« On n’a rien vu venir » : le terrible aveu d’impuissance du patron de Ford face aux voitures chinoises

 
Interrogé par le média Car & Driver, le patron de Ford, Jim Farley, évoque l’arrivée massive des voitures électriques chinoises. Et il admet sans peine avoir fait des erreurs stratégiques face à cette nouvelle concurrence.
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Les constructeurs chinois arrivent en masse sur le marché, alors que l’on en compte actuellement plus de 150. Et non contents d’inonder leurs routes natales, ils veulent désormais aussi envahir le reste du monde. Une mission déjà bien entamée, non sans un certain succès. BYD est par exemple le leader mondial de la voiture électrique, devant Tesla.

Et cela fait évidemment peur aux marques « traditionnelles », déjà bien implantées. C’est notamment le cas de Ford, dont le patron avait qualifié les marques chinoises de « menace existentielle ».

Jim Farley avait en effet été agréablement surpris par la Xiaomi SU7, louant ses nombreuses qualités. Et il admet sans peine que sa marque a 25 ans de retard sur les constructeurs chinois. Ce qu’il a une nouvelle fois confirmé dans le cadre d’un entretien accordé au média Car & Driver.

L’homme d’affaires indique que tous ceux qui pensaient qu’il n’y avait rien d’inattendu en Chine cinq ans plus tôt se sont trompés. Il s’inclut dedans, affirmant que personne ne savait que les marques de l’Empire du Milieu « atteindraient un tel niveau de performance aussi rapidement ».

Ford Explorer // Source : Ford

Il rappelle que tout s’est joué pendant la pandémie de Covid-19, à une époque où il était impossible de voyager, notamment en Chine. Le patron admet que personne n’a rien vu venir, tandis que les constructeurs chinois avaient pris une longueur d’avance.

Il explique que « Leurs voitures, qui étaient clairement derrière nous, se sont retrouvées devant. Nio proposait l’échange de batteries. Franchement, c’était hallucinant. » Et Jim Farley n’a aucun mal à admettre avoir fait des erreurs dans le domaine de la voiture électrique.

De nombreux obstacles en Europe

Il affirme s’en être rendu compte en démontant une Tesla et en s’apercevant que le faisceau électrique de la Mustang Mach-E était 32 kilos plus lourd et 1,6 kilomètre plus long. Le patron avait alors mis le doigt sur le fait que la marque d’Elon Musk avait une toute autre stratégie, consistant à concevoir ses véhicules pour la plus petite batterie possible. Mais les choses sont en train de changer, car le patron de Ford a tiré les leçons de ses rivaux chinois. Et notamment sur le développement.

Il indique que ses rivaux, tels que BYD ou encore Geely affectent leurs meilleurs employés à la conception des autos électriques accessibles. Et c’est désormais ce que veut faire l’entreprise américaine.

Mais tout n’est pas encore rose pour Ford. Si son Puma Gen-E se vend très bien, notamment au Royaume-Uni, le marché européen reste encore très exigeant. Jim Farley explique que ce dernier est l’un des « plus difficiles au monde ». Cela en grande partie à cause de la concurrence chinoise.

Ford Puma Gen-E // Source : Ford

L’homme d’affaires explique que ces constructeurs « sont arrivés et se sont dissimulés derrière des marques locales comme MG, Polestar et Volvo. » Ce n’est pas tout, car il déplore aussi que la réglementation sur les émissions soit très stricte. Ainsi, l’achat d’une voiture électrique est désormais quasiment obligatoire dans certains cas. Et tout particulièrement pour ceux qui se déplacent en ville. Le constructeur veut mettre l’accent sur les modèles accessibles, afin de mieux rivaliser avec l’offensive chinoise qui se poursuit encore et toujours.


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