« Dix fois plus sûr » selon Elon Musk ? En fait, il y a quatre fois plus d’accidents pour les Tesla Robotaxi selon les premiers chiffres

 
Elon Musk nous a promis un monde où dormir au volant serait plus sûr que de conduire. La réalité au Texas vient de lui envoyer un violent rappel à l’ordre. Selon les dernières données, ses Robotaxis s’encastrent quatre fois plus souvent qu’un conducteur humain moyen.

Pour justifier l’existence des voitures autonomes, il y a un argument massue : elles doivent être meilleures que nous. Si une machine conduit moins bien qu’un humain fatigué ou distrait, quel est l’intérêt ? Tesla martèle depuis des années que son système est déjà plus sûr. Les données qui remontent d’Austin, au Texas, racontent une histoire radicalement différente.

La flotte de 43 véhicules autonomes de Tesla a parcouru environ 1,3 million de kilomètres (800 000 miles) en huit mois. Sur cette période, elle a enregistré 14 accidents sérieux. En faisant le calcul, on tombe sur une collision tous les 91 000 kilomètres environ. C’est un chiffre énorme. Pour comparaison, un conducteur humain moyen subit un incident mineur tous les 368 000 kilomètres.

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En clair, les Tesla se plantent exactement 4,018 fois plus souvent que vous et moi. On est très loin du facteur 10 promis par Elon Musk.

Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que ces miles ont été parcourus avec des superviseurs humains derrière le volant. Ces derniers ont probablement évité des dizaines d’autres crashs en pressant le bouton d’arrêt d’urgence. Sans eux, le bilan serait sans doute un carnage.

Le mythe de la sécurité « Vision-only »

Regardez le détail des incidents rapportés à la NHTSA, l’agence de sécurité routière américaine. La flotte a percuté cinq autres voitures, cinq objets fixes, un cycliste et même un animal.

Tesla refuse toujours d’utiliser des Lidars, ces capteurs laser qui cartographient l’environnement, préférant se reposer uniquement sur des caméras.

Le problème ? Cette approche semble montrer ses limites dans la vie réelle. Entre décembre 2025 et janvier 2026, Tesla a rapporté cinq nouveaux accidents. Cela signifie que plus d’un tiers des incidents ont eu lieu ces deux derniers mois. Au lieu de s’améliorer avec l’apprentissage machine, le système semble devenir plus instable à mesure que la flotte s’aventure sur les routes.

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Il y a aussi une question de transparence. En juillet 2025, un choc à seulement 3 km/h avec un SUV a été déclaré comme un simple dommage matériel. Cinq mois plus tard, Tesla a discrètement mis à jour le rapport : l’incident a en réalité causé une hospitalisation.

Un business model dans le mur

Au-delà de la sécurité, c’est toute la stratégie business qui s’effondre. Elon Musk affirmait que la flotte d’Austin serait dix fois plus grande à ce stade et qu’elle opérerait dans la moitié des États-Unis. On se retrouve avec 42 voitures actives et une disponibilité réelle inférieure à 20 % du temps. On est plus proche du projet pilote poussif que de la révolution des transports.

Pour le moment, ce ne sont pas des Tesla Cybercab qui roulent, mais des Model Y modifiés // Source : Robin Wycke pour Frandroid

Pour l’instant, le conducteur humain reste, de très loin, le système de conduite le plus fiable. Si vous habitez Austin, vous avez statistiquement plus de chances d’être impliqué dans un accident en montant dans un Robotaxi qu’en prenant un Uber classique.

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