La future Peugeot 208 électrique cache un secret chinois surprenant sous son capot

Chinois d'abord, maison ensuite

 
La prochaine Peugeot 208 100 % électrique démarrera sa carrière en 2027 avec un moteur chinois sous le capot, le temps que le bloc maison soit prêt en 2028. Un choix pragmatique qui en dit long sur l’état de l’industrie auto européenne.
Moteur de l’actuelle Peugeot e-208

Voilà une info que Stellantis n’a pas franchement mise en avant : la future 208, attendue au Mondial de l’Auto de Paris en octobre 2026, roulera d’abord avec un moteur électrique signé d’un fournisseur chinois. D’après une information des Échos, ce bloc sera fourni par Jing-Jin Electric Technologies (JJE). Pas un détail de fiche technique : le moteur, c’est le cœur de la voiture électrique.

La raison est simple, et elle est honnête : le moteur chinois est prêt avant le moteur européen. Le bloc maison, lui, ne débarquera que vers la mi-2028, soit environ un an après le lancement commercial du modèle. En attendant, Peugeot prend ce qui est disponible pour ne pas rater la fenêtre face à la Renault 5.

Le moteur chinois d’abord, le bloc maison ensuite

Concrètement, le calendrier se lit en deux temps. Au lancement, en 2027, c’est le moteur JJE qui anime la citadine. Puis, courant 2028, place à un bloc signé Emotors, la coentreprise entre Stellantis et le japonais Nidec.

L’usine de Trémery, en Moselle, en produira le rotor et le stator, l’assemblage final ayant lieu en Hongrie avec des composants Valeo. Autrement dit, c’est l’évolution du M3 d’Emotors, déjà sous le capot de l’actuelle e-208 depuis 2023.

Peugeot Polygon // Source : Peugeot

Reste une inconnue de taille : les caractéristiques techniques. Pour l’instant, ni Stellantis ni Peugeot n’ont communiqué la puissance, le couple, la capacité de batterie ou l’autonomie WLTP de la future 208 électrique. Pour mémoire, l’actuelle e-208 embarque le M3 d’Emotors, crédité de 115 kW (156 ch) et 260 Nm, pour une autonomie annoncée à 433 km. De quoi servir de point de repère en attendant la fiche technique officielle de la nouvelle génération.

Cette gymnastique n’a rien d’inédit chez Stellantis. Le groupe contrôle Leapmotor à 51 %, prépare l’ouverture de son site de Rennes au chinois Dongfeng, et son patron Antonio Filosa ne cache pas sa volonté de piocher chez les fournisseurs chinois pour gagner du temps et de l’argent.

C’est exactement la même logique que celle de Renault avec sa nouvelle Twingo, dont le moteur chinois sera produit en France. La filière européenne, sur l’entrée de gamme électrique, ne peut plus avancer sans Pékin.

Une 208 qui change de braquet

Au-delà du moteur, la nouvelle 208 marque une vraie rupture par rapport à l’actuelle. Elle abandonne la plateforme e-CMP pour la nouvelle base STLA Small, rebaptisée STLA One, dévoilée dans le cadre du plan stratégique récent du groupe.

Surtout, elle sera proposée uniquement en électrique, l’actuelle génération thermique étant prolongée en parallèle, sans doute jusqu’en 2030. Côté style, on connaît déjà sa signature : le volant Hypersquare et sa direction sans liaison mécanique avec les roues, une première sur une citadine.

Le tableau ci-dessous resitue le calendrier des deux motorisations annoncées pour la future 208.

MotorisationFournisseurOrigineDisponibilité
Au lancementJing-Jin Electric (JJE)Chine2027
EnsuiteEmotors (Stellantis-Nidec)France / Hongriemi-2028

Pour le client, l’origine du moteur n’est pas qu’une question de fierté industrielle. Les nouvelles aides du leasing social dépendent en partie de la provenance des composants : la prime de base est renforcée quand la batterie ou le moteur sont fabriqués en Europe.

Les premiers acheteurs de la 208 électrique pourraient donc être pénalisés par rapport à ceux qui patienteront jusqu’au bloc Emotors.

Sur le papier, la stratégie tient debout : mieux vaut une 208 électrique disponible à temps avec un moteur chinois fiable qu’un retard d’un an face à la Renault 5.

Ce mouvement s’inscrit dans le plan stratégique de Stellantis et ses partenariats chinois. Le seul vrai juge de paix sera l’essai : agrément, consommation et autonomie diront si ce moteur JJE vaut le bloc maison qu’il remplace temporairement. Stellantis n’a pas encore communiqué les chiffres de puissance, d’autonomie ni de prix : c’est sur ces données, et sur l’essai, que se jouera le verdict.


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