
Ça fait des années que je veux tester Shelly et Home Assistant, ces solutions de domotique « do-it-yourself » dont tout le monde parle sur les forums. À chaque fois, la même chose me bloquait : l’impression de ne pas tout comprendre, la peur de faire une bêtise sur du 230 volts, et le temps que ça semblait demander entre les tutos qui se contredisent et les notices indigestes.
Un projet plus large pour la maison m’a finalement décidé. La porte de garage était le petit chantier idéal pour me lancer.

Petite précision avant de commencer : ce n’est pas un tutoriel. C’est le récit de la manière dont je suis arrivé à dépasser mes limites grâce à l’IA. Je ne vais pas vous donner un schéma de câblage à recopier, mais vous raconter comment je suis passé de « j’ose pas » à « c’est fait » en quelques heures seulement. Mon profil, pour situer : bricoleur du dimanche, et peu de compétences en électricité.
Le matériel de départ : une porte totalement muette
Chez moi, au départ, c’est une motorisation Hörmann ProMatic sur une porte de garage sectionnelle, pilotée par des télécommandes radio BiSecur, un protocole propriétaire. L’idée est de la connecter, pour pouvoir me passer des épaisses télécommandes qui ne rentrent pas facilement dans mes poches quand je sors de la maison à vélo.

Mais le problème, c’est que ce système n’offre aucune connectivité native. Les passerelles maison existent bien, mais elles coûtent entre 100 et 300 €, ce qui refroidit vite pour un simple confort. Bref, une porte parfaitement fonctionnelle, mais totalement coupée du monde connecté.
Ma question de départ, posée à Claude, l’IA d’Anthropic, avec des photos du moteur : « comment je connecte ça à Home Assistant ? ». La réponse a tout débloqué. Quasiment toutes les motorisations de garage, toutes marques confondues, ont une entrée « bouton-poussoir » (un contact sec, prévu pour brancher un bouton mural).
Il suffit d’y raccorder un relais Wi-Fi qui va « appuyer » électriquement sur ce bouton. En clair, le module fait semblant d’être un doigt sur l’interrupteur. Le module conseillé : un Shelly 1 de dernière génération, autour de 15 à 17 €. J’ai la même démarche que celle racontée dans ce récit d’Ulrich où une IA a servi de guide pour Home Assistant : on avance question par question, sans lire de manuel. Ou presque.
44 pages de notice, lues par l’IA à ma place
Là où ça devient intéressant, c’est quand j’ai envoyé le PDF officiel Hörmann, 44 pages que je n’ai jamais lues en entier. En quelques secondes, l’IA a identifié les deux bornes exactes à utiliser (les 20 et 21), confirmé qu’on pouvait y ajouter plusieurs contacts en parallèle (donc la télécommande radio continue de fonctionner) et repéré un bonus que j’ignorais posséder : une entrée « ouverture partielle » (bornes 20 et 23) pour entrouvrir la porte et aérer le garage.

Restait la peur du démontage. J’imaginais devoir déposer le moteur collé au plafond et dérégler la courroie. Une photo envoyée, et l’IA m’explique que le capot se retire par le bas, quatre vis, sans toucher au moteur. L’angoisse est évacuée.
Puis j’ai photographié la carte électronique en entourant en rouge le bornier que je pensais être le bon. Elle a confirmé mon choix, corrigé une confusion entre deux borniers identiques, et m’a mis en garde contre un connecteur voisin, réservé à un accessoire radio, où il ne fallait rien insérer. Mon niveau d’expertise se résumait à entourer en rouge et demander ; ça a suffi.

Attention toutefois : lors des premiers échanges, Claude m’a renvoyé vers une solution tout en un déjà configurée et vendue par un passionné… qui n’était pas compatible avec ma motorisation. Tout ce que Claude me disait, je tentais de le vérifier par moi-même, via la lecture des éléments du manuel ou en challengeant ses réponses lorsque je n’étais pas sûr à 100 % de comprendre ce que je faisais. L’idée : ne pas avoir une confiance aveugle en l’IA, et augmenter ses compétences par la même occasion.
Ensuite, le câblage a pris cinq minutes : deux fils souples de 0,75 mm² vers les bornes, le module alimenté sur une prise voisine et logé dans une petite boîte de dérivation. Courant coupé avant toute intervention, un rappel que l’IA glissait systématiquement, sans que je le demande.
Premier test : ça marche, mais il faut appuyer deux fois dans l’application. Capture d’écran envoyée, diagnostic immédiat : le relais reste collé, il faut activer une impulsion automatique de 0,5 seconde dans les réglages. Un appui, un mouvement de porte. Réglé en deux minutes. La porte se pilote maintenant depuis l’application Shelly, y compris à distance, et même via Siri par une simple requête locale, tout ça avant même d’avoir installé Home Assistant.
Les trois erreurs que l’IA m’a évitées
C’est vraiment ce passage qui fait la différence avec un tuto classique. La carte de la motorisation propose une sortie 24 volts « gratuite » : tentant d’y brancher le module pour se simplifier la vie et éviter un câblage supplémentaire pour l’alimentation en 230 volts.
Mais l’IA a dit non. Cette sortie est limitée à 100 mA, et le module Wi-Fi l’aurait dépassée dans ses pics de consommation, avec à la clé des redémarrages en boucle, voire l’électronique de la porte perturbée. D’où le choix d’une prise classique pour l’alimenter.
La deuxième erreur est celle qui m’a vraiment fait réfléchir et qui m’a mis en garde sur la confiance qu’on peut avoir en l’IA. En analysant une capture d’écran envoyée pour une tout autre question, Claude a repéré un réglage par défaut : « relais activé au retour du courant ». Traduction concrète : après chaque micro-coupure EDF, la porte se serait ouverte toute seule. Potentiellement à 3 heures du matin, maison ouverte sur la rue. Je ne l’avais même pas cherché, elle l’a vu au passage.
La troisième tient à mes questions de débutant, que j’assume complètement : « où je branche le plus et le moins du 230 volts ? ». Réponse, ça n’existe pas, on est en courant alternatif. « Dans quel sens brancher le contact ? ». Réponse, aucun sens, un contact sec fonctionne dans les deux. Aucun forum ne répond à ce genre de question sans une pointe de condescendance. L’IA, si, avec l’explication physique en prime, pour repartir en ayant appris des choses.
30 euros et deux heures : le calcul qui change tout
Le budget final : environ 15 à 17 € pour le module Shelly, 10 à 15 € de câble, boîte de dérivation et embouts, soit une trentaine d’euros au total. À comparer aux 100 à 300 € d’une passerelle constructeur, qui aurait fait exactement le même travail. Le temps investi, configuration comprise : deux heures. Pour quelqu’un qui procrastinait ce projet depuis des années, le rapport est difficile à battre.

Si vous voulez tenter la même chose, la méthode se résume en quelques étapes :
- Photographiez votre motorisation et récupérez sa notice en PDF.
- Donnez le tout à une IA (Claude, ChatGPT, Gemini…) et demandez comment la connecter avec un relais Wi-Fi.
- Achetez le module indiqué (autour de 15 €), coupez le courant, câblez les deux fils sur les bornes indiquées.
- Configurez le mode impulsion (extinction auto au bout de 0,5 seconde) et le relais éteint au démarrage.
- Testez toujours porte visible, jamais à distance pour un premier essai.
Un mot d’honnêteté tout de même. Coupez toujours le courant ; si le 230 volts vous fait peur, un électricien câble ça en un quart d’heure. L’IA guide, certes, mais elle n’a pas forcément tous les détails en contexte : vérifier ses réponses avec la notice reste sain, même si dans mon cas tout était juste et sourcé sur le document fourni.
Le principe de l’entrée contact sec est universel, mais pas les numéros de bornes : chacun doit fournir SA notice. Et une porte de garage reste un objet potentiellement dangereux ; les sécurités constructeur, comme le limiteur d’effort, restent actives, le module ne les contourne pas.

Prochaine étape prévue : un simple capteur d’état ouvert / fermé pour savoir à distance si la porte est bien refermée. Mais pour l’instant, l’essentiel est ailleurs.
Le mur psychologique est tombé, et j’ai déjà enclenché le chantier suivant avec la même méthode : le chauffage au sol, pièce par pièce, avec des thermostats connectés. Le prochain défi, une fois Home Assistant installé, sera d’en faire un tableau de bord clair, ce fameux second mur qu’Ulrich détaillait en transformant une liseuse en tableau de bord domotique.
Pour la porte de garage, l’IA n’a pas bricolé à ma place. Elle a fait ce qu’aucun tuto YouTube ne fera jamais : répondre à MES questions, sur MON installation, photos à l’appui. Un peu comme les forums il y a 20 ans, mais avec une réponse instantanée.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.