
Revolut compte 75 millions de clients et vise une valorisation de 200 milliards de dollars (environ 184 milliards d’euros) pour son entrée en Bourse. Et pourtant, son régulateur européen lui a demandé de lever le pied. Selon le Financial Times, la Banque centrale européenne a temporairement interdit à la branche européenne de la fintech de lancer de nouveaux produits dans l’Espace économique européen.
La mesure a été communiquée au conseil d’administration européen de Revolut en juillet 2025, mais elle n’avait jamais été rendue publique jusqu’ici. Le motif : la BCE estime que le rythme de lancement des produits a dépassé la capacité des contrôles internes à suivre. Concrètement, l’entreprise sort des services plus vite qu’elle ne vérifie les risques qui vont avec.
Contactée par Frandroid, Revolut n’a ni confirmé ni démenti le détail de ces mesures. « Nous sommes en dialogue continu et constructif avec nos régulateurs, y compris la Banque centrale européenne, dans le cadre normal de nos activités en tant que banque pleinement agréée », explique un porte-parole.


Proton Pass dispose de protocoles de sécurité stricts pour une sérénité ABSOLUE : ne laissez plus les géants du web monnayer votre vie numérique. En ce moment, l’abonnement Pass Plus de 12 mois s’affiche à -50% !
L’entreprise dit s’engager « à respecter les plus hauts standards de gouvernance et de gestion des risques » et assure renforcer « régulièrement [son] environnement de contrôle interne et [ses] processus opérationnels », conformément aux attentes des superviseurs.
Le point de friction porte précisément sur le processus interne qui encadre le lancement de nouveaux produits dans l’Espace économique européen. Il vise l’entité lituanienne, Revolut Bank UAB, et non l’ensemble du groupe. La fintech affirme avoir depuis musclé ce cadre, avec un examen plus poussé des nouvelles initiatives par ses experts internes et ses organes de gouvernance.
Pour aller plus loin
Avis Revolut : en 2026, est-ce la meilleure banque en ligne ?
Pourquoi la Lituanie est au cœur du dossier
Pour comprendre, il faut revenir à la structure de Revolut. La fintech est basée à Londres, mais sa banque européenne, Revolut Bank UAB, est installée en Lituanie, où elle a obtenu une licence bancaire dès 2018. Cette entité est supervisée par la BCE et la banque centrale lituanienne. C’est donc Francfort, et non Londres, qui tient le robinet des nouveaux produits pour les clients de l’Union.
La BCE n’a pas seulement appuyé sur pause. Elle a imposé à Revolut de commander un audit indépendant de ses fonctions risque, conformité et juridique. Elle a aussi exigé que les futurs produits soient validés par des experts internes, et demandé au conseil d’évaluer l’impact de chaque lancement sur le capital et la liquidité du groupe. Hors de l’Espace économique européen, les restrictions étaient encore plus dures : interdiction de recruter de nouveaux clients ou de faire des acquisitions.
Pour aller plus loin
Fermer son compte pour passer 100 % chez Revolut : bonne ou mauvaise idée ?
Vitesse contre contrôle : le vrai sujet
L’intervention vise le modèle même de Revolut. Son fondateur et CEO Nik Storonsky pousse ses équipes à sortir des produits vite et avec peu de supervision. Sur un podcast en décembre 2024, il comparait ses salariés à des « missiles autoguidés » : « Ils appuient sur le bouton et atteignent leurs objectifs tout seuls ». C’est exactement cette méthode que la BCE a jugée trop rapide pour une banque qui gère l’argent de millions de gens.
Le contexte n’aide pas Revolut. La fintech a décroché sa licence bancaire complète au Royaume-Uni en mars, après des années de discussions, et Nik Storonsky avait reproché aux autorités britanniques d’être trop lentes. En avril, le régulateur italien a infligé à l’entreprise une amende de 11,5 millions d’euros pour des informations trompeuses sur des produits d’investissement. Et la BCE a relevé l’exigence de fonds propres de l’entité lituanienne à 4,5 % pour 2026, le niveau le plus élevé parmi les banques qu’elle supervise directement.
Reste un point en suspens. Le Financial Times n’a pas pu établir si toutes les restrictions étaient encore en vigueur. Et sur les douze derniers mois, Revolut a continué à dérouler son catalogue dans l’EEE : ouverture de succursales au Portugal, en Belgique et en Hongrie avec des IBAN locaux, crédits immobiliers en Lituanie, comptes indépendants pour ados en Irlande, comptes d’épargne joints, épargne pour les pros, nouveaux terminaux de paiement et offres de téléphonie mobile sur plusieurs marchés. La fintech a aussi passé des paliers clients symboliques : 7 millions d’utilisateurs en France, 6 millions en Espagne, 5 millions en Italie, 3 millions en Allemagne. Signe que les limites se sont, au moins en partie, assouplies.
Si vous voulez recevoir les meilleures actus Frandroid sur WhatsApp, rejoignez cette discussion.




Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.