Micron fabrique une DDR4 de folie… mais clairement pas pour vous

 
Micron, l’un des trois plus gros fabricants de mémoire au monde, veut désormais fabriquer certains de ses modules de DRAM les plus perfectionnés directement sur le sol américain. En tête de liste, les modules 1α, voués à une foule d’usages industriels et techniques.
De la DDR5 de chez Micron, pour illustration // Source : Micron

Le géant américain Micron ramène « à la maison » la production de ses meilleures technologies de mémoire vive. Cette semaine, le fabricant a annoncé étendre les capacités de production de son site de Manassas (Virginie), au sud-ouest de Washington DC, au travers d’un investissement massif de plus de 2 milliards de dollars (rendu possible par les incitations fiscales du gouvernement fédéral et de l’État de Virginie, entre autres).

Micron y fabriquera certains de ses modules DRAM les plus aboutis en exploitant le procédé 1α (1-alpha)… mais avec un plot-twist. Ce node, le plus perfectionné jamais utilisé pour la production de mémoire sur le sol américain, sera employé pour de la mémoire vive DDR4 à visée industrielle. Une approche qui va dans le sens de la stratégie actuelle du groupe, de moins en moins intéressé par le marché grand public.

L’indépendance industrielle américaine en ligne de mire…

« Ce nœud est fabriqué selon un procédé DRAM de quatrième génération de classe 10 nm », explique Micron, cité par TechSpot. « Il offre une augmentation de 40 % de la densité de mémoire par rapport au nœud DRAM 1z de la génération précédente. »

Dans le détail, les modules DRAM fabriqués en Virginie à l’aide du procédé 1α serviront en premier lieu aux constructeurs automobiles et aux sous-traitants des secteurs de la défense et de l’aérospatiale, ainsi qu’aux fabricants d’équipements industriels et de dispositifs médicaux. Le secteur des télécoms et des réseaux est aussi visé, mais les fabricants de PC ne sont, à l’inverse, pas du tout dans la cible de Micron avec ces modules 1α… qui ne soulageront donc pas la pénurie de RAM qui fait rage depuis cet automne pour les appareils grand public.

Site de Micron à Taïwan, pour illustration // Source : Wikimedia – Thingreenline4546

Le véritable sujet ici est plutôt l’indépendance industrielle américaine et la relocalisation, aux États-Unis, de certaines technologies cruciales dont la mémoire vive fait partie. À l’instar d’Intel, qui détient de nombreux sites de production outre-Atlantique, Micron produit d’ores et déjà de nombreuses puces sur place, au sein de ses usines de Boise (Idaho) et de Clay (État de New York).

À noter que la production de ces modules 1α n’est pas destinée à alimenter les géants de l’IA, ce qui permet à Micron d’annoncer des retombées beaucoup plus tangibles pour l’économie locale. Au travers de ses investissements aux États-Unis, la firme espère notamment employer un total de 90 000 personnes (dans ses différents sites en Virginie, en Idaho et dans l’État de New York). La marque prévoit aussi d’investir 325 millions de dollars complémentaires pour la formation de ses employés, mais aussi pour tisser des partenariats avec les universités locales. Voilà qui devrait contenter Donald Trump.


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