Test de l’Eureka FloorShine 880 : puissant, chaud, mais bavard

Aspirateurs balais • 2025

Tineco et Dreame se partagent le gâteau des balais laveurs, mais Eureka débarque avec les coudes sortis. Son arme ? Une fiche technique qui ne respecte rien : 24 000 Pa d'aspiration et une stérilisation thermique radicale.
Eureka FloorShine 880 // Source : Frandroid
 

Le marché des balais laveurs est devenu une véritable jungle où Tineco, Dreame et Roborock se battent à coups de surenchère technologique. Au milieu de cette arène, Eureka, marque centenaire mais challenger sur ce segment, débarque avec le FloorShine 880. Sa promesse ? Un nettoyage à l’eau (très) chaude et une simplicité biblique pour ceux qui haïssent passer la serpillière.

Fiche technique

CaractéristiquesEureka FloorShine 880
Puissance24 000 Pa / 300 W
Batterie4000 mAh (x6)
Autonomie annoncéeJusqu’à 60 min
Réservoirs750ml (Propre) / 700ml (Sale)
Poids5,2 kg
AutonettoyageEau chaude 100°C + Séchage air chaud
Fonctions clésMode plat 180°, dosage auto détergent

Sur la fiche technique, il y a quelques chiffres intéressants. 24 000 Pa, c’est énorme pour un balai laveur (souvent plafonnés à 10-15 000). Mais le chiffre qui me fait tiquer, c’est ce « 100°C » pour l’autonettoyage. Par contre, le poids de 5,2 kg peut faire peur aux bras fragiles, reste à voir si la motorisation compense vraiment cette masse.

L’exemplaire de ce test nous a été prêté par Eureka.

Design, installation et accessoires

Au déballage, première douche froide : c’est la crise sur les accessoires. Pas de rouleau de rechange, pas de filtre HEPA supplémentaire. Eureka nous livre le strict minimum : le balai, la base, un goupillon et un bidon de détergent. À ce prix-là, c’est un peu juste. On sent qu’ils ont tout mis dans la machine et rien dans les « à-côtés ».

Eureka FloorShine 880 // Source : Frandroid

Esthétiquement, le FloorShine 880 est sympa. On est loin du plastique blanc hôpital de certains concurrents. Ici, c’est un mélange de noir, de gris et de touches violettes avec une finition « carbone » sur le devant. C’est joli, c’est propre. L’assemblage est solide, rien ne craque quand on le manipule.

Eureka FloorShine 880 // Source : Frandroid

La prise en main est surprenante. 5,2 kg sur la balance, c’est lourd. Mais une fois allumé, le poids disparaît. Pourquoi ? Parce que les roues sont motorisées et vous assistent. C’est comme avoir une direction assistée : vous le poussez à peine, il avance. Vous le tirez, il recule sans effort. Pour tourner ? C’est simple. C’est bluffant et ça sauve vos biceps sur une session de 30 minutes.

Le vrai tour de force ergonomique, c’est sa souplesse. Ce balai sait faire le grand écart. Il se couche totalement à l’horizontale (180°) pour aller chercher les moutons sous le canapé ou le lit. Là où la plupart des concurrents s’arrêtent à 45° ou nécessitent de tordre le poignet, lui glisse tout seul.

Eureka FloorShine 880 // Source : Frandroid

Pour éviter de rayer votre beau parquet quand il est couché, Eureka a ajouté deux petites roulettes en caoutchouc au dos du manche et du corps. C’est tout bête, mais il fallait y penser. Ça évite que le plastique dur ne frotte par terre. Un détail qui montre qu’ils ont bossé le sujet.

Eureka FloorShine 880 // Source : Frandroid

Quant aux réservoirs… Le réservoir d’eau propre est situé en bas, sur la tête de brosse. C’est malin pour deux raisons : ça abaisse le centre de gravité (donc moins de poids ressenti dans le bras) et ça permet une pression plus forte sur le sol. Le remplissage se fait facilement sous un robinet standard.

Eureka FloorShine 880 // Source : Frandroid

À l’arrière, le réservoir d’eau sale. Il embarque un petit module avec des billes désodorisantes. L’idée est bonne : éviter que l’eau grise ne pue la mort si vous oubliez de la vider le soir même. Ça ne remplace pas un vidage, mais ça limite les dégâts olfactifs.

Une fonctionnalité que j’adore : le réservoir de détergent intégré. Vous versez le produit dans un petit compartiment dédié, et la machine dose toute seule selon le niveau de saleté. C’est fini le temps où on dosait au bouchon en en mettant partout. Eureka annonce 45 jours d’autonomie en détergent.

La brosse est dite « bord-à-bord ». Sur les côtés, c’est vrai, elle rase les murs à la perfection. À l’avant, on a une lumière LED pour traquer la poussière. Elle n’est pas aussi puissante que les lasers verts de Dyson, mais elle fait le job dans les coins sombres ou sous les meubles.

Enfin, la station de charge. Elle est assez imposante et intègre le système de chauffage pour l’eau. Par contre, carton rouge : aucun système pour enrouler le câble électrique. On se retrouve avec du fil qui traîne derrière le meuble, c’est moche.

Performances

Est-ce que ça lave ? Oui, et méchamment bien. Avec ses 24 000 Pa, le FloorShine 880 avale tout. J’ai testé beaucoup de chose, humide et sec. Deux passages et on n’en parle plus. La puissance brute est là, indéniable.

Le mode Auto gère très bien la puissance. L’écran est entouré d’un anneau LED qui change de couleur : violet quand c’est propre, orange quand c’est sale, et rouge clignotant quand c’est la catastrophe (genre la coquille d’œuf). La réaction du moteur est immédiate, il monte dans les tours dès qu’il voit la crasse.

Le nettoyage des bords est excellent sur les latéraux. Il colle au mur à 0 mm. Par contre, attention à l’avant du balai. Il y a une zone morte d’environ 5 mm. Si vous foncez tête la première dans une plinthe, il restera une petite bande sale. Il faut longer le mur, pas lui faire face.

J’ai noté un défaut agaçant : les éclaboussures. Si le rouleau est très imbibé et que vous faites des mouvements brusques vers l’avant, ou sur un sol déjà très mouillé, il a tendance à projeter quelques gouttelettes sales devant lui. C’est dû à la force centrifuge et à une raclette d’essorage peut-être pas assez rigide. C’est léger, mais visible sur du carrelage.

Le séchage du sol est impressionnant. Le balai laisse une pellicule d’eau très fine qui sèche en moins de 3 minutes. Si vous renversez un verre d’eau, le mode « Quick » (qui coupe l’arrivée d’eau et ne fait qu’aspirer) est redoutable. C’est une vraie raclette électrique.

Côté maniabilité sur sol mouillé, les roues motorisées peuvent parfois patiner un peu sur du carrelage très lisse. On sent l’appareil « drifter » légèrement. C’est pas gênant, c’est même presque drôle, mais ça surprend la première fois.

Niveau bruit, on ne va pas se mentir, c’est un aspirateur. Ça tourne autour des 70-78 dB. Ce n’est pas silencieux, mais le son est grave, pas strident.

L’autonomie réelle ? Eureka promet 60 minutes. Dans la vraie vie, en mode Auto avec des variations de puissance, j’ai tenu 45 minutes. C’est largement suffisant pour faire un appartement de 100 m² sans stresser. La charge est par contre un peu lente (4 à 5 heures).

Et, il y a l’autonettoyage. Une fois sur la base, il chauffe l’eau à 100°C. Ça permet de décoller le gras sur le rouleau et de tuer les bactéries. C’est bien plus efficace que l’eau froide ou tiède des concurrents.

Le séchage du rouleau propose deux modes : Rapide (5 min, bruyant) ou Doux (20 min, silencieux). J’ai testé le rapide : en 5 minutes chrono, le rouleau est chaud et sec. Plus aucune trace d’humidité. C’est validé.

Application

Ici, ça va être rapide : il n’y a pas d’application mobile. Et vous savez quoi ? Tant mieux. On n’a pas besoin de connecter son balai au Wi-Fi pour laver le sol. Tout se gère via l’écran et les boutons. C’est du « Plug & Play », pas de prise de tête avec des mises à jour firmware qui plantent.

Par contre, gros point noir pour nous les francophones : la synthèse vocale est uniquement en anglais. Le balai vous parle (« Clean water tank empty », « Self cleaning started »). Impossible de le mettre en français. C’est frustrant pour un produit vendu en France. Heureusement, il y a un bouton physique à l’arrière pour couper le son et le rendre muet. Je l’ai fait au bout de 10 minutes.

Entretien

C’est là que le bât blesse. Le réservoir d’eau sale est une « soupe » unique. Contrairement à certains Tineco qui ont un panier pour séparer les déchets solides (poils, miettes) de l’eau sale, ici tout est mélangé.

Quand vous videz le réservoir, vous ne pouvez pas tout jeter dans l’évier sous peine de le boucher. Il faut soit tout jeter dans les toilettes (et risquer de boucher les toilettes avec des gros débris), soit pêcher les amas de cheveux mouillés avec les doigts. C’est dégoûtant.

Le filtre se trouve en haut du réservoir. Il reste globalement sec, mais il faut penser à le vérifier. La base de chargement s’encrasse aussi un peu avec le temps (résidus de boue sous le rouleau après l’autonettoyage), un coup d’éponge est nécessaire une fois par semaine.

Prix

Lancé officiellement à 579 euros, le FloorShine 880 se positionne en face des modèles « Pro » de la concurrence. C’est un peu cher payé vu l’absence d’accessoires.

Heureusement, on le trouve très régulièrement (et dès le lancement) autour de 450-480 euros.

Alternatives

Si vous avez le budget et que vous voulez le roi de la catégorie, visez le Tineco Floor One S9 Artist. Il est plus cher, mais ses roues motorisées sont encore plus fluides, l’écran est dingue et il sépare les déchets solides.

Regardez aussi du côté du Dreame H15 Pro. Il est très efficace et il parle français.

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Note finale du test
8 /10
Le Eureka FloorShine 880 est une brute de nettoyage. Il ne fait pas dans la dentelle, il frotte, il chauffe, il décape. Sa capacité à se coucher à plat et son autonettoyage à l'eau bouillante sont de vrais arguments qui changent la vie au quotidien. On sent que la marque a privilégié l'efficacité brute sur les gadgets connectés.

Achetez-le si vous voulez que vos sols soient désinfectés et séchés en un temps record sans vous casser le dos. Mais fuyez si vous êtes allergique à l'anglais ou si l'idée de mettre les mains dans une soupe de déchets ménagers pour vider le réservoir vous donne la nausée.

Points positifs de l'Eureka FloorShine 880

  • Autonettoyage à l'eau bouillante (100°C) vraiment efficace

  • Passe totalement à plat (180°) sous les meubles

  • Séchage du rouleau ultra-rapide (5 min)

  • Maniabilité excellente grâce aux roues motorisées

Points négatifs de l'Eureka FloorShine 880

  • Pas de séparation déchets solides/liquides (beurk)

  • Synthèse vocale uniquement en anglais

  • Quelques projections de gouttelettes vers l'avant

  • Radin sur les accessoires (pas de rouleau de rechange)

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