
Le géant chinois des batteries CATL vient de tenir son Super Technology Day à Pékin ce 21 avril 2026, un événement très attendu par l’industrie automobile. Si le fabricant a présenté une multitude d’innovations touchant à plusieurs chimies de cellules, c’est bien l’annonce concernant l’arrivée concrète de la technologie sodium-ion qui retient l’attention.
Selon le communiqué de presse de la marque, sa batterie baptisée Naxtra entrera en production de masse à grande échelle d’ici la fin de l’année 2026. Une étape cruciale pour espérer voir le prix de chaque voiture électrique baisser drastiquement à l’avenir.
La fin des obstacles techniques pour le sodium
La technologie sodium-ion fait beaucoup parler d’elle depuis quelques années, notamment car elle permet de s’affranchir totalement du lithium, un métal dont les coûts fluctuent et dont l’extraction peut poser des défis géopolitiques. Cependant, le passage du laboratoire à l’usine n’est pas une mince affaire. CATL affirme avoir franchi un cap décisif en résolvant quatre problèmes majeurs de l’industrie qui freinaient jusqu’ici la production en série de ces cellules.
Selon l’entreprise de l’empire du Milieu, ses ingénieurs ont réussi à maîtriser le contrôle extrême de l’eau, la génération de gaz dans le carbone dur, l’adhérence de la feuille d’aluminium et les systèmes d’anodes auto-formées. Sans entrer dans des détails d’ingénierie trop lourds, il faut comprendre que ces avancées permettent d’assurer une stabilité et une fiabilité suffisantes pour envisager une production de l’ordre du gigawattheure.


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En d’autres termes, les usines sont prêtes à tourner à plein régime pour fournir les constructeurs automobiles dès la fin de l’année. Cette technologie avait d’ailleurs déjà commencé à pointer le bout de son nez sur les routes chinoises avec les premiers modèles de chez Changan équipés de packs sans lithium, ou plus récemment avec les annonces du groupe BAIC.
Un « vaste potentiel pour les températures extrêmes »
Mais pourquoi s’acharner sur le sodium alors que le lithium offre aujourd’hui d’excellentes densités énergétiques ? La réponse tient en deux mots : coûts et robustesse. Le sodium est un élément extrêmement abondant sur Terre, par exemple dans le sel marin, ce qui le rend mécaniquement beaucoup moins cher.
De plus, il encaisse particulièrement bien les baisses de température, là où le lithium perd une part significative de sa capacité en hiver. C’est ce qui explique pourquoi cette technologie est attendue de pied ferme pour affronter le gel.

Le scientifique en chef de CATL, Wu Kai, a d’ailleurs tenu à préciser la stratégie de l’équipementier lors de la conférence pékinoise en insistant sur la complémentarité des matériaux. « Les batteries au sodium offrent un vaste potentiel pour les températures extrêmes et les applications de stockage d’énergie. Que ce soit du point de vue des besoins différenciés des consommateurs, ou du point de vue de la sécurité énergétique et du développement social, l’industrie des batteries lithium-ion doit poursuivre un développement coordonné à travers de multiples systèmes chimiques », a-t-il déclaré. L’idée n’est donc pas de remplacer les chimies actuelles, mais de les compléter pour répondre à tous les usages.
Une stratégie globale face à la concurrence
Pour convaincre à l’international, CATL ne compte pas uniquement sur le sodium. Cette stratégie se traduit par la mise à jour des autres gammes du fabricant.
Parallèlement au sodium, l’entreprise a dévoilé sa batterie Qilin de troisième génération, qui promet des performances de très haut vol pour les véhicules dépassant les 1 000 kilomètres d’autonomie.
CATL a également levé le voile sur la nouvelle itération de sa batterie Shenxing, dont l’objectif est de battre des records de vitesse de charge, en passant de 10 à 80 % de capacité en seulement 3 minutes et 44 secondes, selon les dires de la marque. Une prouesse qui s’inscrit dans la continuité de leurs précédentes architectures destinées à durer dans le temps.
L’arrivée en production de masse des batteries Naxtra fin 2026 marque donc une étape concrète vers la diversification des sources d’énergie dans l’automobile. Si les batteries très haute densité continueront d’équiper les voitures électriques haut de gamme, le sodium semble définitivement armé pour s’imposer sur les citadines et les modèles abordables.
Reste désormais à observer quels seront les premiers constructeurs occidentaux à intégrer massivement ces packs sans lithium dans leurs véhicules. Pour le moment, aucune annonce en ce sens n’a été réalisé.
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