
Hier encore, une pub a surgi sur mon smartphone : un petit cube métallique, des serpentins en cuivre, une promesse de fraîcheur en 90 secondes, le tout prétendument signé par d’anciens ingénieurs de la NASA. Les avis clients frôlent l’extase, le compte à rebours annonce trois exemplaires restants. Ils comptent sur notre faiblesse en plein milieu d’une canicule.
L’ASA, le gendarme britannique de la publicité, vient d’alerter sur une vague de pubs pour de faux climatiseurs portables diffusées sur Facebook et YouTube, selon la BBC.

Les appareils se vendent entre 80 et 140 euros, avec des visuels qui semblent générés par IA et de faux avis clients décrivant des chutes de température spectaculaires. Le youtubeur Stuart Matthews, de la chaîne Proper DIY, en a acheté plusieurs pour les démonter : son modèle à 70 livres (environ 80 euros) s’est révélé être un simple petit ventilateur qui en vaut quelques-uns.
Le phénomène ne s’arrête pas à la Manche, puisque ces produits circulent depuis des années en France sous des noms qui changent à chaque saison. On a d’ailleurs relayé une des enquêtes de Clubic, à propos de l’EpiCooler.
L’arnaque n’est pas cantonnée aux petits vendeurs anonymes. De vraies marques introuvables servent aussi d’appât : comme le détaille Numerama, des fausses offres exploitant le nom du Midea PortaSplit ont même circulé sur Google Shopping.
Pour aller plus loin
EpiCooler : attention, derrière la mini-clim sans tuyau se cache une vaste arnaque
Un rafraîchisseur d’air déguisé en climatiseur
L’un des appareils démontés était vendu comme un climatiseur « à cartouche de refroidissement liquide ». À l’intérieur, Matthews a trouvé des ailettes en carton humidifiées par un filet d’eau. Autrement dit, un rafraîchisseur évaporatif bas de gamme. Cette technologie fonctionne à peu près en climat sec, mais elle charge l’air en humidité et perd tout intérêt quand l’atmosphère est déjà moite.

Un vrai climatiseur retire la chaleur de la pièce via un compresseur et l’évacue dehors, par une gaine ou une unité extérieure. Cette différence sépare un appareil qui fait baisser la température d’un appareil qui brasse de l’air tiède. Pour ne plus confondre les deux, notre guide pour décrypter une fiche technique de climatiseur (BTU, SEER, décibels) fait le tri.
Quant à la consommation « quasi nulle » vantée par ces pubs, elle mérite le même filtre. Un climatiseur qui refroidit vraiment consomme, et on a calculé ce que coûte réellement un climatiseur à l’usage. Même les vrais appareils ont leurs limites, d’ailleurs : on vous a expliqué pourquoi un climatiseur perd en efficacité en forte chaleur. Un cube à 80 euros sans compresseur ni évacuation ne risque pas de faire mieux.
Comment ne pas se faire avoir
L’ASA liste plusieurs signaux qui doivent mettre la puce à l’oreille :
- des promesses trop belles, comme un mini appareil censé refroidir de grandes pièces ;
- un storytelling à base d’« invention secrète » ou de percée industrielle ;
- des fautes d’orthographe et une marque incohérente d’une page à l’autre ;
- des avis clients trop parfaits pour être honnêtes.
En France, ce type de pub trompeuse se signale sur la plateforme SignalConso de la DGCCRF. Et si le besoin de fraîcheur est réel, autant mettre son budget dans du matériel qui fonctionne.

Notre comparatif des meilleurs climatiseurs mobiles recense des monoblocs testés, à installer en évitant les 5 erreurs qui plombent leur efficacité. Pour un cran au-dessus, le Midea PortaSplit reste la star de l’été, régulièrement en rupture de stock, avec une astuce pour le payer 250 euros de moins. Il existe aussi des pompes à chaleur murales sans unité extérieure, installables sans frigoriste. En copropriété, mieux vaut d’abord vérifier ce que dit la loi avant de fixer une unité extérieure, connaître les recours en cas de refus d’autorisation et savoir si installer un split soi-même est légal en France. Une fois équipé, l’Ademe a tranché la question de la clim allumée toute la journée.
Un appareil qui refroidit une pièce en 90 secondes pour 80 euros, ça n’existe pas, sinon Daikin et Mitsubishi auraient déjà mis la clé sous la porte. La climatisation reste une affaire de compresseur et de kilowattheures, pas de génie caché de la NASA. Ces pubs vendent surtout du vent, et encore, du vent tiède.
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