Alors que le coût de la mémoire vive explose, le marché des mini-PC reste – pour combien de mois encore ? – relativement épargné par cette dramatique inflation. Cela dit, même sur secteur, il devient difficile de dénicher des configurations abordables dotées de 32 Go de mémoire… sauf à s’équiper en DDR4 et c’est tout l’intérêt de certains mini-PC comme le petite dernier de Beelink.
Forcément, certains utilisateurs crieront au scandale et au manque d’anticipation quant à l’avenir. Ils n’ont pas complètement tort, reste que l’utilisation de DDR4-3200 permet à Beelink de nous proposer l’EQi13 Pro avec 32 Go à moins de 600 euros (589 euros de prix public conseillé) s’il est accompagné d’un SSD de 512 Go. Impossible d’en dire autant des configurations en DDR5.
Fiche technique
| Modèle | Beelink EQi13 Pro |
|---|---|
| Écran tactile | Oui |
| Processeur (CPU) | Core i7-13620H |
| Puce graphique (GPU) | Intel UHD Graphics |
| Mémoire vive (RAM) | 32 Go |
| Mémoire interne | 500, 1024 Go |
| Norme wifi | Wi-Fi 6 (ax) |
| Version du Bluetooth | 5.2 |
| Système d’exploitation (OS) | Microsoft Windows 11 Pro |
| Fiche produit |
Le test a été réalisé à partir d’un produit prêté par Beelink.
Toujours aussi petit… mais l’alimentation intégrée
Au premier coup d’œil posé sur le Beelink EQi13 Pro, le format est tout ce qu’il y a de plus classique pour un mini-PC : il s’agit d’un parallélépipède d’à peine plus de 44 millimètres d’épaisseur reposant sur une base strictement carrée de 126 mm de côté. Il ne s’agit certes pas du plus petit mini-PC que nous ayons pu découvrir à Frandroid, mais il fait incontestablement partie des meilleurs : le volume total n’excède pas 0,7 litre alors que le Geekom A9 Max, par exemple, atteignait 0,83 litre.

Esthétiquement, et cette fois un simple coup d’œil à nos photos suffira à vous en convaincre, on ne peut pas dire que Beelink ait fait dans l’originalité débridée. L’EQi13 Pro est calqué sur les modèles précédents de la gamme qui, eux-mêmes, s’inspiraient beaucoup des standards du genre : la robe est uniformément gris-argent, aucune protubérance n’est à signaler et aucun élément ne sort réellement de l’ordinaire. Ainsi, il n’est même pas question d’un lecteur de cartes SD comme chez certains concurrents… Mais nous allons un peu vite en besogne car un rapide regard sur les connecteurs suffit pour révéler LA spécificité de la gamme.
Nous l’avons effectivement déjà indiqué en introduction, la gamme EQ de Beelink est une des très rares dans le monde du mini-PC à ne pas en passer par une brique d’alimentation externe. Ce qui a une incidence évidente sur la simplicité d’installation, de transport et d’usage : pas question de boîtier « qui traîne » en plus du PC en lui-même. En revanche, il faut reconnaître qu’en cas de panne, la réparation sera moins simple : il vous faudra mettre les mains dans le cambouis même si, au moins, les alimentations internes utilisées par Beelink sont le plus souvent disponibles sur le Net, notamment via des plateformes telles AliExpress.
L’intégration de l’alimentation a un impact évident sur le poids de l’EQi13 Pro qui, au sortir de sa boîte, paraît bien plus dense que nombre de mini-machines. En réalité, c’est surtout sa taille qui est à l’origine de ce sentiment car la bête ne pèse que 610 grammes. Rien de monstrueux.

Une connectique riche, mais parfois datée
L’absence de brique externe et l’intégration de l’alimentation au sein du mini-PC change aussi le plus logiquement du monde la connectique embarquée : le classique jack d’alimentation est ici remplacé par un port deux broches tout ce qu’il y a de plus standard. Il est complété par une connectique nombreuse – comme c’est souvent le cas avec les mini-PC – mais qui souffle le chaud et le froid : ainsi, nous avons certes droit à deux ports RJ45, mais il ne s’agit que de ports 1 GbE. À l’heure où le 2,5 GbE se généralise, c’est regrettable.

De la même manière, si Beelink intègre deux prises HDMI, celles-ci ne sont qu’à la norme 2.0, soit parfaites pour de la 4K à 60 images par seconde, mais pas plus. Nous aurions aussi aimé disposer d’un DisplayPort. Enfin, pour terminer sur la face arrière de la machine, l’USB semble de prime abord plutôt bien fourni : 1 port USB 2.0 (480 Mbps) et 2 ports USB 3.2 (10 Gbps), le tout en USB-A. Hélas, vous l’aurez compris, pas le moindre port USB4 et/ou Thunderbolt pour faire bonne mesure. Aucun USB ne semble non plus prévu pour gérer l’affichage.
Sur la face avant de l’EQi13 Pro, les choses sont logiquement plus spartiates. Un bouton de mise sous tension et une LED de contrôle sont présents sur la droite tandis que deux ports USB 3.2 (10 Gbps) sont présents : l’un en USB-A et l’autre en USB-C. Ils sont complétés par un jack audio (casque/micro) et, chose assez rare, par un petit bouton pour le Clear CMOS. Reconnaissons que ce dernier point nous a agréablement surpris, mais disposer d’un troisième USB n’aurait pas été de refus. Enfin, aucun autre connecteur sur les côtés de la machine pas plus que, nous l’avons dit, de lecteur de cartes.

Accessoires : Waterloo morne plaine
Si vous consultez régulièrement nos tests de mini-PC ou si vous vous intéressez vous-mêmes à cette catégorie de machine, vous en avez l’habitude : ils ne brillent pas par la richesse des accessoires livrés en standard. Pour autant, Beelink s’est montré encore un peu moins généreux que de coutume et en dehors du mini-PC en lui-même, il n’y a strictement rien à se mettre sous la dent.
Nous exagérons un (tout petit) peu car, en réalité, Beelink livre tout de même le câble d’alimentation de sa machine (environ 1,2 mètre) et un câble HDMI. Mais voilà, vous aurez beau fouiller la petite boîte ou la retourner dans tous les sens, il n’y a strictement rien d’autre. Le plus gênant réside dans l’absence même d’un kit de fixation VESA, pourtant un classique sur les mini-PC de la concurrence, mais aussi ceux signés Beelink. La raison est fort simple : l’EQi13 Pro n’est pas directement doté des fameux trous pour un tel kit de fixation. Là, en revanche, nous ne comprenons pas le pourquoi du comment de ce choix technique.
Windows 11 préinstallé… et c’est tout
Côté logiciel, il n’y a pas vraiment lieu de s’émouvoir puisque tous les fabricants de mini-PC ou presque sont logés à la même enseigne : ils proposent une édition de Windows 11 pré-installée sur la machine et ne laissent guère d’autres choix pour les usagers qui, par exemple amateurs de Linux, préféreraient ne pas payer le système d’exploitation de Microsoft.

Beelink ne fait ni mieux ni pire que les autres et c’est donc un Windows 11 édition Professionnelle que nous retrouvons au premier démarrage du PC. Cette pré-installation a le mérite d’accélérer la mise en production de la machine : il suffit de suivre les différentes étapes pour finaliser l’installation et en quelques minutes, on se trouve sur le bureau de Windows, prêt à travailler. Précaution d’usage : il est préférable de ne pas brancher le câble réseau et de ne pas valider la connexion WiFi pour cette pré-installation afin que Windows ne lance pas d’emblée toutes les mises à jour.

Il faut effectivement savoir que, comme souvent, l’EQi13 Pro est loin d’être parfaitement à jour et de nombreux correctifs seront déployés par Microsoft : Windows Update se chargera par exemple de passer en Windows 11 25H2 ce qui peut prendre un certain temps. Du côté des pilotes Intel, là non plus les choses ne sont pas très à jour et vous n’y couperez pas pour disposer d’une machine au meilleur de sa forme. Notez que contrairement à certains grands fabricants comme ASUS, Dell ou HP, il n’est pas ici question de proposer de logiciel pour vérifier les mises à jour des pilotes.

Et à l’usage, ça tourne comment ?
Vous en avez l’habitude, après quelques paragraphes et quelques photos ou diagrammes pour évoquer l’EQi13 Pro, il est maintenant temps de voir un peu ce que ce PC a réellement dans le ventre. Pour ce faire, nous en avons fait notre machine principale durant quelques semaines et lui avons fait « subir » les multiples scénarios de notre usage quotidien… enfin presque tous.
En premier lieu, il n’est pas inutile de rappeler que Beelink a prévu deux versions de l’EQi13 Pro : la nôtre est dotée d’un Core i7-13620H doté de 10 cœurs/16 threads et de 24 Mo de Smart Cache. Il est aussi possible d’opter pour un Core i5-13500H avec 12 cœurs/16 threads, mais un cache de « seulement » 18 Mo. De plus, 6 des 10 cœurs du Core i7 sont des cœurs performants alors que ces derniers ne sont que 4 sur le Core i5. Avantage pour le premier donc qui a moins de cœurs efficients dans son mix. En revanche, le Core i5 est doté d’une solution graphique plus ambitieuse : un Intel Iris Xe Graphics avec 80 unités d’exécution plus modernes que les 64 unités de la solution Intel UHD Graphics du Core i7.
Aucune différence en revanche sur le TDP des deux processeurs et tout porte à croire que ces deux puces seront destinées à des usages différents avec un accent plus multimédia, plus joueur pour le Core i5 tandis que le Core i7 sera plus à son aise sur toutes les tâches de production, les travaux de calculs lourds. Afin de ne pas faire de jaloux, Beelink a décidé d’équiper ses deux machines d’un environnement assez similaire : 32 Go de mémoire vive au travers de deux barrettes de SO-DIMM DDR4-3200. Il sera possible de passer à 96 Go, mais en changeant de barrettes car aucun emplacement n’est libre. Libre en revanche est un des deux ports M.2 pour SSD : 1 To est déjà installé, mais le second reste libre.
Des considérations techniques dont on voit l’impact sur nos premiers outils de test. Là, il est clair que l’EQi13 Pro que nous avons reçu est moins bien armé que le modèle avec Core i5 et solution Iris Xe Graphics. En effet, sur 3DMark, avec nos trois scènes de choix, le Core i7 est moins à son aise : sur Fire Strike cela passe encore avec 4386 points pour le score graphique, mais il n’est plus question que de 579 et même 131 points, respectivement sur Time Spy Extreme et Steel Nomad. Clairement, l’EQi13 Pro armé du Core i7 ne sera pas une bonne solution pour le jeu vidéo. Notez que si le modèle avec Core i5 fait mieux, on reste loin de mini-PC comme l’A9 Max ou l’Evo-T1.
Pour autant, l’EQi13 Pro n’est pas non plus le mauvais bougre et nos véritables tests gaming ont permis d’obtenir quelque chose de « jouable », au moins sur Forza Horizon 5 ou Shadow of the Tomb Raider. À condition de rester en 720p et de mettre les détails au minimum, il est question de 52 images par seconde pour le premier et de 50 ips pour le second.
Rapidement, nous avons reconduit les mêmes tests en mettant simplement les détails graphiques au maximum (respectivement en « extrême » et « très haut »). Cette fois, pas de miracle et il sera impossible de jouer avec de tels réglages : sur Shadow of the Tomb Raider, la moyenne s’établit à 28 ips et sur Forza Horizon 5 c’est encore pire alors que l’on parle, en plus, d’un jeu de courses automobiles, simplement 14 ips.
Heureusement, il reste possible de jouer à des titres moins lourds : le monde du jeu indépendant recèle de nombreuses pépites qui resteront parfaitement jouables comme, vous en avez l’habitude si vous lisez nos tests régulièrement, Unpacking ou Horizon Chase Turbo, nos chouchous. Sur ce dernier, il est même possible de jouer à plusieurs en local en partageant l’écran : ça passe bien.

Nous l’avons dit, l’intérêt de l’EQi13 Pro avec son Core i7 n’est pas son potentiel ludique, même si cela reste faisable. Non, la puissance de calcul du processeur Intel doit notamment montrer ses capacités sur un outil comme Cinebench 2024 et, là, force est de constater que le résultat est intéressant : 103 points en single-thread et, surtout, 670 points en multi-thread, c’est un score très honorable qui laisse augurer un bon comportement du mini-PC.

Un bon comportement confirmé par PCMark qui se montre plus généraliste en simulant de multiples scénarios depuis de la bureautique classique jusqu’à des tâches de création multimédia, du montage vidéo, mais aussi des travaux de rendu et de la visioconférence.
Là, les 5268 points obtenus au général ne sont pas exceptionnels, mais garantissent un bon fonctionnement de la machine qui a, d’ailleurs, surtout du mal avec le test de digital content creation : seulement 6437 points alors que nous sommes à 8919 points en essentials.
Enfin, nous terminons comme toujours l’évaluation des performances par une mesure liée au système de stockage. Ici, Beelink a opté pour un modèle bien connu de SSD, un Crucial P3 Plus de 1 To. Sans surprise, ce SSD assure de bonnes performances à la machine grâce à son interface PCIe Gen 4 : 5197 Mo/s en lecture séquentielle et encore 4757 Mo/s en écriture séquentielle. Mieux, les presque 780K IOPS en lecture aléatoire et presque 740K IOPS en écriture aléatoire sont un bon indice pour un fonctionnement plus « professionnel ».
Consommation et chauffe
Au-delà des performances des composants utilisés par Beelink, nous apprécions leur excellente gestion de l’énergie. De fait, ce sont des produits qui consomment peu et chauffent encore moins. Il s’agit de points très importants quand on voit le petit espace disponible pour refroidir tout ça alors que la présence de l’alimentation au sein de la machine accentue encore le risque de surchauffe.

Alors, forcément, il ne faut pas s’attendre à des miracles et, en pleine charge sur les tâches les plus lourdes, le Core i7-13620H est tout de même monté à 87°C, mais cela n’a rien d’extraordinaire et dès lors que les travaux sont un peu moins lourds, on retombe vite sous les 80°C. Mieux, cette montée en température reste en-deçà des recommandations d’Intel (100°C) et ne vient jamais « contaminer » les autres composants de l’EQi13 Pro.
Par exemple, le SSD Crucial P3 Plus n’a jamais atteint les 60°C et les barrettes de SO-DIMM DDR4 sont même restées encore plus fraîches en toutes circonstances : à peine 54°C. Beelink attribue ces bons résultats au système de refroidissement qu’il a développé : un caloduc est placé au niveau du processeur afin de diriger sa chaleur vers le ventilateur de type blower. Mieux, l’air frais est pris depuis le dessous du boîtier afin de suivre le mouvement naturel de la chaleur. Enfin, les SSD disposent d’un dissipateur relativement imposant compte tenu de la taille de la configuration.

Enfin, il est toujours bon de faire un petit point consommation alors qu’un mini-PC se doit d’être bien plus économe qu’une machine grande tour. Là, pas de souci, même au plus fort des sollicitations, sur Cinebench 2024, l’EQi13 Pro n’a jamais atteint les 80 watts alors qu’en comportement ludique, sur Shadow of the Tomb Raider, nous étions plutôt autour de 55 watts.
Prix et disponibilité
Lancé depuis quelques semaines – avant les fêtes de fin d’année – l’EQi13 Pro est aujourd’hui aisément disponibles sur Internet. Il bénéficie déjà de promotions, mais attention l’envolée du coût de la DRAM rend les choses très fluctuantes.
À ce niveau, Beelink bénéficie toutefois du moindre impact de l’inflation sur la DDR4, mais alors qu’il peut se dénicher autour des 650 à 680 euros, on trouve aussi régulièrement l’EQi13 Pro à plus de 720 euros. Il va sans dire qu’à ce prix, il nous semble tout de suite moins intéressant.
Sachez aussi, nous l’avons dit quand nous parlions performances, qu’il faut avoir un objectif avant l’achat de cette machine. En effet, Beelink commercialise aussi une version de l’EQi13 Pro équipée du processeur Core i5-13500H. Elle sera bien plus équilibrée dans le cadre d’un usage domestique : sa solution graphique est par exemple d’un tout autre acabit. Pour ne rien gâcher, elle est souvent commercialisée 80 à 100 euros de moins que la version testée. Ne vous laissez donc pas appâter par le i7 vs i5.




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