrave se déploie sans compression ni saturation, avec cette pression physique caractéristique du titre. Le casque tient le choc à fort volume. La voix de Horace Andy flotte dans un espace large, précis, sans être artificiel. Les synthés distordus s’installent sans dureté. Parfait.
Me and Bobby McGee — Janis Joplin. L’enregistrement est peu flatteur : dynamique réduite, gros grain analogique. Le WH-1000X ne l’embellit pas, il le restitue avec honnêteté. La tessiture de Joplin est parfaitement audible dans ses aspérités. Les médiums sont secs, présents, sans ajout. C’est ce qu’on attend d’un casque de référence.
Venus as a Boy, Björk. La texture de l’enregistrement est très dense : superpositions de cordes, percussion subtile, voix au premier plan. Le casque restitue chaque strate avec clarté. La spatialisation est réussie, sans effet artificiel. Une très bonne démonstration des capacités de résolution des transducteurs du Sony ColleXion.

Bonfire, Knife Party. Un morceau agressif, façon fête foraine, mixé au max de niveau possible. Le WH-1000X passe ça sans broncher. Il ne faut pas trop pousser non plus, mais ça tient à fort volume. On attend souvent les casques premium sur ce type de matériau difficile. Mission accomplie.
La Nuit je mens, Alain Bashung. La voix de Bashung, grave et voilée, est un terrain idéal pour évaluer les bas médiums. Le WH-1000X rend parfaitement la tessiture : chaleur sans bouillie, présence sans agressivité. Très agréable.
No Surprises, Radiohead. Le glockenspiel de l’intro est proprement restitué : attaque franche, déclin naturel, sans réverbération ajoutée. La voix de Thom Yorke est posée exactement là où elle doit être. L’ensemble est planant, comme il se doit. Ce casque aime les productions soignées, et ça s’entend.
Sony WH-1000X The ColleXionQualité des appels
Le Sony WH-1000X The ColleXion est un excellent casque pour les appels téléphoniques. La captation vocale est propre, les bruits environnants sont très bien supprimés sans altérer la voix de l’utilisateur. Votre interlocuteur est parfaitement intelligible et lui vous entend aussi très bien.

Sony WH-1000X The ColleXionAutonomie
Sony annonce 24 heures d’écoute avec la réduction de bruit active activée, et 32 heures sans. En communication : 16 heures avec ANC, 20 heures sans. Ces chiffres constructeurs sont atteints à des niveaux d’écoute modérés, autour de 50 % du volume. J’ai vidé deux fois complètement la batterie du WH-1000X et il a tenu respectivement 23 et 25 h environ, ANC activé.
La recharge complète prend environ 3 h 30 et en charge rapide, 5 minutes suffisent pour 90 minutes d’écoute.
Sony WH-1000X The ColleXionPrix et concurrents
Le WH-1000X « The ColleXion » est proposé à 629 euros. C’est cohérent avec le positionnement choisi par Sony : un objet premium, conçu pour tenir dans le temps, avec des matériaux irréprochables.
Les AirPods Max 2 d’Apple sont à 579 euros. Ils font mieux sur l’audio spatial natif, sur l’ANC, et sur l’écoute lossless via USB-C, mais uniquement dans l’écosystème Apple. En dehors, leur avantage fonctionnel se réduit considérablement, même si ce casque sonne miraculeusement bien.

Le Sennheiser HDB 630 est vendu 500 euros, soit 130 euros de moins. Il propose une excellente acoustique, peut-être un poil moins de résolution, mais une signature très équilibrée. C’est le concurrent le plus direct en termes de performance pure, d’autant que son ANC est plus convaincante.
Le Bose QuietComfort Ultra 2 propose la meilleure bulle de silence du marché avec le casque Apple, mais une signature plus colorée, un peu moins neutre.
Le Nothing Headphone (1) mérite également d’être cité : vendu 299 euros, il est dans une autre catégorie tarifaire, mais sa réduction de bruit active impressionne et sa signature sonore made by KEF séduira ceux qui préfèrent un caractère affirmé à la neutralité de référence.







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