PC Windows sous ARM : « l’incompatibilité des apps est de l’histoire ancienne » selon Qualcomm

 
Vous hésitez encore à passer au PC ARM à cause de vos vieux logiciels ? Qualcomm assure que c’est un faux débat.

On commence enfin à sortir de la phase de transition pénible pour Windows sur ARM. Qualcomm a profité du MWC pour clarifier sa position.

Pour eux, le débat sur l’incompatibilité des applications est désormais clos. Il faut dire Qualcomm a passé des années à ramer derrière l’ogre x86.

Aujourd’hui, avec la deuxième génération de puces Snapdragon X2 Elite, l’argument du « ça ne marche pas » ne tient plus selon eux. L’émulation Prism de Microsoft a fait des bonds de géant. Selon les cadres de la marque, même le gaming commence à devenir une réalité solide sur la plateforme.

« Le support des applications a atteint un point de maturité tel que ce n’est même plus un sujet de discussion. Les applications fonctionnent, point barre. Aujourd’hui, la question n’est plus la compatibilité, mais comment les développeurs utilisent notre architecture pour différencier l’expérience. »

« Je ne pense plus que la compatibilité des applications soit un problème dont on parle encore, parce que ça fonctionne, tout simplement » selon Qualcomm.

Derrière cette assurance, il y a une réalité technique que l’on commence enfin à palper. La couche d’émulation Prism de Windows 11 a fini par digérer la majorité des logiciels x86/x64, y compris ceux qui réclamaient des instructions complexes comme l’AVX2.

Si vous passez votre journée sur Office, Teams, Edge ou même une bonne partie de la suite Adobe, l’expérience est bonne. On ne « sent » plus l’émulation. Il faut dire que les développeurs publient de plus en plus de versions ARM64 natives.

Prism et la réalité des zones grises

D’accord, mais en tant que journalistes, on sait que le « zéro défaut » n’existe pas. On sait que plusieurs zones d’ombre subsistent. Les pilotes tiers pour certains périphériques et certaines technologies de protection anti-cheat dans le jeu vidéo restent des points de blocage.

Si Prism fait des miracles, les performances en gaming restent en retrait par rapport à un PC x86. Pour le montage vidéo 4K lourd ou la 3D, il faudra toujours vérifier si un binaire ARM natif existe. Qualcomm le sait, mais mise sur le fait que 90 % des usages sont désormais couverts sans problème.

Les applications qui ne sont pas natives et qui passent par l’émulation Prism peuvent accuser une perte de performance de 10 à 30 %. Pour du rendu 3D ou de l’édition vidéo lourde, vous allez le sentir. On note aussi quelques rares plantages sur des plugins tiers obsolètes ou des frameworks mal optimisés qui demandent encore une version alternative.

Et du côté gaming, si environ 85 % du catalogue Game Pass est compatible, les titres très gourmands en DX12 ou ceux utilisant des systèmes anti-cheat au niveau du noyau (comme Easy Anti-Cheat ou BattlEye) peuvent encore bloquer. Bonne nouvelle tout de même : Fortnite tourne enfin correctement grâce aux derniers pilotes Adreno.

Et enfin, c’est plus complexe pour vos vieux périphériques. Si vous avez une imprimante USB un peu trop ancienne, un scanner d’une autre époque ou du matériel industriel spécifique (type oscilloscope), l’absence de pilotes ARM64 natifs risque de vous laisser sur le carreau. C’est aussi vrai pour les pros du graphisme : si les pilotes GPU Adreno progressent, ils ne remplacent pas encore la maturité de CUDA ou OpenCL chez Nvidia et AMD.

Snapdragon X2 Elite

Le MWC, c’était aussi l’occasion de parler du nouveau Snapdragon X2 Elite, qui doit nous faire entrer dans ce qu’ils appellent l’ère « agentique ». On a justement testé le Zenbook A16 hier.

Le chiffre à retenir selon Qualcomm ? 80 TOPS pour l’IA, contre 45 sur la génération précédente. Pourquoi une telle débauche ? Parce que pour Qualcomm, « l’IA est la nouvelle interface ».

Pour aller plus loin
Test du Asus Zenbook A16 (2026) : le Snapdragon X2 Elite Extreme impressionne

L’idée, c’est que vous ne cherchiez plus vos fichiers. Vous demandez à votre PC d’organiser votre voyage en piochant dans vos e-mails et vos tableaux, et il s’exécute. Pour porter cette vision, la puce X2 Elite propose un gain de performance de 46 % tout en réduisant la consommation de moitié dans certains scénarios. Qualcomm veut que l’on fasse tourner ces « agents » IA en local.

Côté hardware, Qualcomm fait un choix radical : la mémoire vive est désormais étroitement liée au processeur. On verra beaucoup de machines arriver avec 48 Go de RAM unifiés. C’est génial pour la vitesse, c’est indispensable pour l’IA, mais c’est aussi un adieu définitif à l’évolutivité. On adopte ici la philosophie d’Apple : vous achetez une configuration, et vous devrez faire avec jusqu’au bout.

Le problème actuel, c’est la pénurie de mémoire vive. Selon les dirigeants de Qualcomm rencontrés lors de l’interview, les prix de la mémoire vive s’apprêtent à s’envoler. Un cadre de l’entreprise a même résumé la situation avec une pointe de sarcasme : « Je devrais me promener avec un sac à dos pour ramasser de la mémoire ». C’est dire si la tension est réelle.

« C’est la question à un million de dollars. Je me promène avec un sac à dos pour ramasser de la mémoire… et je pense que la plupart des gens dans l’industrie font la même chose en ce moment. Nous sommes dans le même bateau que nos partenaires. »

En intégrant 48 Go de RAM LPDDR5x directement sur la puce, Qualcomm sécurise l’approvisionnement de ses partenaires comme Asus, Lenovo ou Dell.

« Nos partenaires sont très satisfaits du X2 Extreme parce que nous vendons la puce avec 48 Go de RAM directement intégrés. C’est beaucoup plus pratique pour eux que d’acheter le X2 standard et de devoir se procurer la mémoire séparément sur un marché où les prix s’envolent. »

Les constructeurs adorent l’idée : c’est plus simple à concevoir, ça prend moins de place sur la carte mère et, surtout, ils connaissent le prix final dès le départ.

Techniquement, cette proximité entre le processeur et la mémoire réduit aussi la latence et la consommation électrique. C’est l’un des secrets de l’efficience des puces d’Apple.

Si le coût de la RAM explose, ces PC Snapdragon X2 ne seront pas donnés. Qualcomm reste confiant sur les lancements prévus pour début 2026, mais la question du maintien des tarifs sous la barre des 1000 € reste entière. L’entreprise assure que sa « pile » de produits (X2 Plus, X2 Elite, X2 Extreme) permettra de couvrir tous les besoins.

Pour rappel, Qualcomm a dévoilé la génération X2 (Elite, Plus, Extreme) fin 2025 au Snapdragon Summit, avec des annonces CES en janvier 2026 pour des laptops chez HP, ASUS, Lenovo et ainsi de suite. La réalité est que, mi-mars, aucune machine est encore en vente en France.

La pénurie de mémoire vive, Intel Panther Lake et récemment Apple M5 ont certainement forcé Qualcomm à polir l’arrivée des Snapdragon X2.

Pour aller plus loin
« C’est du délire » : les benchmarks et tests d’Intel Panther Lake sont unanimes


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