PC Nvidia N1 et N1X : les premiers prix sont là, et c’est cher

Cher, et assumé

 
Nvidia voulait bousculer Intel, AMD et Apple sur le PC. Premier obstacle : les prix annoncés pour ses puces N1 et N1X piquent franchement, et ferment la porte au grand public.
Jensen Huang RTX Spark

On commence à avoir une idée du tarif des premiers PC sous puces Nvidia, et ce n’est pas joyeux pour le portefeuille. Selon une note de la banque Morgan Stanley relayée par Wccftech pendant le Computex 2026, un PC équipé de la puce N1X, la plus musclée, ne pourra pas descendre sous les 2 899 dollars, soit 2495 euros. La version N1, plus modeste, démarrerait autour de 1 799 dollars (1549 euros). Autrement dit : même l’entrée de gamme tape déjà dans le haut du panier.

Pour situer, 2 899 dollars, c’est le prix d’un MacBook Pro bien équipé, voire davantage une fois converti et taxé en euros. Les fuites de tarifs chez les fabricants vont dans le même sens : un Lenovo Yoga Pro 7 sous N1X est apparu à l’équivalent de 4 049 euros en configuration 64 Go de mémoire, et 3 199 euros pour la version 32 Go. On est loin du PC portable qu’on offre pour la rentrée.

Une puce pour créateurs et ingénieurs, pas pour M. Tout-le-monde

Avec ces prix, Nvidia ne vise pas le grand public, en tout cas pas tout de suite. La cible évidente, ce sont les créateurs de contenu et les ingénieurs qui font tourner de l’IA en local : la N1X embarque jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée et un GPU Blackwell, soit de quoi exécuter de gros modèles sans passer par le cloud. C’est exactement la logique du positionnement façon Apple Silicon que Nvidia a adopté pour sa plateforme RTX Spark. Microsoft a d’ailleurs ouvert le bal en dévoilant un mini Surface taillé pour les développeurs, capable de faire tourner des modèles à 120 milliards de paramètres. Bref, on a pour l’instant là un produit de niche.

Les prix pourraient baisser une fois la production lancée à plus grande échelle. Mais Nvidia ne décide pas seul : ce sont les fabricants de PC qui fixent les tarifs finaux, et la pénurie actuelle de mémoire ne les aide pas à serrer les marges. Tant que ça ne se détend pas, la promesse d’un Nvidia qui chasse Intel et AMD du PC grand public reste théorique.

À ces prix, le premier PC Nvidia est un outil de pro, pas un achat famille : si vous ne faites pas tourner d’IA en local toute la journée, attendez la deuxième vague. Selon Morgan Stanley, les premiers modèles sous N1X (MSI, Asus) sont attendus pour le troisième trimestre 2026, et Nvidia vise une trentaine de PC portables et une dizaine de PC de bureau d’ici l’automne. De quoi élargir l’offre, sans garantie que les tarifs d’entrée bougent pour autant.


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