On a testé l’Anker eufyCam S4 et sa HomeBase S380, la caméra hybride Bullet-PTZ testée par un utilisateur eufy depuis 4 ans

L'hybride qui remplace deux caméras

 
Ça fait quatre ans que la maison tourne sous eufy, et mon investissement personnel dans ses caméras est important. Cette fois, direction la eufyCam S4 et sa HomeBase S380, le duo qui vient de rejoindre l’installation.
Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Bon, ce test n’est pas neutre. eufy, la marque de maison connectée d’Anker, un poids lourd de l’électronique grand public déjà connu pour ses chargeurs, ses batteries externes et ses robots aspirateurs, n’en est plus à son coup d’essai sur les caméras de sécurité.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Après quatre ans à équiper la maison avec ses produits, on connaît l’écosystème par cœur, ses forces comme ses travers, et l’arrivée de la eufyCam S4 avec sa HomeBase S380 était attendue de pied ferme. La promesse : une caméra hybride qui associe un objectif Bullet fixe à un double objectif PTZ motorisé, le tout sans jamais payer d’abonnement pour le stockage. On l’a installée dans une nouvelle maison, en complétant le parc au passage avec une caméra intérieure C220.

eufy n’est bien sûr pas la seule option du marché : pour qui hésite encore entre les marques, notre guide d’achat des meilleures caméras de sécurité reste le point de passage utile avant de s’engager dans un écosystème.

Fiche technique

CaractéristiquesAnker eufyCam S4
ModèleeufyCam S4 + HomeBase S380 (HomeBase 3)
Objectifs1 objectif Bullet 4K fixe (130°) + double objectif PTZ 2K (suivi 360°, zoom hybride x8)
Vision nocturneCouleur, IA eufy
AlimentationPanneau solaire détachable 5,5 W (SolarPlus 2.0), batterie amovible 10 000 mAh, ou USB-C pour un enregistrement continu
ÉtanchéitéIP65
Stockage caméra seule32 Go embarqués, extensible microSD jusqu’à 256 Go
Stockage HomeBase S38016 Go intégrés, extensible via disque dur externe jusqu’à 16 To
ConnectivitéWi-Fi 2,4 GHz
DétectionIA embarquée (individus, véhicules, animaux) + reconnaissance faciale BionicMind via la HomeBase
Sirène105 dB
CompatibilitéAlexa, Google Assistant, Apple HomeKit (via la HomeBase)
AbonnementAucun, stockage 100 % local
Prix testéKit de 2 caméras + HomeBase S380 à 799 €

Design et prise en main

Impossible de la rater : la eufyCam S4 assume un gabarit imposant, nettement plus massif qu’une caméra de surveillance classique. Le tube du double objectif PTZ, monté sous le boîtier principal, ne passe pas inaperçu. C’est le revers direct de sa polyvalence technique, mais si vous cherchez une caméra discrète, planquée dans une gouttière ou fondue dans un mur, ce n’est clairement pas elle qu’il vous faut. Elle assume au contraire une présence dissuasive, presque affichée comme un argument.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Le kit testé associe deux caméras S4, la HomeBase S380, les panneaux solaires détachables avec leurs câbles, et le nécessaire de fixation. Le panneau solaire de 5,5 W fait le travail, mais il faut lui trouver un vrai bon emplacement : quelques heures d’exposition quotidienne suffisent, encore faut-il que l’orientation de la maison le permette.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

eufy fournit heureusement un câble assez long pour désolidariser le panneau du boîtier et l’installer à un endroit mieux exposé. À défaut de soleil, la batterie amovible de 10 000 mAh prend le relais, et une alimentation USB-C permet même un enregistrement continu 24/7 si vous préférez brancher plutôt que gérer une charge. La certification IP65 couvre la pluie, la neige et la poussière sans souci.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Comment fonctionne le duo Bullet-PTZ

C’est l’argument technique central de la S4, présentée par eufy comme sa première caméra hybride de ce type : l’objectif Bullet du haut couvre un champ fixe à 130° en 4K, pendant que le double objectif PTZ du bas se charge du suivi et du zoom intelligent sur 360°. Dès que la caméra Bullet détecte un sujet, la partie PTZ se cale automatiquement dessus, le suit et zoome jusqu’à 50 mètres, avec un cadrage automatique qui dézoome dès qu’un autre sujet entre dans le champ pour ne rien perdre de la scène.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Concrètement, ça donne une vue d’ensemble stable en permanence, complétée par un gros plan qui se dirige tout seul là où il faut. Une seule caméra fait ainsi le travail qu’il fallait auparavant répartir entre un modèle fixe et un modèle motorisé.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Stockage et vie privée : zéro abonnement

C’est le pilier de l’écosystème eufy depuis le début, et ce qui nous y a fait rester quatre ans : tout se stocke en local, sans le moindre abonnement mensuel obligatoire pour accéder à ses vidéos. Chaque caméra embarque 32 Go de stockage, extensibles à 256 Go via une carte microSD, suffisant pour fonctionner en totale autonomie sans même passer par la HomeBase.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Associée à la HomeBase S380, la S4 profite en plus de 16 Go de stockage intégrés à la station, extensibles jusqu’à 16 To via un disque dur externe à brancher soi-même.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Face à des concurrents qui font payer un accès mensuel pour consulter ses propres enregistrements, l’argument reste solide, et c’est très concrètement ce qui rentabilise l’investissement sur la durée.

Un bémol de taille sur ce discours du « tout local » : eufy a déjà été pris en défaut sur ce terrain précis. Fin 2022, le chercheur en sécurité Paul Moore ont découvert que des caméras eufy vendues comme 100 % locales envoient malgré tout des images vers le cloud, accessibles sans chiffrement via un simple lecteur VLC.

Après plusieurs mois de démentis, Anker a fini par reconnaître début 2023 que ses flux n’étaient pas chiffrés de bout en bout comme promis, et s’est engagé à corriger le tir. La marque a depuis renforcé son chiffrement, mais l’épisode invite à prendre les promesses de confidentialité avec un minimum de recul.

Anker eufyCam S4 // Crédits : Frandroid

Petite précision utile : la HomeBase n’a rien d’obligatoire. La eufyCam S4 peut parfaitement se connecter en direct au Wi-Fi de la maison et fonctionner de façon totalement autonome, avec son IA embarquée et ses 32 Go de stockage local. C’est d’ailleurs comme ça que tourne une de nos deux caméras, câblée en direct sur le réseau sans jamais passer par la station. La HomeBase reste un supplément facultatif : la reconnaissance faciale BionicMind, un stockage nettement plus généreux et extensible via disque dur externe, et surtout un enregistrement en continu avec des photos prises à intervalles réguliers, ce qui préserve la batterie de la caméra puisque celle-ci n’a plus besoin de se réveiller elle-même à chaque détection pour tout filmer. Elle sert aussi de point central dès qu’on possède plusieurs caméras eufy, pour le suivi intercaméras et une gestion unifiée du parc. Bref, la S4 seule couvre déjà l’essentiel ; la HomeBase, elle, transforme l’installation en vrai système de sécurité coordonné.

À l’usage : du sérieux, avec quelques limites

Sur la qualité d’image, rien à redire : la vidéo 4K est nette de jour, avec des détails exploitables même en zoomant, jusqu’à distinguer une plaque d’immatriculation à bonne distance grâce au zoom hybride x8.

La vision nocturne en couleur tient également ses promesses : les images restent contrastées et lisibles même dans une obscurité quasi totale, loin des rendus verdâtres et granuleux qu’on associe encore trop souvent à la surveillance nocturne. Le suivi intelligent est fluide : dès qu’un sujet est détecté par l’objectif Bullet, le passage de relais vers le PTZ se fait en une seconde ou deux, sans à-coups ni perte de cadrage, et le zoom automatique suit le mouvement sans décrochage notable, même sur une personne qui marche d’un bon pas.

Les notifications, elles, arrivent vite : entre le déclenchement et la réception de l’alerte sur le téléphone, il s’écoule rarement plus de quelques secondes, de quoi laisser le temps de réagir en conditions réelles. La reconnaissance faciale de la HomeBase distingue efficacement les visages familiers des inconnus une fois la bibliothèque de visages entraînée, et la sirène intégrée a de quoi surprendre un rôdeur. Après avoir pris le temps de régler les zones de détection, le filtrage des alertes devient franchement bon : on arrête de recevoir une notification à chaque passage de chat ou de branche qui bouge.

L’écosystème, le vrai argument

C’est sans doute ce qui fait la vraie force de la S4 : elle s’intègre à un écosystème déjà installé plutôt que de fonctionner seule. On a complété le parc avec une caméra intérieure C220, et tout cohabite sans accroc dans la même application eufy, avec un suivi intercaméras qui fonctionne quel que soit le modèle associé. L’application elle-même est complète, bien pensée, et centralise vraiment tout : réglages de zones, historique, notifications, gestion du stockage. Pour qui possède déjà des caméras eufy, ajouter la S4 au parc ne demande aucun effort particulier.

L’application eufy, le vrai centre de contrôle

C’est là que tout se joue au quotidien, et l’application eufy fait honnêtement bien le travail. Le tableau de bord centralise l’ensemble du parc caméra par caméra, avec une frise chronologique claire des événements enregistrés. Le tri devient vite indispensable dès qu’on a plusieurs caméras actives : l’application permet de filtrer les événements par visage reconnu ou par type d’objet détecté (personne, véhicule, animal) en un clic, et propose un résumé quotidien qui évite de rejouer des dizaines de clips pour retrouver le bon moment.

En direct, le flux vidéo se charge en quelques secondes à peine, avec un vrai joystick tactile pour piloter manuellement l’objectif PTZ de la S4 et regarder où on veut, en plus du zoom numérique classique. Un bouton permet de prendre un instantané ou de lancer l’audio bidirectionnel pour parler directement à travers la caméra, pratique pour dissuader un visiteur indésirable ou simplement héler quelqu’un depuis le canapé. Les clips s’exportent facilement en local pour garder une preuve, sans dépendre d’un cloud qui pourrait fermer du jour au lendemain.

Côté notifications, chaque caméra et chaque zone se règlent indépendamment : on peut couper les alertes d’une caméra donnée sur certaines plages horaires, ou n’être notifié que pour la détection de personnes sur une zone précise du jardin tout en ignorant le reste. Plusieurs comptes peuvent aussi accéder au même système, pratique pour partager l’accès avec le reste de la famille sans partager un unique identifiant. La gestion des zones de détection se fait directement à l’écran, en dessinant les contours voulus sur l’image de la caméra et en ajustant leur sensibilité, et chaque modification prend effet immédiatement, sans redémarrage ni synchronisation à rallonge. Seul bémol, assez commun sur ce type d’application : la bibliothèque de visages pour la reconnaissance faciale demande un peu de patience au démarrage, le temps qu’elle apprenne à reconnaître chaque membre du foyer sous plusieurs angles et tenues différentes.

Les compromis techniques

Tout n’est pas parfait pour autant. En mode double caméra, quand le Bullet et le PTZ travaillent simultanément, l’enregistrement n’est pas toujours en véritable 4K natif, un compromis nécessaire pour tenir le débit et l’autonomie. La détection de véhicules, annoncée comme un argument fort, se montre par ailleurs inconstante selon l’angle et la distance.

Autre limite plus structurelle : la connectivité se limite au Wi-Fi 2,4 GHz, sans option 5 GHz. Dans un environnement très chargé en réseaux sans fil, ça peut se traduire par quelques ralentissements ou déconnexions ponctuelles.

Le point noir : hors de l’application eufy, la galère

C’est le vrai reproche qu’on adresse à l’écosystème eufy, et il ne date pas de cette S4 : passé le cercle de l’application maison, tout se complique. eufy ne propose aucune API locale officielle pour ses caméras : même quand la HomeBase stocke les images en local, les échanges passent par un protocole propriétaire fermé. Résultat, l’intégration avec Home Assistant ou d’autres solutions domotiques repose sur des projets communautaires qui font de la rétro-ingénierie de ce protocole, avec toute la fragilité que ça implique : un conteneur séparé est parfois nécessaire pour faire le pont, les mises à jour de l’app ou du firmware de la HomeBase cassent régulièrement ces intégrations tierces, et certains flux vidéo remontent avec une latence notable.

Pour quelqu’un qui pilote sa maison depuis une solution domotique maison, c’est frustrant : tout fonctionne à merveille dans son propre silo eufy, beaucoup moins bien dès qu’on veut en sortir.

Prix et alternatives

Le kit testé, deux caméras S4 plus la HomeBase S380, coûte 799 €. Une caméra S4 supplémentaire pour agrandir le parc se facture 349 €, et la HomeBase S380 seule 249 € si vous partez d’un autre modèle eufy déjà installé. C’est cher, clairement, et sans abonnement à payer derrière, l’investissement se rentabilise uniquement sur la durée, à comparer avec ce que coûterait un abonnement mensuel chez la concurrence sur plusieurs années. Pour se faire une idée des tarifs pratiqués ailleurs, notre guide d’achat des meilleures caméras de sécurité détaille les prix de la concurrence, abonnement compris ou non.

Côté calendrier, la eufyCam S4 n’est pas une nouveauté toute fraîche : Anker a lancé ce modèle Bullet-PTZ en septembre 2025, puis l’a rendu disponible en Europe dans la foulée, via Amazon et la boutique eufy. Un modèle déjà installé sur le marché, donc, ce qui laisse le temps aux mises à jour logicielles de mûrir.

Pour situer la S4 dans la gamme eufy, voici où elle se place face à ses cousines les plus proches :

ModèlePrix (caméra seule)DéfinitionPanneau solaireSuivi Bullet-PTZCadrage autoAntivol
eufyCam S4349 €4K + Dual 2KDétachableOuiOuiOui
eufyCam S3 Pro279 €4KDétachableNonNonOui
eufyCam 3312 €4KIntégréNonNonOui
SoloCam S340199,99 €3K + 2KDétachableNonNonNon

La S4 reste la seule à proposer le duo Bullet-PTZ et le cadrage automatique : c’est elle qui justifie l’écart de prix avec le reste de la gamme, bien plus que la seule définition.

Les alternatives si l’écosystème fermé est rédhibitoire

Si le verrouillage de l’écosystème eufy décrit plus haut est un vrai problème pour vous, notamment pour une intégration domotique poussée, il existe des pistes. Reolink mise sur des caméras compatibles RTSP et ONVIF en natif, ce qui les rend nettement plus simples à intégrer dans Home Assistant ou un NVR local, au prix d’une app et d’une IA de détection moins abouties que chez eufy. Chez Ubiquiti, l’écosystème UniFi Protect pousse encore plus loin la logique du tout local et de l’intégration domotique, mais impose d’investir dans son propre matériel réseau plutôt que de simplement brancher une HomeBase sur la box. À l’autre bout du spectre, Ring et Nest (Google), toutes deux détaillées dans notre guide d’achat des meilleures caméras de sécurité, offrent une intégration soignée avec leurs assistants respectifs et une app tout aussi complète que celle d’eufy, mais réservent la plupart des fonctions avancées à un abonnement mensuel, ce qui inverse complètement l’équation économique sur la durée. eufy reste, pour l’instant, le meilleur compromis entre matériel premium, zéro abonnement et app soignée, à condition d’accepter de rester dans son jardin clos.

Pour aller plus loin
Quelles sont les meilleures caméras de surveillance en 2026 ?


Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.

Note finale du test
9 /10
Après quatre ans dans l'écosystème eufy, la S4 confirme ce qu'on savait déjà : la marque sait faire du matériel solide, avec une vraie qualité d'image et un vrai argument sur le stockage sans abonnement. Le duo Bullet-PTZ est une évolution technique convaincante, pas un simple argument marketing. Mais deux points pèsent lourd dans la balance : le prix, qu'il faut accepter de rentabiliser sur la durée, et surtout l'écosystème fermé, pénible dès qu'on sort du cadre de l'app eufy pour tenter une intégration domotique maison. Entre le 9 et le 8 sur 10, on pencherait plutôt pour le 8 : l'exécution est excellente dans son propre silo, mais un produit qui verrouille autant l'accès à ses propres données ne mérite pas le maximum, aussi bon soit le matériel. Si l'idée de s'engager dans un écosystème fermé vous freine, notre guide d'achat des meilleures caméras de sécurité reste la meilleure porte d'entrée pour comparer toutes les options du marché.

Points positifs
Anker eufyCam S4

  • Matériel solide : capteurs, optiques et vision nocturne couleur de très bon niveau

  • Duo Bullet-PTZ avec cadrage automatique, une vraie évolution technique

  • Zéro abonnement, stockage 100 % local et extensible

  • Alimentation flexible : solaire, batterie amovible ou USB-C, certifiée IP65

  • Écosystème complet et cohérent, facile à agrandir

Points négatifs
Anker eufyCam S4

  • Prix élevé, à rentabiliser sur la durée

  • Design massif et très visible, à l'opposé de la discrétion (ce qui peut être positif)

  • 4K pas toujours native en mode double caméra, détection véhicule inconstante

  • Wi-Fi 2,4 GHz uniquement

  • Écosystème fermé, intégration tierce (Home Assistant et consorts) laborieuse

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