Sans connaître un franc succès commercial, les caméras embarquées font toujours parler d’elles. Si pratique pour justifier de son innocence dans un accrochage, leurs utilisateurs peinent à franchir le pas en raison d’un tarif parfois trop élevé. Voyons si cette Nextbase 322GW fait la différence. 

Nextbase 322GW

La Nextbase 322GW

Vous avez peut-être déjà été impliqué dans un accident où votre version des faits ne collait pas avec celle de l’autre automobiliste, utilisateur de deux roues (vélo, moto, trottinette, etc.), voire de gyroroue. Pour éviter ce genre de désagrément, il existe des solutions bien plus impartiales telles que les « dash cam ». Ces petites caméras qui s’installent généralement dans un coin du pare-brise sont très populaires — voire obligatoires — dans certains pays, mais sur le marché français, elles ne connaissent pas franchement un véritable succès. Pour tenter de changer la donne, le constructeur Nextbase propose la 322GW, un modèle plutôt prometteur vendu 150 euros. Voyons cela d’un peu plus près.

Fiche technique de la Nextbase 322GW

Capteur 2,12 Mpx
Définition d'enregistrement 1080p @60 ips / 720p @60 ips
Objectif 140°, f/1,6
Écran 2,5 pouces (732 x 240p) tactile
GPS oui
Carte mémoire microSD jusqu’à 128 Go
App mobile oui
Connectivité Wi-Fi et Bluetooth
Fonction SOS oui
Câble alimentation 4 mètres – prise allume-cigares
Alimentation 5 V / 1,5 A
Batterie 3,7 V / 320 mA
Dimensions 8,2 x 4,6 x 4,7 cm
Poids 104 grammes

Ce test a été réalisé avec un exemplaire de test livré par le constructeur NextBase.

Conception et installation, tout va bien…

Forcément, lorsqu’on sort la 322GW de son carton, on se rend bien compte que Nextbase n’en est pas à son coup d’essai en matière de dashcam. Ce modèle n’est pas non plus à comparer à un produit à quelques dizaines de dollars qu’on pourrait acheter sur des boutiques en ligne chinoise – même si cette 322GW est elle aussi flanquée d’un autocollant « made in China ». La finition est bonne (sans plus), robuste et assez astucieuse… bien qu’imparfaite.

L'attache de la Nextbase 322GW

L’attache de la Nextbase 322GW

Astucieuse d’abord parce que malgré la petite taille de la ventouse, l’ensemble tient bien sûr le pare-brise. Évidemment, la caméra en elle-même n’est pas très lourde (104 grammes environ) et n’impose pas une grande contrainte, mais même en tirant dessus (modérément, bien sûr), le support ne se décroche pas. À noter que Nextbase livre également un support avec un adhésif double face si vous n’êtes pas convaincu par cette ventouse.

Nextbase 322GW

Nextbase 322GW

Il est en revanche assez simple de déclipser la caméra du support puisque celle-ci est maintenue par un système magnétique. Il est toutefois assez robuste pour que la caméra ne se décroche pas à la moindre secousse ou accident.

Rien à signaler non plus sur la longueur du câble (4 mètres) qui sert à alimenter (et recharger) cette caméra. Nous avons installé la caméra dans une grande Opel Insignia, nous avons eu largement assez de longueur de câble pour réaliser une installation propre, en dissimulant le fil dans les garnitures. Nextbase livre d’ailleurs un outil pour faciliter l’opération. Il ne vous reste alors plus qu’à brancher le tout sur la prise allume-cigares.

… ou presque

Et c’est sans doute là notre première critique : même si la caméra dispose d’une batterie, celle-ci semble n’offrir qu’une autonomie relativement ridicule en raison de sa capacité qui l’est tout autant : 320 mAh. Juste de quoi garantir, selon Nextbase, une autonomie de… 15 minutes !
Au cours de notre mois passé avec ce produit, nous n’avons jamais eu l’impression que sa batterie était chargée à 100 %, même après des trajets de plusieurs centaines de kilomètres. Mieux vaut donc considérer que la caméra va condamner la prise 12 V de votre auto, car sur batterie, elle s’essouffle vite. C’est pour cette raison que certains constructeurs proposent d’ailleurs des kits pour relier directement la caméra à la batterie du véhicule histoire de profiter pleinement de la fonction « parking » de ce type d’appareil. Nous reviendrons d’ailleurs là-dessus.

Nextbase 322GW

Nextbase 322GW au rétroviseur

À cette autonomie qui nous paraît clairement insuffisante (la caméra n’était toujours chargée qu’à 20 %…) s’ajoute la profondeur de l’objectif. Une grosse protubérance qui contribue en théorie à rendre la partie optique de meilleure qualité (nous le vérifierons plus loin), mais qui empêche en revanche de positionner la caméra là où on le souhaite.

Par exemple, sur notre véhicule, impossible de loger la 322GW derrière le rétroviseur par manque d’espace. Cela aurait pourtant été sa place idéale pour bien capter tout ce qui se passe sur la route, mais aussi pour ne pas perturber le champ de vision du conducteur. D’ailleurs, il est selon nous vivement recommandé d’activer la fonction de mise en veille de l’écran automatique pour éviter d’être attiré par le retour vidéo qui s’affiche sur l’écran de la dashcam.

En revanche, saluons la qualité de l’électronique soumise à de rudes conditions climatiques pendant nos tests. En effet, notre véhicule était régulièrement stationné en plein soleil sous la canicule. L’objet, ainsi directement exposé au soleil et une température d’habitacle dépassant les 50 degrés, n’a pas montré de signe de dysfonctionnement.

Qualité d’image et détail des informations

La Nextbase 322GW nous a été livrée avec une carte mémoire MicroSD XC 64 Go Pro de classe 3 qui garantit à la fois d’être tranquille du côté de l’espace de stockage et d’un point de vue de la fiabilité de la carte. Les fichiers y sont stockés sous trois répertoires : les photos, les vidéos standard et les vidéos dites « protégées ». Ces dernières sont automatiquement générées et classées par l’électronique de la caméra.

Sitôt que la 322GW détecte une secousse trop importante, elle considère qu’il s’est potentiellement passé quelque chose. Toutefois, la caméra est selon nous trop sensible : elle sécurise parfois des séquences alors que nous empruntons simplement un virage ou appliquons une accélération un peu plus franche — sur une voie d’insertion sur autoroute, par exemple. Rien de franchement problématique, si ce n’est que le dossier « Protected » est pollué de fichiers sans importance. Il faudra d’ailleurs les supprimer manuellement pour libérer de l’espace sur la carte.

Concernant la qualité d’image, c’est presque sans surprise que nous constatons que la qualité d’image dite « Full HD » n’en a que le nom. La netteté de l’image est passable, sans plus, mais suffisante pour établir les responsabilités de chacun en cas d’accident. Bonne nouvelle d’ailleurs, alors que la caméra n’est pas parfaitement installée au centre du pare-brise, son large champ de vision (140 degrés) permet d’avoir une bonne appréciation de ce qui se passe autour. Le micro permet quant à lui d’entendre ce qui se passe dans l’habitacle. Celui-ci pourrait d’ailleurs être en votre défaveur si vous l’accrochage survient alors que vous êtes en pleine conversation téléphonique houleuse, par exemple. Votre attention pourrait alors être remise en question, voire pire s’il est établi que vous teniez le téléphone en main.

De nuit, la qualité d’image est bien moins bonne. Déchiffrer la plaque d’immatriculation d’un chauffard qui vous aurait percuté avant de prendre la fuite pourrait s’avérer très compliqué. En revanche, la vidéo permet toujours d’établir la faute d’une voiture qui déboîterait subitement sur votre voie sans mettre le clignotant ni même se préoccuper de ce qui se passe dans son angle mort.

Un mode parking inutile ?

Comme nous le disions plus avant, ces dashcam intègrent souvent des modes « parking ». Ceux-ci permettent à la caméra de se mettre partiellement en veille. Sitôt que l’électronique détecte un mouvement ou une secousse, l’enregistrement démarre. Le problème, comme nous l’avons dit, c’est que l’autonomie de la caméra est ridicule. Sur notre Opel Insignia, la prise 12 V s’éteint lorsque le contact est coupé dans la voiture. On ne peut plus que compter sur l’autonomie de la caméra.

Malheureusement, pendant nos vacances (et notre période de test), notre véhicule a été vandalisé durant la nuit. Le bris de glace de la custode arrière et l’intérieur totalement retourné laissent évidemment penser qu’il y a bel et bien eu des secousses et du bruit à bord… mais la caméra elle, n’a rien enregistrée. Quelle déception à notre retour le lendemain matin de constater que la caméra était toujours là, mais que sa batterie ne lui avait absolument pas permis d’enregistrer quoi que ce soit.

L’histoire aurait sans doute été différente si l’alimentation de la prise 12 V ne s’était pas arrêtée… ou si Nextbase livrait, à défaut d’une meilleure autonomie, un kit permettant de la raccorder directement à la batterie de la voiture. Quoi qu’il en soit, nous avons aussi beaucoup d’enregistrement en mode parking où le véhicule est garé dans notre garage et qu’il ne s’y passe rien… si ce n’est un changement de contraste ou de luminosité. Un meilleur travail sur cette détection permettrait d’accroître l’autonomie.

Une application mobile efficace

La 322GW intègre un module Wi-Fi qui permet d’établir une connexion directe avec un smartphone, via l’application mobile NextBase. Après une première configuration capricieuse, tout est rentré dans l’ordre. À noter que pour être en mesure d’accéder aux vidéos depuis son mobile, et ainsi s’en servir de preuve sur le lieu d’un accident, par exemple, il faut veiller à ce que l’option soit activée dans les options de la caméra. Celle-ci enregistre alors un fichier de pleine définition (1920 x 1080p @ 60 ips d’environ 80 Mo pour 30 secondes) et un autre, plus léger (848 x 480p @ 30 ips de 10 Mo pour 30 s d’enregistrement), permettant de récupérer des images rapidement sur le smartphone.

C’est aussi sur cette application qu’on retrouve toutes les données captées par la caméra. Vitesse, position GPS, horodatage… l’accéléromètre permet même de savoir si vous avez tenté de piler avant l’impact ou non puisqu’il enregistre accélérations et décélérations. Autant d’informations qui permettront ensuite à un juge, par exemple en cas de procès, d’établir la validité de la preuve. En effet, même si selon l’article 427 du Code de procédure pénale, la preuve à fournir est dite « libre », elle reste soumise à l’appréciation du juge qui décide d’après son intime conviction.

Afin d’isoler la séquence qui vous intéresse, le constructeur a tout prévu pour couper un extrait de la vidéo et ainsi le partager avec qui vous le souhaiter. Il est d’ailleurs même possible de découper les séquences depuis l’écran tactile de la caméra, mais le confort n’est pas optimal.

En plus de l’application mobile, Nextbase a créé une application compatible Windows qui permet de consulter les séquences vidéo (ou les photos) tout en accédant aux différentes métadonnées enregistrées pendant le trajet.

Une fonction SOS pour les urgences extrêmes

Cette dashcam 322GW profite, comme les 422GW et 522GW, d’une fonction SOS mise en place par Nextbase. Heureusement, nous n’avons pas eu à l’utiliser, mais cette fonction permet, comme son nom l’indique, d’être automatiquement mise en relation avec les secours en cas d’accident.

En théorie donc, sitôt que la caméra détecte un choc important, un message est transmis au service « Urgence SOS Nextbase » qui se charge ensuite d’entamer une procédure de vérification en vous appelant sur le numéro de mobile renseigné lors de la configuration de cette fonction. Si vous ne répondez pas, les secours sont alors envoyés à la localisation GPS de la caméra.

Ce ne sont pas les seules infos qu’il vous faut communiquer, si vous le souhaitez. Nom, prénom, genre, marque et modèle du véhicule utilisé, groupe sanguin, type de maladie connue, allergies… l’application vous demande même si vous êtes diabétique. De quoi préparer les informations qui seront ensuite transmises aux urgences et qui, il faut bien le reconnaître, peuvent vous sauver la vie. Cette fonction est offerte par Nextbase pendant un an, puis elle sera facturée 3,99 euros par mois, sans aucun engagement. Elle pourra être souscrite ponctuellement à l’occasion de départs en vacances ou avant de longs trajets. Le constructeur propose également une formule annuelle à 39,99 euros.

Note finale du test 7/10
La Nextbase 322GW est une caméra globalement convenable. La qualité des vidéos est suffisante sans être au-dessus du lot des produits commercialisés à un tarif équivalent. L'autonomie trop moyenne de sa batterie ne lui permet pas de hisser hors du lot là encore. Enfin, son objectif proéminent, quelque peu contraignant pour l'installation ne se justifie pas vraiment compte tenu de la qualité vidéo captée. Des produits concurrents plus compacts en font autant.

Pour autant, à 150 euros, et compte tenu de ses multiples options de montage et visionnage de vidéo, ce produit s'inscrit parmi les modèles qu'il est important d'avoir en tête si vous êtes dans une phase d'achat. 
Points positifs
  • La qualité de fabrication
  • La précision des capteurs
  • La qualité de l'écran à l'arrière
  • La grande longueur de câble pour l'installation
Points négatifs
  • La qualité moyenne des vidéos
  • L'autonomie ridicule de la batterie
  • La profondeur de l'objectif