
C’est le genre d’appareil qui a tout pour plaire : un climatiseur monobloc réversible (chaud et froid) sans groupe extérieur, qu’on installe soi-même en perçant deux trous dans le mur, sans passer par un frigoriste.
La gamme Qlima WDH, vendue sous les 700 euros en magasin de bricolage, coche exactement ces cases. Sauf qu’elle fait l’objet d’un rappel officiel pour risque d’incendie ou d’explosion.
La fiche publiée sur Rappel Conso, le site gouvernemental des rappels de produits, est claire sur le problème. L’appareil installé en position basse, sous 1,80 m de hauteur, peut créer une atmosphère inflammable en cas de fuite de son fluide frigorigène, avec un risque d’incendie ou d’explosion.
Le fabricant PVG propose une vérification de l’installation et une remise en conformité, ou un remboursement au cas par cas si l’appareil ne peut pas être remis aux normes.
Pourquoi le propane posé trop bas devient dangereux
Le gaz en question, c’est le R290, autrement dit du propane. C’est un fluide frigorigène naturel, très peu polluant : son potentiel de réchauffement climatique est de 3 (trois fois plus polluant que le dioxyde de carbone à 100 ans), là où le R32 monte à 675 et l’ancien R410A dépasse les 2 000.
Le hic, c’est qu’il est hautement inflammable. Le propane est classé A3, la catégorie des réfrigérants les plus inflammables.
Voilà pour la théorie. En pratique, le vrai sujet n’est pas tant le propane que la combinaison entre charge de gaz (quantité) et hauteur d’installation. Le propane est plus dense que l’air : en cas de fuite, il ne monte pas, il coule et s’accumule au sol.
Plus l’appareil est placé bas, plus le nuage de gaz risque d’atteindre une concentration dangereuse au niveau du plancher. C’est exactement pour ça que la norme produit fixe une charge de propane maximale qui dépend de la surface de la pièce et de la hauteur de pose.
Le Qlima WDH cumule deux caractéristiques qui, séparément, ne posent pas de problème. Il peut techniquement se poser au sol, au format console, comme un gros radiateur. Et il fonctionne au propane. Un climatiseur split classique, lui, se fixe en hauteur, souvent vers 1,80 à 2 m : en cas de fuite, le gaz a la place de se diluer avant de descendre.
Le seuil de 1,80 m qui apparaît dans le rappel correspond justement à la valeur de référence « montage mural haut » de la norme. En dessous, la charge de gaz de ces appareils devient trop élevée pour une pose basse.
La marque a d’ailleurs modifié les images d’illustration : la console n’est plus au sol sur le site du constructeur, mais à 1m80 de hauteur. Sur Bricodépot, les images montrent l’inverse : une climatisation posée au sol.
Le vrai problème : qui contrôle la hauteur de pose ?
Non, le R290 ne va pas être interdit sur les climatiseurs. La trajectoire réglementaire européenne va même dans le sens inverse. Le règlement F-Gas de 2024 bannit progressivement les gaz fluorés les plus polluants : dès le 1er janvier 2027, les climatiseurs et pompes à chaleur monoblocs jusqu’à 12 kW ne pourront plus contenir de fluide au potentiel de réchauffement supérieur ou égal à 150.
Le R32 est condamné et le propane devient l’une des rares alternatives. On vous expliquait déjà que la climatisation au R32 achetée cet été est déjà condamnée par la réglementation.
La logique européenne consiste à gérer le risque par les limites de charge et les règles de conception. Les climatiseurs mobiles monoblocs au propane vendus partout en France restent légaux sur le papier : ils sont conçus selon les modèles pour une pose au sol, avec une charge plafonnée autour de 150 grammes, la même limite que les réfrigérateurs domestiques. À cette quantité, même une fuite totale dans une pièce moyenne reste très en dessous du seuil d’explosivité.
Et justement, en se penchant sur la fiche technique du Qlima WDH 429 PTC, on se rend compte que la charge monte à 290 grammes ! C’est cette charge élevée qui rend l’installation au sol dangereuse, là où d’autres modèles moins chargés en gaz ne posent pas ce problème.
Le rappel Qlima révèle surtout une faille bien précise. Ces monoblocs se vendent en grande surface de bricolage à des particuliers, sans installateur certifié : comme aucun fluide n’est manipulé à la pose, ils échappent à l’obligation d’attestation frigoriste.

Attention toutefois, la responsabilité de la marque pourrait également être en cause, car les manuels des Qlima montrent une pose possible à 10 cm du sol.
C’est d’ailleurs la même zone grise que pour les climatiseurs split à installer soi-même, où le respect des règles dépend beaucoup de la bonne volonté de l’acheteur.
Si vous possédez un Qlima WDH, contactez PVG à l’adresse indiquée sur la fiche de rappel pour faire vérifier la hauteur d’installation : le défaut se corrige, il ne s’agit pas d’un retrait pur et simple.
Pour le reste, un climatiseur mobile monobloc au propane posé au sol comme prévu par le fabricant ne pose pas ce problème : si vous hésitez, notre comparatif des meilleurs climatiseurs mobiles reste une bonne base, tout comme notre article sur ce que coûte vraiment un climatiseur en électricité.

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