Orange et trois géants européens réfléchissent à créer un rival à Starlink en Europe

La riposte spatiale

 
Orange pourrait s’allier à trois autres géants européens des télécoms pour bâtir une alternative à Starlink. L’objectif est de garder entre des mains européennes la connexion satellite qui arrive droit dans nos smartphones.
© Starlink

D’après l’agence Bloomberg, dont l’information a été relayée ce mardi 8 septembre par 01net, Orange discute avec trois autres poids lourds du secteur européen : l’allemand Deutsche Telekom, le britannique Vodafone et l’espagnol Telefónica.

Ensemble, ils visent une portion du spectre satellitaire que Bruxelles veut réserver à un opérateur sous contrôle européen. Ces opérateurs couvrent déjà la majorité des abonnés mobiles des plus grands marchés de l’Union. Ils pourraient donc être le candidat favori dans ce dossier.

Le consortium viserait en particulier le direct-to-device, cette fonction qui permet à un smartphone de se connecter directement à un satellite pour les appels, les SMS et les données. Aujourd’hui, le leader de ce marché en développement c’est Starlink, qui a lancé le direct to cell en 2024.

Dès lors, la marque d’Elon Musk fait craindre l’émergence d’un opérateur international, capable de s’imposer sur les marchés télécom de chaque pays, où historiquement les acteurs locaux régnaient en maître.

Les licences européennes actuelles expirent en mai 2027. La Commission européenne veut profiter de cette refonte pour réserver un tiers de la bande des 2 GHz à un opérateur européen, et un autre tiers aux usages régaliens, comme la défense ou la gestion de catastrophes via son programme IRIS². C’est ce tiers réservé aux Européens que le consortium convoite.

Deux des quatre ont déjà un pied chez les Américains

Deux des quatre opérateurs travaillent pourtant déjà avec des acteurs américains. Deutsche Telekom a scellé un partenariat avec Starlink au Mobile World Congress 2026, pour combler les zones blanches de dix pays européens à partir de 2028. Vodafone, lui, détient la moitié d’une coentreprise avec l’américain AST SpaceMobile. Pour prétendre au spectre réservé aux Européens, l’opérateur britannique devrait revoir cette structure à parité.

SpaceX s’oppose sans surprise à une règle qui l’écarterait du terrain. L’entreprise d’Elon Musk sait déjà envoyer textos et données vers des téléphones ordinaires depuis l’orbite, et elle revend même cette capacité à des opérateurs, dont Deutsche Telekom. En Europe, il lui manque des fréquences en propre. Sans elles, elle ne peut pas commercialiser le service seule.

Une bataille de souveraineté

Derrière la technique, c’est donc avant tout une question de souveraineté. L’Europe redoute de dépendre entièrement d’infrastructures américaines pour joindre ses citoyens depuis l’espace, notamment en cas de catastrophe ou de conflit.

Le satellite pourrait bien être le prochain terrain de cette bataille pour l’autonomie technologique du continent.

Pour l’instant, rien n’est signé. Les discussions sont à un stade précoce et aucun des quatre opérateurs n’a commenté. La prochaine échéance tombe en 2027, avec les enchères de fréquences de Bruxelles. D’ici là, l’Europe joue une partie de sa souveraineté numérique dans l’espace.


Retrouvez tous les articles de Frandroid directement sur Google. Abonnez-vous à notre profil Google pour ne rien manquer !

Recherche IA boostée par
Perplexity