« Es-tu mort ? » : l’application morbide qui prend la première place de l’App Store sur iPhone

 
Vous connaissez le « Dead Man’s Switch » ? Ce dispositif de sécurité qui se déclenche si l’opérateur ne répond plus ? Une start-up chinoise en a fait une application grand public. Pas de GPS, pas de tracking, juste une question de vie ou de mort toutes les deux jours. Et le monde entier se l’arrache.

Le concept tient sur un post-it, et pourtant, il met l’App Store sens dessus dessous. L’application Sileme (connue à l’international sous le nom Are You Dead? ou Demumu) grimpe les échelons à une vitesse folle. Elle est numéro 1 des applications payantes en Chine, numéro 2 aux États-Unis, et s’installe confortablement dans le top des utilitaires en Europe.

Pourquoi un tel engouement ? C’est simple : l’application joue sur une peur primaire avec une efficacité redoutable. Le principe est d’une bêtise affligeante : vous devez appuyer sur un bouton toutes les 48 heures. Si vous ne le faites pas, l’application considère que quelque chose ne va pas et envoie un e-mail à vos contacts d’urgence. Pas d’IA, pas de réalité augmentée. Juste un chronomètre.

Un interrupteur, point barre

Techniquement, Moonscape Technologies, le studio basé à Zhengzhou derrière ce projet, a pris le contre-pied total du marché. Là où des applications comme Life360 ou la fonction « Check In » d’Apple vous demandent un accès permanent à votre géolocalisation, Sileme est totalement aveugle.

L’application ne demande aucun accès GPS ni aucune donnée de mouvement. Elle se fiche de savoir où vous êtes. Elle veut juste savoir si vous êtes capable d’appuyer sur un écran. C’est un « Dead Man’s Switch » (dispositif de l’homme mort) numérique, pur et dur.

Le nom original, Sileme (死了么), est d’ailleurs une blague très noire intraduisible. Il parodie Ele.me, le géant chinois de la livraison de repas (« As-tu faim ? »), en le transformant en « Es-tu mort ? ». L’interface est spartiate. Pour l’instant, l’alerte part uniquement par e-mail, mais le cofondateur a promis l’arrivée des SMS prochainement.

La solitude comme business model

Il ne faut pas se leurrer. Si cette application cartonne à Singapour, à Hong Kong et maintenant aux États-Unis, c’est qu’elle répond à une angoisse sociétale profonde : l’isolement urbain. Au Japon, on appelle ça le Kodokushi (la mort solitaire). En Occident, on n’a pas encore de mot pour ça, mais le besoin est là.


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