Plier le linge et vider le lave-vaisselle : SwitchBot nous vend du rêve avec son robot Onero H1

 
Vous avez vu la vidéo de démo du SwitchBot Onero H1 ? C’est impressionnant : il plie le linge, vide le lave-vaisselle, sert à manger. Trop beau pour être vrai ? Probablement.

C’est le problème avec les effets d’annonce : quand on promet le futur, le présent a intérêt à assurer.

SwitchBot est arrivé au CES 2026 avec une ambition démesurée : proposer l’Onero H1, présenté comme le « robot domestique IA le plus accessible ». Le mot-clé ici ? Accessible. Et c’est exactement ce que trahissent les mouvements du robot dans les démonstrations : on est face à une économie de moyens qui se voit.

Les vidéos de démonstration, bien que soignées, montrent un robot aux mouvements loin d’être naturels. Ça hésite, ça saccade. C’est souvent le signe de deux choses : une mécanique limitée et une probable téléopération humaine en coulisses pour les besoins du tournage.

22 degrés de liberté : la mécanique ne ment pas

Il n’y a pas de magie en robotique. Pour qu’un robot bouge comme un humain, il lui faut des articulations complexes. SwitchBot annonce 22 degrés de liberté pour l’ensemble de son robot.

Pour vous donner un ordre d’idée, un robot comme l’Atlas de Boston Dynamics ou l’Optimus de Tesla embarque beaucoup plus d’axes pour fluidifier chaque geste. Avec seulement 22 moteurs pour gérer la base mobile, le torse, les bras et les mains, l’Onero H1 est mécaniquement contraint. Il ne peut pas « couler » d’un mouvement à l’autre. Il doit décomposer : tourner, s’arrêter, lever, s’arrêter, pincer.

C’est ce qui donne cet aspect « télécommandé ». Même si SwitchBot met en avant son modèle OmniSense VLA (Vision-Language-Action) pour la perception et le contrôle, l’intelligence logicielle ne peut pas totalement compenser un corps rigide. Le robot est conçu pour des tâches comme « saisir, pousser et ranger », mais ne vous attendez pas à la fluidité d’un majordome. C’est de la robotique utilitaire, brute de décoffrage.

L’illusion de l’autonomie

SwitchBot insiste sur le fait que son robot « apprend et s’adapte » aux scénarios domestiques. C’est la promesse de l’IA. Mais la réalité visuelle suggère que nous sommes encore loin de l’autonomie complète.

La rigidité des mouvements observée laisse penser que pour l’instant, le robot exécute des scripts séquentiels très stricts ou est piloté à distance pour les démos complexes. Manipuler des objets fragiles ou gérer des contacts intensifs avec une telle latence mécanique est extrêmement risqué en environnement réel.

Il y a un dernier point que les critiques oublient souvent : l’Onero H1 ne débarque pas seul. Il s’intègre dans un écosystème SwitchBot déjà mature.

Le robot est conçu pour communiquer avec les autres appareils de la maison. Imaginez : il ne « devine » pas que la porte est fermée, il le sait parce que la serrure Lock Vision le lui dit. Il ne cherche pas l’aspirateur, il se coordonne avec lui. Cette synergie pourrait être la clé pour contourner les difficultés de l’IA. Si l’environnement est connecté, le robot a besoin de moins d’intelligence déductive pour agir.

Trop beau pour être vrai ?

Regardons la liste des promesses en face : ranger, plier le linge, gérer un lave-vaisselle, servir à table ou lancer une machine.

Il faut bien comprendre que des startups surcapitalisées de la Silicon Valley brûlent des centaines de millions de dollars depuis plusieurs années et le résultat est encore laborieux. Espérer qu’un robot qui se veut « le plus accessible » maîtrise d’un coup cette polyvalence absolue relève de la pensée magique.

La complexité mécanique de plier un t-shirt mou sans le froisser ou de charger un lave-vaisselle sans casser une assiette est exponentielle par rapport à l’action d’allumer une ampoule connectée.

Mais le véritable mur que SwitchBot risque de heurter, ce n’est même pas la mécanique, c’est la « data ».

Faire bouger un bras robotique est la partie facile ; le faire comprendre l’infinie variabilité d’un foyer est un défi titanesque.

Une chaussette en boule sous le canapé n’a jamais la même forme, une assiette grasse glisse différemment d’une propre, et la lumière changeante du salon piège les meilleurs capteurs.

Pour qu’une IA gère ces milliers de micro-scénarios imprévisibles, il faut l’entraîner avec des montagnes de données du monde réel que SwitchBot ne possède probablement pas encore.

Sans cet apprentissage massif, l’Onero H1 risque d’être aussi perdu dans le chaos de votre salon qu’un Roomba face à un escalier.


Les bons plans n’attendent pas : abonnez-vous à notre canal WhatsApp Frandroid Bons Plans ! (zéro spam, promis).

Recherche IA boostée par
Perplexity