Votre smartphone Android sert de sismomètre, et Google l’active maintenant dans plus de 200 pays et régions dont la France

Votre téléphone, ce sismomètre

 
Google a annoncé ce jeudi 15 octobre 2026 que son système d’alertes sismiques Android couvre désormais plus de 200 pays et régions, contre 98 jusque-là. Le service revendique plus d’un milliard d’alertes envoyées depuis 2021.

Google étend son détecteur de séismes à beaucoup plus de pays. Dans un billet de blog publié ce jeudi 15 octobre, Boone Spooner, Group Product Manager chargé des alertes sismiques chez Google, annonce que l’Android Earthquake Alerts System passe de 98 pays et régions à plus de 200.

Le Panama et le Guatemala font partie des nouveaux pays couverts. Pour leurs habitants, ça peut représenter quelques secondes de préavis avant les secousses, assez pour se mettre à l’abri sous une table.

Google avait d’abord lancé ce système hors des États-Unis en avril 2021, en Grèce et en Nouvelle-Zélande. Depuis, il a envoyé plus d’un milliard d’alertes. L’entreprise le présente comme « le plus grand réseau de détection de séismes basé sur le mobile au monde » (la modestie, ce sera pour une autre fois).

Google ne cite que deux nouveaux pays. Ce jeudi, sa page d’aide, qui liste les zones couvertes, n’avait pas encore été mise à jour. La France y figure déjà, tout comme la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Les utilisateurs d’Android sur ces territoires peuvent donc déjà recevoir ces alertes.

Des smartphones qui jouent les sismomètres

Tout repose sur un composant, l’accéléromètre. Ce capteur de mouvement, présent dans la plupart des smartphones Android, sert d’habitude à faire pivoter l’écran. Google s’en sert pour repérer les ondes sismiques, ce qui revient à transformer chaque téléphone en détecteur de séismes collaboratif.

Quand un smartphone détecte une secousse qui ressemble à un séisme, il envoie un signal aux serveurs de Google avec sa position approximative. Les serveurs croisent ensuite les signaux de nombreux appareils pour confirmer le tremblement de terre, le localiser et estimer sa magnitude. Les données circulent plus vite que les ondes sismiques, ce qui permet de prévenir les zones que les secousses n’ont pas encore atteintes.

Ces mini-sismomètres de poche ont déjà servi. Au Venezuela, par exemple, les smartphones Android ont alerté leurs utilisateurs avant les secousses.

Selon l’intensité estimée des secousses à l’endroit où l’on se trouve, le téléphone affiche l’un des trois niveaux d’alerte :

  • « Be Aware » (soyez attentif), une alerte simple pour des secousses légères, qui signale qu’un séisme a été détecté à proximité.
  • « Be Ready » (soyez prêt), une alerte plus détaillée pour des secousses plus fortes, qui invite à se préparer à agir.
  • « Take Action » (agissez), une alerte en plein écran pour des secousses modérées à fortes, avec des consignes immédiates pour se protéger.

Une alerte « Be Ready » plus complète, mais sans date

Google va aussi enrichir l’alerte intermédiaire. Dans les prochains mois, « Be Ready » affichera une carte du rayon dans lequel des secousses ont été détectées, la magnitude estimée du séisme et les gestes à faire. Un bouton permettra aussi de suivre les informations sur le séisme à mesure qu’elles arrivent. Google ne donne pas de calendrier plus précis.

Le système a ses limites, et Google les affiche lui-même sur sa page d’aide. Les alertes ne concernent que les séismes de magnitude 4,5 et plus, et tous ne sont pas détectés. Les estimations de magnitude peuvent se tromper. Surtout, l’alerte peut arriver avant, pendant ou même après le début des secousses, et le téléphone doit être connecté en Wi-Fi ou en données mobiles.

Pourquoi se battre pour quelques secondes ? Dans son billet de 2021, Google citait une étude sur les coûts et bénéfices de l’alerte précoce. D’après celle-ci, plus de la moitié des blessures pourraient être évitées si les gens étaient prévenus à temps.

Ces alertes font partie d’un programme plus large, que Google appelle « résilience face aux crises ». En juin 2026, Yossi Matias, à la tête de Google Research, présentait les autres outils du groupe. On y trouve des prévisions de crues jusqu’à sept jours à l’avance, pour 2 milliards de personnes dans plus de 150 pays, ou encore le suivi des incendies dans 34 pays.

Ce jeudi, Google a aussi publié un livre blanc baptisé « Crisis Resilience » qui fait le point sur ces travaux. La date n’a pas été choisie au hasard. Le 15 octobre, c’est l’International ShakeOut Day, la journée où des millions de personnes s’entraînent aux gestes à faire en cas de séisme.

Android prépare d’autres fonctions d’urgence, comme une option pour appeler les secours en disant trois fois « à l’aide ».

Les alertes sismiques sont activées par défaut. On peut les couper dans les paramètres du téléphone, rubrique « Sécurité et urgences ». Si on ne veut plus que son téléphone serve de capteur au réseau, il faut désactiver la « Précision de la localisation Google ».


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