Un vrai jackpot : ce rapport estime que le vélo rapporte cinq fois plus qu’il ne coûte

 
Cycling UK a publié en septembre 2026 « The Route Forward », un rapport sur onze aménagements cyclables britanniques, avec un chiffre phare à la clé : 5,62 livres sterling sont récupérées pour chaque livre investie dans le vélo et la marche.
Source : Nikita Khavkin via Unsplash

Au Royaume-Uni, l’association Cycling UK défend les cyclistes depuis plus de 140 ans. En septembre 2026, elle a publié The Route Forward, un rapport qui passe en revue onze aménagements cyclables réalisés en Angleterre, en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord. L’association y affirme que pour chaque livre sterling investie dans le vélo et la marche, la société en récupère 5,62 grâce aux économies réalisées. Le rapport s’adresse aux élus locaux qui hésitent encore à investir dans ces types de mobilité.

Ce ratio ne vient pas des onze chantiers étudiés. Dans ses notes de bas de page, Cycling UK renvoie à Claiming the Health Dividend, une synthèse publiée en novembre 2014 par le chercheur Adrian Davis pour le ministère des Transports. Ce document compile des analyses coûts-bénéfices de projets vélo et marche. Il obtient une moyenne de 6,28 pour 1 sur l’ensemble des projets étudiés et de 5,62 pour 1 sur ceux menés au Royaume-Uni. Pour mieux situer ces chiffres, le ministère considère déjà qu’un projet est « très rentable » au-delà de 4 pour 1.

Les économies réalisées se répartissent sur plusieurs postes. D’abord la santé physique et mentale : des habitants plus actifs coûtent moins cher au NHS, le service public de santé britannique. Viennent ensuite la baisse des embouteillages et de la pollution, puis le commerce local, car les gens qui arrivent sans voiture restent en général plus longtemps dans les rues commerçantes. Une revue publiée en 2016 pour le ministère des Transports, The Value of Cycling, relevait des ratios compris entre 5 et 19 pour 1, et jusqu’à 35,5 pour 1 pour certains projets.

De Glasgow à Hackney, onze chantiers passés au crible

Les cas étudiés se trouvent à Glasgow, dans l’East Sussex, à Birmingham, dans le quartier londonien de Waltham Forest, à Bradford, Belfast, Chorley et Cardiff, en Cornouailles, à Hackney (un autre quartier de Londres) et à Manchester. On y trouve aussi bien des pistes en pleine ville que des voies vertes à la campagne.

À Glasgow, la South City Way, un chantier de 6,5 millions de livres (environ 7,5 millions d’euros), relie depuis juillet 2024 le sud de la ville au centre par 3 kilomètres de pistes protégées. Aux heures de pointe, le trafic cycliste y a augmenté jusqu’à 65 %. Par ailleurs, la part des habitants qui se sentent en sécurité à vélo est passée de 26 % à 54 % après les travaux.

Vélo électrique Londres
Source : Unsplash/evgeniain

À Hackney, les School Streets interdisent les voitures devant les écoles aux heures d’entrée et de sortie des classes. L’arrondissement compte aujourd’hui 50 de ces rues, et les émissions des pots d’échappement y ont baissé jusqu’à 74 % sur certains sites. Après une phase d’essai, environ 70 % des habitants souhaitaient que ces rues deviennent permanentes.

De ces onze exemples, Cycling UK tire douze leçons, puis quatorze recommandations adressées aux collectivités locales. La première consiste à construire avant que la demande existe, puisque les gens ne se mettent pas au vélo tant qu’ils ne se sentent pas en sécurité. Le rapport insiste aussi sur les carrefours, où se concentrent les accidents, et sur des pistes larges et en pente douce, adaptées aux familles comme aux vélos cargo.

Un budget en hausse, jugé encore trop maigre

Le rapport arrive quelques mois après la troisième stratégie d’investissement du gouvernement britannique pour le vélo et la marche, publiée le 12 juin 2026 et qui concerne l’Angleterre. Elle prévoit 4,5 milliards de livres (environ 5,3 milliards d’euros) de dépenses publiques entre 2025-2026 et 2029-2030. C’est plus que les 3,8 milliards de livres (environ 4,5 milliards d’euros) annoncés dans la stratégie précédente, une enveloppe ramenée ensuite à 3 milliards (environ 3,5 milliards d’euros). Pour autant, de nombreux militants cités par le site spécialisé Cycling Electric jugent ce budget encore très insuffisant pour développer vraiment le vélo et la marche.

En France, la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette (FUB) a publié au printemps un calcul du même type, dans son rapport « Santé en mouvement » : chaque kilomètre parcouru à vélo éviterait environ un euro de coût social. Le rapport complet de Cycling UK, avec le détail des onze projets, peut être téléchargé gratuitement sur le site de l’association.


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