
Chez Sennheiser, l’innovation n’est pas un slogan. C’est une tradition allemande, un état d’esprit. Si la marque est devenue synonyme de qualité audiophile et d’ingénierie de précision, c’est parce qu’elle a toujours senti le vent tourner sans jamais brader son identité. Cette capacité à prendre le virage du sans fil, à dompter la numérisation de la musique, distingue Sennheiser d’autres légendes de la hi-fi restées parfois coincées au bord de la route. Dès le Momentum premier du nom, la marque s’est illustrée dans la réduction de bruit active Bluetooth, une décennie avant que l’ultra-premium ne devienne la norme.
Le HDB630 incarne cette maturité technologique. Dans un marché saturé de casques « premium » dont beaucoup copient la forme et trop peu la substance, Sennheiser ose une approche radicale : combiner la signature sonore de ses modèles audiophiles légendaires — HD650, HD560 — aux raffinements du sans fil, sans quasiment aucun compromis côté confort, autonomie, fonctionnalité ni ergonomie.
Résultat : avec le HDB630, non seulement Sennheiser frappe très fort, mais il signe sans conteste son meilleur casque Bluetooth jamais conçu… et peut-être le meilleur du moment, toute marque et toute catégorie confondues.

Le petit dongle qui change tout
La subtilité de Sennheiser, c’est d’avoir compris que la qualité en Bluetooth ne s’arrête pas aux promesses du marketing. Trop souvent, la transmission « sans perte » dissimule des compromis (codecs, gestion d’erreurs, réordonnancement des paquets audio…) qui nuisent à la dynamique, au timbre, à la précision des attaques. Or, tout bon ingénieur le sait : un grand son, c’est d’abord une chaîne numérique en bonne santé.
Sennheiser livre donc le HDB630 avec un dongle BTD 700 USB-C, un tout petit adaptateur d’émission Bluetooth haute performance. Ce dongle, compatible aptX Adaptive, assure une transmission optimisée et stable, en contournant le rendu sonore du smartphone utilisé. Que l’on soit sur un Android d’entrée de gamme, un PC sans codec HD, ou le dernier iPhone, le son délivré par le HDB630 reste d’une constance bluffante, et révèle tout le potentiel du casque. C’est un point souvent négligé… jusqu’à ce qu’on tente l’expérience : la différence est immédiate, tant sur la clarté que sur la dynamique.
Sennheiser HDB 630Spécifications techniques
Ce test a été réalisé avec un casque prêté par Sennheiser.
Sennheiser HDB 630Un casque sérieux sous tous les angles
Le HDB630 séduit d’emblée par un design sobre, mat, racé, loin de toute surenchère. C’est du Sennheiser, neutre, voire clinique. La filiation Momentum est manifeste. La construction, principalement en plastique de grande qualité, s’accompagne d’un arceau métallique discret, de charnières robustes et de coussinets circum-auraux généreusement rembourrés. Le ressenti au toucher est premium.
À 311 grammes sur la balance, le casque s’oublie rapidement sur la tête, sauf à faire du sport avec où il souffre alors inévitablement d’une certaine inertie. La répartition sur l’arceau, le choix d’un rembourrage à mémoire de forme, et une force de serrage bien ajustée rendent le port prolongé agréable même pour de longues sessions : aucun point de pression notable, ni aucun effet de serrage.

Côté commandes, c’est du tout tactile, avec une large zone sur chaque oreillette et un unique bouton de mise sous tension et d’appairage Bluetooth.
La connexion filaire est proposée, soit via USB-C (pratique pour la charge et l’audio lossless HD) et une entrée mini-jack — cette dernière n’est pas passive, elle numérise le signal pour profiter de la signature sonore active mise au point par le fabricant.
L’ensemble est livré avec un étui rigide, un câble USB-C, un câble mini-jack, un adaptateur avion, et ce fameux dongle BTD 700.

Sennheiser HDB 630Personnalisation poussée, ergonomie limpide
Passage obligé de tout casque moderne, l’application de contrôle Smart Control Plus de Sennheiser fait office de véritable centre de pilotage. C’est clairement l’une des meilleures disponibles, truffée de fonctions, mais pensée pour rendre accessible le moindre réglage. C’est un modèle d’ergonomie.
My Sound : le cœur de la personnalisation audio
L’écran principal « My Sound » centralise tous les réglages sonores en un seul endroit. On y trouve trois grandes fonctions :
- Égaliseur paramétrique : il permet d’accéder à une personnalisation extrêmement fine du spectre sonore. En entrant dans ce menu, on découvre une interface graphique claire avec des bandes de fréquences et une plage de réglage de +12 dB à -12 dB. Chaque point peut être paramétré avec une fréquence centrale (F), un gain (G) et un facteur de qualité (Q) qui définit la largeur de la bande affectée.
Cette précision permettra aux audiophiles d’ajuster finement la réponse du casque à leurs goûts ou, pourquoi pas, de corriger les particularités acoustiques de certains enregistrements. On peut créer de nouveaux préréglages personnalisés, les sauvegarder, et basculer entre eux en un instant.
- Égaliseur graphique : pour ceux qui préfèrent une approche plus visuelle et intuitive, l’égaliseur graphique propose des curseurs par bande de fréquences. Actuellement réglé sur « Neutre » dans les captures, il offre une alternative rapide à l’EQ paramétrique.
- Amplification des basses : un interrupteur dédié permet d’activer en un geste un boost des basses fréquences. Pratique pour donner du corps à certains genres musicaux (électro, hip-hop, pop moderne) sans avoir à toucher aux réglages fins.
- Mode Podcast : cette fonction optimise le rendu des contenus parlés. L’intelligibilité des voix s’en trouve renforcée.

Les commandes tactiles et gestuelles : tout sous contrôle
Hormis le bouton de mise sous tension, l’ensemble des commandes du Sennheiser HDB630 sont donc tactiles. L’app offre un écran explicatif sur les différentes commandes possibles, de la gestion du volume à celle de la réduction de bruit active.
Les zones sonores : une idée intéressante
L’une des fonctions les plus innovantes du HDB630 est le système de « zones zonores ». On peut créer des profils géolocalisés qui s’activent automatiquement selon l’endroit où l’on se trouve.
Concrètement, cela signifie que vous pouvez :
- Créer une zone « Bureau » avec une ANC maximale et un préréglage EQ neutre
- Définir une zone « Maison » avec le mode transparence et un boost des basses par exemple
- Paramétrer une zone « Salle de sport » avec un EQ dynamique et l’amplification des basses activée.
Quand vous entrez dans une zone enregistrée — avec votre smartphone bien entendu — le casque applique automatiquement les réglages associés. L’option « Préréglage EQ » permet de lier un profil d’égalisation spécifique à chaque zone. C’est une automatisation intelligente qui évite de jongler manuellement avec les paramètres selon les contextes — une vraie valeur ajoutée pour les utilisateurs nomades.
Tutoriels et mise à jour
L’application intègre également une section de tutoriels avec des animations claires pour maîtriser chaque geste, chaque fonction. C’est particulièrement bienvenu pour un casque aussi riche en fonctionnalités. Les mises à jour firmware sont également gérées depuis l’app, garantissant la pérennité et l’évolution du produit dans le temps.
Codecs Bluetooth HD et Auracast
Côté Bluetooth, Sennheiser semble avoir pensé à tout, avec la prise en charge des codecs classiques (SBC, AAC) et HD, aptX-HD et LDAC. L’Auracast est même pris en charge. Lors de mes tests, la connexion s’est montrée parfaitement stable en toutes circonstances, même au travers de cloisons minces. C’est également le cas en utilisant le dongle USB-C.
Sennheiser HDB 630Réduction de bruit active : au top et sans « aspiration »
La réduction de bruit proposée par le HDB630 place la barre au niveau des meilleurs casques Bose QuietComfort Ultra Headphones 2e Génération ou Sony WH-1000XM6.
L’ANC est adaptative et s’autorégule en temps réel selon l’environnement. Heure de pointe dans le tram ? Le casque élimine le grondement sans faire disparaître la musique. Bureau partagé ou open-space ? Les conversations deviennent un vague murmure. Mais surtout, la signature sonore n’est jamais altérée lors du passage en ANC maximal.

Le mode transparence, lui aussi, tutoie la perfection. Grâce à l’expertise historique de Sennheiser en microphones, il retranscrit la voix, les sons extérieurs et même de petits détails environnementaux avec netteté et réalisme.
Sennheiser HDB 630Le grand bain audiophile
Avant de parler du son, il faut rappeler ce qui fait la singularité de Sennheiser dans le paysage audio mondial. Depuis plus de huit décennies, la marque allemande conçoit et fabrique ses propres transducteurs — ces fameux haut-parleurs miniatures qui transforment le signal électrique en ondes sonores. Là où la plupart des fabricants de casques Bluetooth se fournissent chez des sous-traitants asiatiques, Sennheiser maîtrise l’intégralité de la chaîne, de la conception des membranes au bobinage des aimants.

Les transducteurs du HDB630 sont donc « faits maison », développés spécifiquement pour ce modèle dans l’usine irlandaise de Sennheiser. Il s’agit de modèles à membrane composite de 42 mm de diamètre.
Signature sonore et réponse en fréquence
On ne va pas vous faire languir plus longtemps, le son est excellent. Le Sennheiser HDB630 s’érige clairement comme la référence Bluetooth du marché. Il construit une scène large, bien aérée, sa signature sonore révèle une neutralité légèrement chaleureuse dans le grave, un bas médium jamais envahissant, des médiums pleins et expressifs, et des aigus ciselés sans excès de brillance. C’est à mon goût tout simplement parfait.
La courbe de réponse, mesurée en USB comme en Bluetooth, se distingue par sa linéarité dans le grave (aucun creux, aucune boursouflure), une légère proéminence sur le médium (autour de 1 kHz), puis un plateau montant jusqu’en haut du spectre, avec une finesse remarquable sur les cymbales et les voix. Les infra-graves sont bien présents, avec de la profondeur mais jamais d’excès baveux. Les hauts graves et le bas médium forment un socle solide à chaque écoute, tandis que l’aigu file haut sans jamais agresser.

Si l’on y regarde de plus près, on observe une présence légèrement renforcée dans la zone médium, une légère dépression à l’approche des fatidiques 2 kHz qui gênent souvent l’oreille (mais pas ici), un pic de présence vers 4 kHz très mesuré et qui donne un côté organique au son, puis une claire poussée dans l’extrême aigu, laquelle s’entend peu car notre oreille est moins sensible aux si hautes fréquences. Mais cette montée renforce le dynamisme global du son.
Ce choix de tuning le rend moins démonstratif qu’un Sony XM6 ou un B&W Px8 — ce qu’il est possible d’obtenir en jouant de l’égaliseur — mais lui confère une authenticité musicale addictive, à la fois douce et dynamique. On n’écoute plus le casque : on écoute la musique.
Impressions d’écoutes
El Extasis Del Oro – Ennio Morricone (Le Bon, la Brute et le Truand)
L’ouverture mythique de la scène du cimetière prend vie avec une ampleur rare : l’orchestre, la tension dramatique, le chœur féminin d’Edda Dell’Orso surgissent dans l’espace avec une présence saisissante. Ce titre, d’une richesse enivrante, souffre pourtant des limitations techniques de l’époque : dynamique compressée, instruments volontairement saturés. Avec un casque moyen, ça coince souvent, les oreilles sont agressées par les montées en puissance.
Pas avec le HDB630, qui reste cohérent du début à la fin et laisse même entendre des détails quasi cachés. Sur la fin du morceau, on perçoit encore Edda Dell’Orso sur la gauche par intermittence, comme un écho lointain de la mélodie principale. La version d’Apple Music (et peut-être d’autres plateformes de streaming) est clairement une source vinyle : on entend distinctement vers 0:40 puis surtout 1:50 la rotation du disque qui génère de l’infra-grave caractéristique. Si vous aimez le film, si vous chérissez la musique de Morricone, c’est un plaisir immense avec ce casque.

Demon Lover – Shocking Blue (mix 2024)
Le remix modernisé de ce classique psychédélique profite pleinement du respect des plans sonores du HDB630. La guitare électrique, latéralisée sur la gauche, existe dans l’espace avec une justesse remarquable. Les voix sont charnues, pleines de grain et de caractère, la section rythmique jamais étouffée ni envahissante.
On Melancholy Hill – Gorillaz
Sur ce titre à la production feutrée et mélancolique, le HDB630 déploie toute sa finesse. Les synthétiseurs flottent dans l’air, la voix de Damon Albarn se pose délicatement sur le mix, les basses rondes et profondes soutiennent l’ensemble sans jamais l’écraser. La scène sonore s’ouvre largement, créant cette impression d’espace caractéristique du groupe.
Paranoid Android – Radiohead
Titre complexe par excellence, souvent rendu de façon désincarnée par des casques incapables de gérer ses multiples sections et sa dynamique extrême. Trop souvent, c’est le fouillis, avec un manque de soutien dans le bas du spectre qui déséquilibre l’ensemble. Pas ici : le très bon respect macro-dynamique du HDB630 permet aux instruments de vivre dans leur espace, avec de l’air autour de chacun, des enveloppes qui respirent.
La guitare acoustique qui joue paisiblement à gauche jusqu’à deux minutes disparaît puis revient vers trois minutes avec fureur — et une précision irréprochable. On suit son jeu sans aucun mal, même quand le morceau s’emballe dans sa section centrale cacophonique. Les transitions entre les parties calmes et explosives se font avec une fluidité remarquable, sans compression artificielle ni saturation. Bravo.
Bad Moon Rising – Creedence Clearwater Revival
La restitution de ce classique rock se traduit par une cohésion redoutable du groupe. La batterie de Doug Clifford claque avec précision, la basse de Stu Cook pulse avec autorité, les voix de John Fogerty sont parfaitement intelligibles, chargées de cette énergie brute caractéristique.
Les défauts du mix d’époque — cette légère saturation des aigus, cette compression typique des années 60 — deviennent des caractéristiques qu’on savoure, pas des défauts à fuir. Le HDB630 ne cherche pas à corriger l’histoire, il la respecte et la magnifie.
Spatialisation, crossfeed et scène sonore
Le Sennheiser HDB630 propose une ouverture remarquable, une profondeur précise dans l’axe central, et une capacité à positionner chaque instrument dans un espace crédible.
Mention spéciale au mode Crossfeed intégré à l’application : ce dernier centralise intelligemment certains sons latéralisés pour un rendu plus « naturel » sur des mixages anciens (Beatles, Pink Floyd…), tout en conservant la stéréophonie native. Deux réglages d’intensité permettent d’ajuster l’effet à sa convenance. Simple à activer, il transforme le confort d’écoute sans jamais trahir la musique.
Utilisation filaire, USB-C et dongle
L’entrée USB-C garantit une restitution lossless jusqu’en 24 bits / 96 kHz et libère le signal des contraintes du Bluetooth (compression, latence). Bilan, une légère amélioration de la dynamique — perceptible notamment sur les fichiers hi-res.
La connexion analogique, elle, passe par une conversion numérique interne (ADC), obligatoire pour appliquer l’EQ du casque. Cela implique d’allumer le casque. Pour les gamers ou utilisateurs de sources traditionnelles (baladeur, ampli home-cinéma…), l’élimination quasi totale de la latence est un vrai plus.
Enfin, le dongle BTD700 permet partout (PC, Mac, console) de retrouver la performance Bluetooth HD du casque : signal stable, codec aptX voix pour des appels limpides, latence minimale (mode gaming).
Sennheiser HDB 630Appels téléphoniques : clarté et naturel
L’expertise Sennheiser en matière de microphones s’exprime pleinement ici. La voix est captée avec précision, les bruits ambiants filtrés efficacement sans déformer le timbre.
La voix conserve son naturel, sa chaleur humaine, sans cette coloration métallique ou cette compression excessive que l’on retrouve sur tant de casques concurrents. Ce casque s’impose donc comme un allié sérieux pour les pros du télétravail, les nomades urbains et ceux attachés à la qualité lors de leurs conversations.

Sennheiser HDB 630Le marathonien du sans-fil
L’autonomie survolte les standards du genre. Sennheiser annonce 50 heures d’écoute avec ANC active, mais nos mesures en conditions réelles révèlent un chiffre encore plus flatteur : comptez environ 60 heures en usage mixte (volume modéré, ANC standard, quelques appels).
Même après plusieurs jours d’utilisation intensive (écoute, appels, usages variés), il faut se forcer pour le recharger. Une charge rapide de 10 minutes suffit à offrir environ 5 heures de musique via USB-C. Impossible, honnêtement, de se retrouver à court de batterie.
Sennheiser HDB 630Prix et disponibilité
Lancé à 500 euros, le HDB630 se positionne dans le haut du panier premium, au niveau des Sony WH-1000XM6 et Bose QuietComfort Ultra. C’est un investissement conséquent, mais qui se justifie pleinement face à des concurrents souvent plus onéreux (Bowers & Wilkins Px8 et Focal Bathys à plus de 700 euros) et qui n’offrent pas nécessairement une meilleure prestation sonore.







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