
Le solaire est appelé à devenir l’un des piliers du futur mix électrique grâce aux panneaux photovoltaïques. Mais avant d’y parvenir, encore faut-il multiplier les grandes centrales au sol. Or, à mesure que les capacités augmentent, le foncier se raréfie et les projets se heurtent régulièrement aux oppositions locales.
L’agrivoltaïsme devient alors une voie de compromis. Le principe est simple : faire cohabiter production agricole et production d’électricité sur une même parcelle. D’un côté, les terres continuent d’être exploitées, et de l’autre, elles accueillent des panneaux photovoltaïques.
La pratique représente un modèle gagnant-gagnant. Agriculteurs et développeurs solaires y trouvent chacun leur intérêt. Et dans le cas de l’élevage ovin, les effets positifs sont particulièrement visibles.
Une meilleure qualité de production
Pour les éleveurs, les bénéfices sont concrets, car sous les panneaux, un nouveau microclimat se crée. L’ombre partielle réduit l’exposition directe au soleil et limite l’évaporation de l’eau contenue dans le sol. Par conséquent, l’herbe reste plus verte et plus longtemps, même en période de chaleur ou de sécheresse.
Cette stabilité du couvert végétal est importante pour l’activité. Une alimentation plus régulière permet d’éviter les variations brutales de croissance de la laine, souvent provoquées par l’alternance entre sécheresse et fortes pluies. La fibre gagne alors en homogénéité sur toute sa longueur.
Un sol moins sec signifie également moins de poussière, et donc une laine plus propre. « La laine produite est de meilleure qualité et plus propre », témoigne ainsi un agriculteur australien interrogé par l’AFP. Après avoir comparé ses troupeaux élevés sous panneaux avec ceux pâturant sur une parcelle classique, il affirme avoir enregistré une hausse de 15 % de ses recettes issues de l’élevage ovin sous installations solaires.
Des économies pour les exploitants solaires
Les opérateurs de centrales tirent eux aussi profit de cette cohabitation. L’agrivoltaïsme ne se limite pas à améliorer l’acceptabilité sociale des projets. Il permet également de réduire les coûts d’exploitation.
Dans une centrale au sol traditionnelle, la végétation doit être régulièrement maîtrisée afin d’éviter l’ombrage des panneaux et de limiter les risques d’incendie. Cela implique des passages fréquents de tondeuses ou de débroussailleuses, avec des coûts en main-d’œuvre, en carburant et en maintenance.
En confiant cette tâche aux moutons, les exploitants bénéficient d’un entretien continu. Les troupeaux maintiennent l’herbe à une hauteur maîtrisée et réduisent l’accumulation de biomasse sèche, contribuant ainsi à sécuriser les infrastructures.

En France, l’agrivoltaïsme est inclus dans la stratégie solaire nationale pour atteindre les objectifs solaires. Le pays vise 48 GW (gigawatts) de capacités photovoltaïques installées d’ici 2030, contre environ 30 GW en 2025. Plus de la moitié des capacités prévues seront issues de grandes installations au sol, dont une partie intégrera des projets agrivoltaïques. La part exacte de ces derniers reste toutefois à préciser, selon la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
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