Usines au ralenti : la marque premium chinoise Hongqi va-t-elle relancer la production de Stellantis en Europe ?

 
Selon des informations relayées par Reuters, Hongqi, la branche premium du groupe chinois FAW, serait engagée dans des discussions avec Stellantis en vue de produire certains de ses modèles dans des usines européennes du groupe. Rien n’est signé, et les contours de l’accord restent flous, mais le dossier illustre assez bien dans quel état se trouve aujourd’hui l’industrie automobile en Europe.
Usine Stellantis de Saragosse // Source : Stellantis

Stellantis traîne depuis plusieurs trimestres le même boulet : des usines européennes qui tournent en sous-régime. Les sites de Cassino en Italie, Madrid en Espagne et Rennes, en France, ont été régulièrement cités dans ce contexte, faute de volumes suffisants pour justifier leur plein fonctionnement.

À Madrid, l’usine qui assemble les Citroën C4 et C4 X a connu plusieurs épisodes de tensions sociales, conséquences directes d’un carnet de commandes insuffisant. À Rennes, la production du Citroën C5 Aircross assure encore quelques années de production, mais en dehors de ce modèle, aucun autre produit n’est semble-t-il prévu pour l’usine française.

C’est dans ce contexte que le nom de plusieurs constructeurs chinois commencent à circuler, et notamment Dongfeng. Mais plus récemment, une autre marque pourrait se positionné selon les informations de Reuters, à savoir Hongqi.

Hongqi ES7 // Source : Hongqi

La marque, positionnée sur le segment premium en Chine, aurait besoin d’accélérer son entrée sur le marché européen et cherche un raccourci : plutôt que de construire ses propres lignes de production sur le continent (une aventure longue et coûteuse), elle s’appuierait sur des capacités existantes. Celles de Stellantis, justement.

Leapmotor, facilitateur d’un plan à trois ?

Ce qui rend l’affaire un peu plus complexe, c’est la présence de Leapmotor dans l’équation. Stellantis détient une participation significative au sein de ce constructeur chinois, et FAW, la maison-mère de Hongqi, en est également actionnaire à hauteur d’environ 5 %. Leapmotor jouerait ici un rôle d’intermédiaire, facilitant les échanges entre les parties.

L’usine de Saragosse est évoquée comme l’emplacement le plus probable pour accueillir une éventuelle production chez Hongqi. C’est là que Stellantis prévoit d’ailleurs de lancer la fabrication de modèles Leapmotor dans le courant de l’année.

Un plan d’expansion ambitieux, mais encore beaucoup d’inconnues

Du côté de Hongqi, l’ambition affichée est d’introduire au moins 15 nouveaux véhicules (hybrides rechargeables et 100 % électriques) sur 25 marchés européens d’ici 2028. Un calendrier serré, qui rend d’autant plus intéressante la perspective de s’appuyer sur un outil industriel déjà en place.

Usine Stellantis de Saragosse // Source : Stellantis

Reste que les discussions semblent encore préliminaires, et qu’entre les rumeurs et la signature d’un accord concret, il y a souvent beaucoup de chemin.

Comme vous n’êtes sans doute pas sans le savoir, Stellantis traverse une période de restructuration importante, et ses choix stratégiques en Europe sont scrutés de près par les syndicats, par les gouvernements, et par ses actionnaires. Nous devrions sans doute en savoir un peu plus lors, peut-être, de la présentation des résultats financiers de l’entreprise en fin de semaine, ou encore le 21 mai prochain, lors de la présentation de la feuille de route du groupe sous l’ère Antonio Filosa.

Stellantis n’est pas le seul constructeur qui intéresse les constructeurs chinois. Le groupe Volkswagen fait quelques envieux aussi, notamment ses partenaires chinois SAIC et XPeng, tandis que l’usine Nissan de Barcelone est déjà passé sous pavillon chinois depuis quelques temps avec Chery.

Avant de faire parler d’elle sur le marché moderne de la voiture électrique, la marque chinoise Hongqi s’est construite sur un héritage très politique. Son nom, qui signifie littéralement « le drapeau rouge », fait directement référence au Parti communiste chinois. Propriété du géant industriel FAW — un groupe qui collabore notamment avec des acteurs européens comme Volkswagen et Audi —, Hongqi a longtemps cultivé une forme d’exclusivité étatique.

En effet, de ses débuts jusqu’en 1981, ses véhicules n’étaient absolument pas destinés au grand public, mais strictement réservés aux hauts fonctionnaires et aux représentants du gouvernement. Relancée au milieu des années 1990, la firme s’est imposée comme un véritable emblème du nationalisme automobile local. Ce statut privilégié s’est maintenu dans l’ère contemporaine : en 2013, la berline Hongqi H7 opérait toujours comme la voiture officielle des dignitaires du régime, avec un volume de production ciblé à 30 000 exemplaires.


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