Si des marques comme Beelink ou Geekom sont parvenues à vite se faire un nom, NiPoGi garde une relative confidentialité. Elle a pourtant été une des premières distribuées par des revendeurs comme Amazon et l’Hyper H2 est d’ailleurs aujourd’hui bien en vue sur la célèbre plateforme américaine.
Au passage, l’Hyper H2 remet au goût du jour l’architecture Raptor Lake d’Intel grâce au refresh réalisé en début d’année 2024. Oui, le Core i5-14450HX de l’Hyper H2 a déjà deux ans. Alors, au-delà de son prix, se pose la question de la pérennité d’un mini-PC dont la solution graphique intégrée (iGPU) semble déjà dépassée.
Fiche technique
| Modèle | NiPoGi Hyper H2 |
|---|---|
| Dimensions | 128 mm x 128 mm x 44 mm |
| Processeur (CPU) | Intel Core i9-14900HX |
| Puce graphique (GPU) | Intel UHD Graphics |
| Mémoire vive (RAM) | 16, 32, 64 Go |
| Mémoire interne | 512, 1024, 4096 Go |
| Norme wifi | Wi-Fi 6E |
| Version du Bluetooth | 5.2 |
| Système d’exploitation (OS) | Microsoft Windows 11 Pro |
| Fiche produit |
Le test a été réalisé à partir d’un produit prêté par NiPoGi.
Un châssis plus original que de coutume
On dit souvent que rien ne ressemble plus à un mini-PC qu’un autre mini-PC. L’Hyper H2 ne révolutionne pas la conception de ces petites machines, mais le fait est qu’il se distingue un peu de la masse grâce à quelques choix originaux et plutôt heureux, en premier lieu desquels la robe argentée. Aux yeux de certains, elle donnera un côté peut-être un peu trop clinquant au PC, mais pour beaucoup d’autres, elle change agréablement des sempiternels boîtiers noirs ou anthracite.

Autre subtilité qui rend l’Hyper H2 agréable à l’œil : les coins arrondis. Ça n’a l’air de rien mais ça casse un peu l’aspect « brique » que peuvent avoir de nombreux mini-PC. De plus, NiPoGi a réalisé une découpe dans la partie supérieure du boîtier et laisse ainsi apparaître des éléments « cuivrés » que l’on pourrait croire être le dissipateur. Cela se marie bien avec l’argent de la machine et crée un joli contraste.
Vous l’aurez compris, nous apprécions le design de cet Hyper H2, un peu moins les matériaux utilisés : en effet, NiPoGi a largement misé sur des éléments en plastique avec, seulement, quelques parties en métal. Cela ne se ressent pas trop en regardant la machine, mais au toucher, cela donne l’impression d’un mini-PC moins qualitatif et nuit sans doute à sa robustesse/longévité.
Côté dimensions, rien de bien extraordinaire, nous restons ici dans la catégorie de vrais mini-PC, quand bien même il en existe de plus petits encore. L’Hyper H2 repose sur une base parfaitement carrée de 130 millimètres de côté. Son épaisseur, contenue, est de 48 mm et la bête n’accuse que 590 grammes sur la balance. Pour le coup, merci l’usage du plastique. Comme souvent, une alimentation externe accompagne le PC. Elle mesure 98 x 65 x 23 mm et son poids est d’environ 225 g.

HDMI, DisplayPort et des USB en pagaille !
Sur l’avant de la machine, on note déjà la présence de trois ports USB : deux en Type-A et un en Type-C, mais à chaque fois, il est question d’USB 3.2 Gen 2 (10 Gbps). Bon point. Un connecteur jack 3,5 mm offre un combo audio casque/micro et, juste à côté, on découvre le bouton de mise sous tension, lequel intègre une LED de contrôle. Une façade richement dotée donc, mais qui fait malgré tout l’impasse sur les technologies les plus récentes, USB4 en tête.
Sur l’arrière de l’Hyper H2, la connectique est, logiquement, plus riche encore. Là, on peut carrément compter sur un petit paquet de quatre ports USB en Type-A. Hélas, ils ne sont « qu’en » USB 3.2 Gen 1 et se limiteront donc au 5 Gbps. Petit regret également, le port HDMI est en 2.0 « seulement », il se limitera au 4K@60 Hz. En revanche, bon point, il est épaulé par un connecteur DisplayPort 1.4b (4K@60 Hz), pour plus de polyvalence.

Toujours sur l’arrière du mini-PC se trouvent le connecteur d’alimentation – hélas, toujours pas en USB-C – et un port Ethernet RJ45. Là, nous sommes déçus de voir qu’il n’est que Gigabit (10/100/1000 Mbps). Il s’agit sans doute d’une manière de faire de petites économies et cela suffit dans bien des usages, mais ça fait un peu vieillot. Puisque nous parlons de regrets, mais il s’agit sans doute encore de faire des économies, pas de port OCuLink, USB4 ou Thunderbolt à se mettre sous la dent.
Des accessoires limités au support VESA
Si la partie connectique aura été l’occasion de souffler le chaud et le froid, aucune surprise du côté des accessoires. En effet, avec l’Hyper H2, NiPoGi ne propose rien de plus ni rien de moins que la majorité de ses concurrents avec… presque rien à se mettre sous la dent.

Notons tout de suite que, contrairement à certaines autres marques, NiPoGi met pour ainsi dire toujours un point d’honneur à autoriser la fixation VESA de ses mini-PC. C’est une nouvelle fois le cas ici avec l’Hyper H2 qui dispose de deux trous sous le châssis et d’un petit morceau de métal pour permettre la pose derrière un moniteur par exemple. Pratique.

Pour le reste, c’est donc, une fois encore, très basique. Une minuscule notice d’utilisation revient justement sur le système de fixation et donne quelques précisions sur la connectique. Un câble secteur (≈ 2 mètres) et un câble HDMI (≈ 1,8 m) sont également de la partie, mais c’est tout. Par exemple, aucun câble réseau n’est livré, mais NiPoGi ne fait pas pire que ses concurrents.
Windows 11 presque prêt à l’emploi
Depuis que nous testons des mini-PC à Frandroid, nous n’avons jamais vu de modèle qui soit proposé « nu » ou avec un Linux. Dans tous les cas de figure, c’est toujours un Windows qui est proposé par les fabricants. Microsoft est parvenu à imposer son Windows 11 sur toutes les machines, et ce, quel que soit leur prix. C’est donc une nouvelle fois le cas ici.

L’Hyper H2 est livré avec un Windows 11 en édition dite « professionnelle » préinstallé sur le SSD de la machine. Cette préinstallation est la norme et permet de gagner un temps certain au moment du déploiement. En effet, une fois l’Hyper H2 branché, il suffit de l’allumer pour arriver sur les écrans de finalisation de l’installation : quelques questions sont posées avant que l’on se retrouve sur le bureau d’un Windows prêt à l’emploi.

Petite précaution utile : pour que cette opération de finalisation soit la plus courte possible, il est conseillé de ne pas brancher de câble Ethernet au mini-PC. De la même manière, ne connectez pas la machine au réseau Wi-Fi lors de cette étape. Cela évite que Windows débute ses mises à jour au moment de cette finalisation : il sera toujours temps de les faire plus tard et vous pourrez utiliser votre PC sans attendre.

Il faut effectivement savoir que NiPoGi – comme les autres fabricants de mini-PC – ne peut suivre les mises à jour opérées par Microsoft ou Intel. De fait, une fois arrivé sur le bureau de Windows, il restera pas mal de petites mises à jour à effectuer pour le système d’exploitation, mais aussi pour les pilotes graphiques et ceux du chipset.
Et à l’usage, ça tourne comment ?
Il faut savoir que l’Hyper H2 est l’occasion pour NiPoGi de revenir sur des mini-PC à base Intel. Des mini-PC car il n’existe en réalité pas un Hyper H2, mais une large gamme conçue autour de trois processeurs en génération Raptor Lake et de quelques options en mémoire vive et espace de stockage. Pour ce test, nous avons retenu la version la plus minimaliste.
Une version qui repose toutefois sur le même châssis et, donc, s’ouvre de la même manière pour aller voir un peu le détail des composants. Une fois n’est pas coutume, il n’est pas question de retourner le mini-PC pour retirer les vis : NiPoGi utilise un ingénieux système de loquet sur l’arrière du PC : une vis bloque le système et, celle-ci retirée, on peut décaler le loquet, la plaque supérieure de l’Hyper H2 se retire sans difficulté aucune. Là, il faut encore retirer quatre vis pour être en mesure de retirer la seconde plaque, celle qui protège les composants.
Cette seconde plaque permet aussi de maintenir en place le pad thermique qui sert à dissiper la chaleur du SSD. Notons au passage qu’en retirant ces diverses plaques, on voit bien que les éléments cuivrés évoqués précédemment n’ont rien à voir avec le système de refroidissement du processeur : il s’agit simplement d’éléments décoratifs en plastique. La plaque retirée, nous accédons donc à la mémoire vive et aux SSD. Deux emplacements SO-DIMM pour la première et deux emplacements M.2 2280 pour les seconds. Dans les deux cas, seul un emplacement est occupé : par 16 Go de DDR4-3200 et par un Rayson PCIe Gen 4 de 512 Go.
Il sera donc très simple de faire évoluer la machine en ajoutant une barrette de SO-DIMM pour la mémoire vive et/ou un SSD M.2 pour le stockage. Notez également qu’un troisième emplacement M.2 est réservé à la carte sans-fil : basique, elle offre du Wi-Fi 6 et du Bluetooth 5.2, mais NiPoGi a astucieusement placé les antennes pour qu’elles ne gênent pas le moins du monde. En revanche, comme sur tous les autres mini-PC, nous n’aurons pas accès à plus de composants : le processeur est bien « caché » par son système de refroidissement et s’embêter à l’atteindre n’aurait guère de sens puisqu’il est soudé à la carte mère.
Dans notre cas, il s’agit d’un Intel Core i5-14450HX. Il date de 2024 et se montre très capable grâce à ses 10 cœurs/16 threads cadencés jusqu’à 4,8 GHz et ses 20 Mo de mémoire cache. De plus, cette puce est relativement sobre avec un TDP de 55 watts. Hélas, elle est associée à un Intel UHD pour la partie graphique : une solution qui ne pourra offrir de grandes performances. Nous l’avons mise à l’épreuve avec 3DMark et nos scènes de prédilection. Sans surprise, elle est perdue sur Steel Nomad (33 points), en difficulté sur Time Spy Extreme (202 points) et tout juste passable sur Fire Strike (1348 points), pourtant une scène relativement légère.
Dans la foulée, nous avons décidé de poursuivre l’épreuve graphique avec, cette fois, deux vrais jeux vidéo : vous en avez l’habitude, nous utilisons ici Forza Horizon 5 et Shadow of the Tomb Raider afin de garder le côté « grosse production », mais sans non plus mettre au supplice nos mini-PC. Hélas, en 1280 x 720 avec un niveau de détails poussé au maximum, c’est la catastrophe : 9 images par seconde pour Tomb Raider et 7 ips pour Forza !
Pire encore, même en essayant de jouer sur ce niveau de détails, il est impossible d’obtenir quelque chose de praticable. En détails « très bas », Shadow of the Tomb Raider reste absolument injouable à 19 ips et Forza Horizon 5 ne fait guère mieux à 22 ips. Autant être clair donc, l’Hyper H2 ne sera en aucune mesure capable de faire des jeux un tant soit peu exigeants. Plus gênant encore, même des titres relativement sobres risquent de poser problème.
Nous enchaînons toujours les tests jeux vidéo avec quelques titres indépendants, mais là, tout ne s’est pas passé comme prévu. Un jeu comme Horizon Chase Turbo nous aura donné du mal : en solo, ça passe, mais en écran partagé à deux joueurs, ce n’est plus parfaitement fluide. De la même manière, sur Unrailed, nous avons noté de petites sautes dans l’animation. Il faudra donc se montrer extrêmement prudent pour jouer avec ce mini-PC qui pourra toutefois faire de jolies choses en émulation, mais guère plus.

Les velléités ludiques de la machine sont largement handicapées par l’Intel UHD Graphics intégré à la puce. En revanche, les 10 cœurs Raptor Lake devraient lui permettre d’être plus à l’aise dans d’autres domaines. Sur Cinebench 2024, avec 108 points en test simple-cœur et 621 points en test multicœurs, l’Hyper H2 fait ainsi bien mieux que le Geekom A5 Pro testé il y a peu. Ce dernier était pourtant bien plus à l’aise sur notre sélection de jeux vidéo.

Un bon comportement du CPU de notre Hyper H2 qui se retrouve sur PCMark, outil généraliste qui a la faculté de simuler de nombreuses activités, depuis la bureautique simple jusqu’à la modélisation 3D, en passant par la retouche photo, le montage vidéo ou la visioconférence. Le groupe d’activités « essentials » permet à l’Hyper H2 de bien se comporter (7145 points), un peu en retrait par rapport au Geekom A5 Pro (8022 points), mais rien de dramatique. C’est encore un peu mieux en digital content creation avec 4801 points contre 4966. En revanche, avec 10908 points contre 13116, c’est le grand écart en productivity. L’Hyper H2 ne sera pas une machine multimédia, mais un mini-PC très capable pour des tâches simples.
Du fait de la forte inflation que connaît la NAND, les fabricants de mini-PC généralisent maintenant les petites capacités : l’Hyper H2 ne déroge pas à la règle avec un modèle Rayson de seulement 512 Go. Il s’agit cependant d’un SSD PCIe Gen 4 et cela se ressent sur CrystalDiskMark : les performances sont plus que correctes. En lecture séquentielle, on approche les 5 Go/s, mais il faut se contenter d’un peu moins de 3 Go/s en écriture séquentielle.
À l’usage, de tels débits sont plus que suffisants, surtout que, nous l’avons dit, l’Hyper H2 n’est pas un monstre de puissance. Pour de multiples activités du quotidien, il est à l’aise et nous n’avons pas rencontré de problème sur les deux semaines de test. Nous avons même pu faire un peu d’encodage vidéo. Rappelons que, si besoin, il sera assez simple de passer à 32 Go de RAM en ajoutant une seconde barrette et, ainsi, d’activer le double-canal, lequel, sans faire de miracles, devrait améliorer la situation de l’iGPU.
Consommation et chauffe
Comme sur la plupart des mini-PC sur le marché, la question de la chauffe est épineuse. Les fabricants ne disposent pas de beaucoup de place pour déployer un dissipateur de grande taille et le flux est logiquement limité. Dans le cas de l’Hyper H2, NiPoGi évoque un « ventilateur haute vitesse silencieux », un dissipateur à ailettes fines et des caloducs en cuivre pour refroidir le tout.

Dans les faits, cela fonctionne de manière correcte et le processeur tourne généralement autour des 70 °C. Mieux, même les tâches les plus lourdes sont loin de mettre le CPU « en sécurité » : on ne dépasse jamais les 80 °C. Il est bon de préciser que le SSD est bien isolé du processeur puisque même lorsque ce dernier est plus chaud, le Rayson plafonne à 50 °C. Bien sûr, la puissance limitée de la machine aide bien, mais la chauffe est donc maîtrisée.

Autre point intéressant, même s’il n’est pas possible de parler d’un ventilateur « silencieux » comme le fait NiPoGi, la « turbine » ne monte pas trop dans les décibels. On travaille confortablement même lorsque le PC est au plus chaud : le ventilateur reste raisonnable. Attention cependant, le bruit émis est un peu plus aigu que sur certains modèles, ça peut être considéré comme gênant. Comme souvent, aucun système de gestion du ventilateur n’est accessible via le BIOS du PC.

Enfin, notons une petite surprise avec la consommation relevée au plus fort de la charge : nous avons pu mesurer jusqu’à 93,4 watts ! C’est énorme pour une si petite machine, mais NiPoGi avait prévu le coup puisque l’Hyper H2 est accompagné d’une alimentation de 120 W. Rassurez-vous, un tel niveau ne se mesure qu’en crête : la consommation en forte charge tourne plutôt autour des 70 W et en usage quotidien, nous tournions autour des 45 W.
Prix et disponibilité
L’Hyper H2 est d’ores et déjà disponible chez plusieurs revendeurs français, et ce, depuis plusieurs semaines. Il s’agit d’un modèle relativement accessible que l’on place dans la catégorie des machines d’entrée de gamme « plus », mais l’inflation actuelle perturbe les prix.
C’est ainsi que malgré son petit processeur Intel Core i5-14450HX, ses « seulement » 16 Go de DDR4 pour la mémoire vive et son SSD de 512 Go, l’Hyper H2 est vendu selon les enseignes entre 410 et 500 euros. Compte tenu de la conjoncture, le prix reste intéressant, mais nous sommes loin des tarifs d’il y a un an. Rappelons aussi qu’il existe des variantes plus musclées, plus onéreuses.
Ainsi, NiPoGi distribue le même Hyper H2 en version 32 Go de RAM + SSD de 1 To entre 500 et 580 euros. D’autres versions disposent du Core i7-14650HX ou du Core i9-14900HX. Logiquement, elles sont encore un peu plus chères, à respectivement environ 650 et 720 euros. Attention, nettement plus puissant, leur processeur est aussi de nature à chauffer davantage.




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