Fermeture des comptes PlayStation inactifs après 3 ans : pourquoi la panique autour de cette clause de Sony est injustifiée

Fausse alerte

 
Une clause des conditions d’utilisation de PlayStation affole les réseaux : un compte PSN inactif peut être fermé, jeux numériques compris. Sauf que la règle n’a rien de nouveau.

Ce week-end, une capture d’écran a tourné en boucle sur X et Reddit. On y lit la section 21 des conditions d’utilisation de PlayStation, mise à jour en avril 2026. Le message : si vous ne vous connectez pas à votre compte PSN pendant 36 mois, Sony peut le fermer. Et avec lui, tous vos jeux achetés en numérique.

Le texte est clair. Après trois ans sans activité, Sony prévient par e-mail à l’adresse liée au compte et laisse six mois pour se reconnecter ou demander à garder le compte ouvert. Passé ce délai sans réaction, le compte est fermé et l’accès au PlayStation Network s’arrête. Les jeux, DLC et autres contenus numériques rattachés deviennent alors inaccessibles. Les conditions le précisent : cette fermeture est irréversible.

Une clause qui date, pas une nouveauté d’avril 2026

C’est le détail que les captures virales oublient de mentionner. La règle des 36 mois n’a pas été ajoutée en avril 2026 : elle figurait déjà dans une version de décembre 2019 des conditions PlayStation, et le délai de trois ans s’appliquait bien avant la panique actuelle. Sony a même allongé ce délai avec le temps : la version d’octobre 2017 autorisait une fermeture après 24 mois d’inactivité, et une version de 2009 mentionnait 18 mois. La mise à jour d’avril 2026 n’a fait que déplacer la clause dans le document. Autrement dit, on redécouvre une vieille règle, on n’assiste pas à un tour de passe-passe.

Ce genre de clause est aussi standard dans l’industrie. Microsoft applique une règle proche sur Xbox, avec un délai plus court de deux ans, mais avec une différence de taille : les comptes ayant effectué un achat ne sont pas concernés par la fermeture pour inactivité. Ubisoft ferme aussi les comptes dormants. La raison invoquée est souvent le Règlement général sur la protection des données, le RGPD européen, qui interdit de conserver indéfiniment les données personnelles et impose de fixer une durée de conservation justifiée.

L’argument RGPD ne tient pas tout à fait

Attribuer cette clause au seul RGPD est un raccourci. La même règle des 36 mois existe dans les conditions PlayStation de pays hors Union européenne, comme l’Australie, qui n’est pas soumise au RGPD. Le règlement européen pousse effectivement les entreprises à ne pas stocker les données « au cas où », mais il ne fixe aucun délai précis : chaque société définit sa propre durée. Les 36 mois de Sony, les deux ans de Microsoft, l’année d’Ubisoft : ce sont des choix d’entreprise, pas une obligation dictée par la loi.

Le vrai sujet est ailleurs. Cette clause revient sous les projecteurs pile au moment où Sony a annoncé la fin des disques physiques pour les jeux PlayStation à partir de 2028. Un futur 100 % numérique change la donne : sans galette, votre bibliothèque ne tient plus qu’à votre compte. La grogne a été telle que PlayStation s’est muré dans le silence sur les réseaux sociaux, tandis que la demande pour le lecteur Blu-ray de la PS5 explosait au point d’être rationnée.

Pas de panique immédiate : la clause dit que Sony « peut » fermer un compte, pas qu’il le fera, et beaucoup de joueurs laissent leur compte dormir bien au-delà de trois ans sans que rien ne bouge. Mais dans un écosystème qui se vide de ses disques, la meilleure assurance reste de se connecter de temps en temps à son compte pour remettre le compteur à zéro.


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