On a testé la Marstek Venus-A, la batterie solaire tout-en-un à 649 € qui promet beaucoup

Quatre MPPT, rendement moyen

 
Vendue entre 649 et 699 €, la Marstek Venus-A empile plus de matériel que n’importe quelle batterie solaire de sa catégorie. Elle n’est pas parfaite pour autant, et elle s’adresse à des consommateurs friands d’autoconsommation, et conscient des limite de ce type de produit.
Marstek Venus-A // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Les batteries à brancher derrière un petit kit solaire se sont multipliées depuis deux ans, et le prix au kilowattheure descend vite. La Venus-A, lancée par Marstek en septembre 2025 en Europe, pousse le curseur un cran plus loin : dans un boîtier aluminium de 26 kg, la marque a réussi à loger une batterie LFP de 2,12 kWh, un onduleur bidirectionnel, quatre entrées solaires indépendantes, une prise de secours et un bus d’empilage pour cinq modules d’extension.

Cette batterie solaire permet, comme tous les produits de ce type, de stocker l’énergie produite par les panneaux solaires la journée pour la restituer le soir ou lors d’une météo capricieuse.

Quelques caractéristiques principales :

  • 2,12 kWh de batterie LFP, extensible jusqu’à 12,72 kWh avec cinq extensions ;
  • quatre entrées solaires de 600 W chacune, chacune avec son propre MPPT, le circuit qui cherche en permanence le meilleur point de fonctionnement des panneaux ;
  • 1 500 W en charge comme en décharge vers le logement depuis le firmware V148, contre 1 200 W au lancement ;
  • une prise de secours, un port Ethernet, un refroidissement passif sans ventilateur.

Côté tarif, l’unité principale est affichée 699 € sur la boutique européenne de Marstek et 649 € chez des revendeurs. On tombe autour de 300 € par kilowattheure nominal, compteur non compris : aucune rivale directe n’aligne autant de matériel à ce niveau de prix.

Marstek Venus-A // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Pour piloter la charge et la décharge au watt près et viser le zéro injection, il faut ajouter un compteur communicant, un Shelly Pro 3EM ou le CT002 maison de Marstek, à installer dans le tableau électrique. Comptez une soixantaine d’euros supplémentaires, et souvent l’intervention d’un électricien.

Les quatre MPPT tiennent la route

On peut atteindre les 2 400 W de puissance solaire cumulée sur les quatre canaux. La régulation anti-injection est elle aussi efficace. Avec un compteur Shelly Pro 3EM au tableau, on mesure une adaptation aux variations de consommation en 1 à 3 secondes et un prélèvement résiduel au réseau de 5 à 15 W seulement.

Marstek Venus-A // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Un détail à connaître avant de commander des panneaux : les MPPT montent bien à 2 400 W, mais la batterie n’absorbe qu’environ 1 800 W, quel que soit le nombre d’extensions. Le reste doit partir vers le logement. Quand la batterie est pleine en milieu de journée, la sortie AC devient le plafond, et le système écrête jusqu’à 900 W de production même avec la limite à 1 500 W.

L’architecture est taillée pour remplir une batterie vide le matin, beaucoup moins pour valoriser une grosse puissance photovoltaïque à midi. On parlait déjà de ce point lors du test de l’Anker Solix l’an dernier.

Le rendement, lui, est dans la moyenne

Marstek met en avant plus de 94,5 % de rendement batterie vers AC. Le chiffre existe, mais il décrit un seul étage de conversion dans ses meilleures conditions, pas le trajet complet. Sur un cycle mesuré à la prise avec un compteur externe, on mesure un rendement aller-retour de 78,5 %. Dit autrement, sur 100 kWh stockés dans l’année, il en manque plus de 21 à la sortie.

Pour situer ce 78,5 %, un point de repère utile. Sur la Venus D, le grand modèle de la marque, des mesures en conditions réelles donnent un rendement aller-retour de 83 % en passant par le réseau et jusqu’à 88 % via les panneaux. La Venus-A se retrouve donc sous le reste de la gamme sur ce terrain.

Marstek Venus-A // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Et ça se dégrade encore à faible puissance, c’est-à-dire précisément dans le scénario où ces batteries sont vendues, couvrir le talon nocturne d’une maison. En décharge continue à 100 W, on est autour de 75 % de rendement.

Second poste de pertes, plus sournois : l’écrêtage en fin de charge. À partir de 95 à 98 % de charge, la somme des quatre MPPT retombe autour de 450 W, parfois moins. Dit autrement : plus la batterie se rempli, et plus la puissance de charge acceptée diminue. Le reste de production solaire est obligé de repartir vers le logement.

1 500 W par mise à jour : bonne idée, exécution à surveiller

La Venus-A est sortie à 1 200 W bidirectionnels. Depuis la version V148 du firmware, l’application propose 1 500 W, ce qui change franchement l’intérêt du produit en France : 1,5 kW, c’est de quoi couvrir un lave-vaisselle en chauffe ou une plaque à induction en usage modéré, là où 800 W ne suffisent qu’aux veilles et à l’électroménager froid.

Le boîtier est refroidi par convection naturelle, sans ventilateur, ce qui explique son silence total mais laisse peu de marge, notamment posée en extérieur en plein soleil sur un balcon. Aucun risque réel, sauf à voir la puissance baisser si les cellules chauffent trop.

Le logiciel avance vite, un peu trop vite pour sa documentation. On a eu le droit à des pertes de connexion à distance et des appairages Shelly à refaire après plusieurs semaines.

Face à Zendure, Anker et aux batteries sans entrée solaire

Sur le pur rapport matériel / prix, la Venus-A garde l’avantage. La Zendure SolarFlow 800 Pro 2 plafonne à 800 W vers le logement, l’Anker Solix Solarbank 3 E2700 Pro monte jusqu’à 1,2 kW selon les pays pour une capacité de départ supérieure (2,688 kWh) et un tarif nettement plus élevé. Les deux ont pour elles une application plus mature, une intégration domotique mieux installée et un chauffage des cellules documenté pour l’hiver, ce que Marstek ne propose pas ici. Pour une installation extérieure dans une région froide, ce point pèse lourd.

Autre cas de figure : si vous avez déjà une installation en toiture avec son onduleur, payer quatre MPPT pour recâbler des panneaux existants n’a aucun sens. Une batterie AC pure comme la Venus E 3.0, que nous avons testée, ou la Zendure SolarFlow 2400 AC, offre plus de capacité et plus de puissance pour le même besoin.

Dans l’ensemble, la Venus-A est le meilleur achat de sa catégorie pour qui part de zéro, dispose de plusieurs orientations de panneaux, consomme quelques centaines de watts en journée et peut l’installer dans un coin frais et ombragé.

Elle l’est beaucoup moins pour couvrir un petit talon nocturne de 100 W, où un cinquième de l’énergie stockée ne ressort jamais, ou pour tourner à 1 500 W dans un local chaud.


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