
Tesla a fait partie des premiers constructeurs à démocratiser la conduite autonome, avec notamment le lancement dès 2023 de son Autopilot. Au fil des années, sa technologie n’a cessé d’évoluer, jusqu’à l’arrivée du FSD (full self-driving) en 2020. D’abord proposé en version bêta aux États-Unis, il est désormais disponible pour tous les clients américains. Sur le papier, ce dernier est en mesure d’atteindre le niveau 3, et de conduire sans assistance du conducteur. Mais dans les faits, tout n’est pas parfait, bien au contraire.
Et même l’ancien responsable de la conduite autonome chez Uber s’est fait avoir. Dans un article publié par The Atlantic, Raffi Krikorian explique comment la conduite autonome « parfaite » développée par Tesla ne l’est pas tant que ça. Mais surtout, comment cette promesse risque de déresponsabiliser les conducteurs, qui ont bien trop confiance dans ces systèmes. Et lui-même en a fait les frais, puisqu’il a subi un grave accident au volant de sa Model X, alors que le FSD était activé.

Dans un virage, le comportement de la voiture change, et bien que le conducteur tente de reprendre la main, ce ne sera pas suffisant. Le véhicule vient s’écraser contre un mur et est complètement détruit. Par chance, les deux occupants n’ont subi que de légères blessures. Cependant, cet accident aura permis à Raffi Krikorian de constater que malgré ses connaissances dans le domaine de la conduite autonome, cela n’a pas suffi. Et cela à cause de ce qu’il appelle « le déclin de vigilance ».
Un comportement tout à fait humain
Les systèmes de conduite autonome progressent fortement d’année en année, au point de faire aussi bien qu’un humain, voire mieux. Ainsi, le rôle des conducteurs se limite à une simple supervision. Or, vu que dans 99 % du temps, tout se passe bien, le cerveau se met en quelque sorte en pause. Et lorsqu’il s’agit de reprendre la main en cas de défaillance, il est bien souvent trop tard. Car encore faut-il avoir le réflexe d’analyser rapidement la situation et de savoir quoi faire. Le tout alors que nous étions inactifs quelques secondes plus tôt.
Et cela peut arriver même à ceux qui possèdent déjà une solide expérience, comme dans le cas de Raffi Krikorian. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir fait ce constat, puisqu’un neurochirurgien avait déjà mis en garde contre ce phénomène. Il avait pointé du doigt le faux sentiment de sécurité au volant de ces autos, qui a tendance à déresponsabiliser le conducteur. Et ce même si le médecin avait également affirmé que la conduite autonome pourrait sauver de nombreuses vies. A condition que tout se passe sans accroc, bien sûr.

Pour rappel, le niveau 3 est déjà autorisé sur les routes européennes et autorise le conducteur à ne plus garder les mains sur le volant. Cependant, il doit rester en mesure de reprendre le contrôle en cas de souci. Ainsi, c’est toujours lui qui est responsable en cas d’accident. Mais pour le moment, seul le niveau 2 est réellement proposé chez nous, alors que Mercedes et BMW ont mis fin au niveau 3. Actuellement, il est donc obligatoire de garder le volant en main, même lorsque la conduite autonome est activée.
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