
J’étais au Salon de l’automobile de Pékin il y a quelques jours, et le détour par le stand de CATL m’a convaincu d’une chose : le moteur à combustion vit ses derniers instants.
J’y ai vu de près leurs nouvelles générations de batteries, réparties en trois grandes familles que sont le sodium, la Shenxing et la Qilin. J’avais déjà pu observer les anciennes versions de ces accumulateurs lors du salon Beyond Expo à Macao en mai 2025, mais ce que le géant chinois vient de présenter franchit un cap technique majeur.
Aujourd’hui, quand on regarde ce que propose la concurrence, notamment BYD qui garantit ses batteries à vie en Chine et permet de recharger de 10 à 70 % en 5 minutes, la messe semble dite.

Et avec CATL qui fait désormais encore mieux sur le papier, le marché va être inondé dans les prochains mois de modèles capables d’enterrer les dernières réticences liées à l’autonomie et à la recharge rapide.
D’ailleurs, si vous cherchez à franchir le pas, n’hésitez pas à consulter notre comparatif pour trouver la meilleure voiture électrique adaptée à vos besoins.
La batterie Shenxing : le plein plus rapide qu’à la pompe
La première chose qui frappe sur le stand, c’est la troisième génération de la batterie Shenxing. Il s’agit d’une chimie LFP (lithium-fer-phosphate, sans cobalt), réputée pour sa longévité et son coût réduit, mais qui pêchait historiquement par une densité énergétique plus faible.
CATL a réussi à contourner le problème en misant tout sur la vitesse de charge, avec une résistance interne abaissée de moitié par rapport à la moyenne du secteur, selon la marque.

Les chiffres annoncés par l’équipementier donnent le vertige. La batterie peut encaisser une charge avec un pic à 15C, ce qui signifie qu’elle reçoit une puissance équivalente à 15 fois sa capacité (par exemple, 1 500 kW pour une batterie de 100 kWh).


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Concrètement, le constructeur promet un passage de 10 à 80 % en 3 minutes et 44 secondes, et une charge quasi complète en moins de 7 minutes. Même par -30 °C, il ne faudrait que 9 minutes pour passer de 20 à 98 %, grâce à un système d’impulsions auto-chauffantes.
À titre de comparaison, la BYD Flash Charging 2 qui arrive en France cet été annonce respectivement des temps de 6 minutes, 9 minutes et 12 minutes.
La gamme Qilin : compacité extrême et 1 500 km d’autonomie
En me penchant sur les cellules exposées, j’ai surtout pu apprécier la différence d’encombrement entre les chimies classiques et la nouvelle gamme Qilin, qui s’appuie sur la technologie NMC (nickel-cobalt-manganèse).
La Qilin de troisième génération atteint déjà une densité de 280 Wh/kg, permettant de gagner 122 litres d’espace par rapport à un pack LFP équivalent, ce qui abaisse le plancher des véhicules de 18 mm. Mais c’est la version « Qilin Condensée » qui marque pour moi la plus grande rupture visuelle et technique.

Cette version utilise un électrolyte spécifique à l’état condensé et affiche une densité de 350 Wh/kg. En la regardant de près, on comprend immédiatement l’avantage : elle est beaucoup plus compacte que les versions NMC ou LFP traditionnelles.
À taille de voiture équivalente, cette compacité permet de loger beaucoup plus de cellules et d’atteindre jusqu’à 1 500 km d’autonomie selon les dires du fabricant. Un pack entier de 125 kWh (pour environ 1 000 km d’autonomie) ne pèse « que » 650 kg, ce qui a un impact direct sur la consommation, l’usure des pneus et le comportement dynamique du véhicule.
Le sodium pour démocratiser l’électrique
Enfin, CATL a officialisé la production de masse de sa batterie au sodium, baptisée Naxtra, pour la fin de l’année 2026. L’intérêt du sodium est de se passer totalement du lithium, en utilisant un élément abondant et bon marché extrait notamment de l’eau de mer.
Jusqu’ici, des verrous techniques empêchaient la production à grande échelle, mais CATL affirme avoir résolu les problèmes liés au contrôle de l’eau et à la génération de gaz.
L’objectif n’est pas de concurrencer les 1 500 km de la Qilin, mais de proposer des packs extrêmement robustes au froid et financièrement très accessibles pour les citadines.

Wu Kai, le scientifique en chef de CATL, a détaillé cette approche lors de la conférence : « Les batteries au sodium offrent un vaste potentiel pour les températures extrêmes et les applications de stockage d’énergie. Que ce soit du point de vue des besoins différenciés des consommateurs, ou du point de vue de la sécurité énergétique et du développement social, l’industrie des batteries lithium-ion doit poursuivre un développement coordonné à travers de multiples systèmes chimiques ». Vous pourrez retrouver plus de détails sur cette arrivée en masse prévue pour 2026 dans nos colonnes.
L’échange de batteries par robot pour boucler la boucle
L’autre démonstration de force sur le stand concernait l’infrastructure. J’ai pu observer une station d’échange de batteries en pleine action. Le processus est entièrement automatisé : un robot vient se glisser sous le plancher de la voiture, dévisse le pack vide et installe un pack plein en moins de 5 minutes. Ce système, baptisé Choco-Swap, contourne la question de la recharge rapide en remplaçant carrément l’accumulateur.
Nous avions déjà pu tester ce genre de station en Europe, chez Nio, en 2022. Si en Europe, il y a moins de 100 stations du genre, en Chine, on en compte plusieurs milliers.
Entre des infrastructures en plein boom en Europe, des batteries qui se rechargent le temps de se dégourdir les jambes, et l’arrivée du sodium pour casser les prix, l’argumentaire du véhicule thermique perd ses derniers leviers.

Les constructeurs européens et internationaux qui sauront rapidement intégrer ces nouvelles cellules auront une carte maîtresse à jouer sur le marché mondial dans les mois à venir.
Mais il n’y a même pas besoin de les attendre : la BMW i3 atteint les 900 km d’autonomie WLTP avec les cellules 4695, et les Zeekr se rechargent déjà en 7 minutes seulement. Enfin, pour les versions vendues en Chine. Celles vendues en Europe n’ont pas encore eu le droit aux nouvelles batteries.
Alors oui, il faudra des bornes puissantes, très puissantes même. Ca tombe bien, car BYD va en installer 3 000 d’une puissance de 1 500 kW en Europe en 2026. Et la bonne nouvelle, c’est que même sur une borne rapide « classique » (350 kW) qu’on trouve sur les autoroutes depuis plusieurs années en France, la Denza Z9GT dotée de la nouvelle batterie BYD se recharge en 12 minutes.
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