Powerwall à 35 $ par mois : la stratégie secrète de Tesla pour contrôler le réseau

 
Pourquoi dépenser des milliers d’euros pour acheter une batterie domestique quand quelques dizaines d’euros par mois suffisent pour en disposer ? Tesla propose cette formule au Texas. Mais en échange de ce prix cassé, les batteries peuvent être pilotées par Tesla et intégrées à sa centrale électrique virtuelle afin de soutenir le réseau lorsque celui-ci en a besoin.

C’est une première commerciale pour Tesla. Le constructeur automobile et fournisseur d’énergie américain propose désormais ses batteries à la location pour seulement 35 $ (environ 32 €) par mois. Lancée le 13 août, cette offre baptisée « Powerwall Lease » est portée par Tesla Electric, et est pour l’heure disponible uniquement au Texas, aux États-Unis.

Évidemment, cette formule évite un investissement initial qui peut facilement dépasser une dizaine de milliers de dollars (plus de 9 000 €). Mais en contrepartie de ce tarif particulièrement bas, les batteries doivent être mises à contribution à la fois pour les besoins du foyer et pour le réseau électrique. Surtout, les 35 $ annoncés en grande pompe par Tesla ne correspondent pas au véritable montant de l’abonnement. Plusieurs conditions sont à prendre en compte.

Une offre ramenée à 35 dollars grâce à un crédit

Powerwall Lease est une offre de location comprenant exactement deux unités Powerwall de Tesla, totalisant 27 kilowattheures (kWh). Elle est proposée uniquement aux foyers qui ne disposent pas d’une installation solaire. Les batteries serviront donc principalement d’alimentation de secours en cas de panne de courant. Le tarif mensuel de base s’élève à 122 $ (environ 112 €) durant la première année, auxquels s’ajoutent 100 $ (environ 92 €) de frais de commande. L’installation, quant à elle, est gratuite.

Les clients ne paieront toutefois pas réellement ces 122 $ chaque mois. Tesla leur accorde en effet un crédit mensuel de 87 $ (environ 80 €), à condition de souscrire au forfait Tesla Electric Backup ou au programme Virtual Power Plant (VPP, ou centrale électrique virtuelle) de l’entreprise. C’est ce crédit qui permet de ramener le coût mensuel à 35 $ hors taxes.

Le coût réellement supporté par le client augmentera progressivement au fil des années. Le loyer de 122 $ doit augmenter de 3 % par an, tandis que le crédit mensuel de 87 $ ne progressera pas au même rythme.

Un détail pèse lourd avant de signer : cette location n’a rien d’un abonnement résiliable au mois. La formule Powerwall Lease engage le client sur douze ans. Une durée à garder en tête si l’on déménage ou que l’on veut sortir du dispositif plus tôt, d’où l’intérêt de regarder de près les conditions de transfert et de résiliation avant de se lancer.

Des batteries mises au service du réseau

« Tesla gère vos unités Powerwall afin de contribuer à la stabilité du réseau électrique », souligne l’entreprise dans son annonce. Autrement dit, Tesla gère directement les batteries et peut les utiliser lorsque le réseau en a besoin. C’est d’ailleurs cela qui permet à l’entreprise de tirer une valeur supplémentaire des batteries et de proposer un abonnement à un tarif réduit.

Les deux Powerwall sont ainsi intégrés à une centrale électrique virtuelle. Ce système permet de regrouper virtuellement de nombreuses petites installations de stockage réparties sur un même territoire. Pilotées collectivement, ces batteries se comportent, du point de vue du réseau, comme une seule et même centrale électrique.

Lorsque l’électricité est abondante et peu chère, le système peut demander à certaines unités de se charger. C’est par exemple le cas lorsque la production solaire est importante en journée. Et à l’inverse, lorsque la demande augmente fortement sur le réseau et que l’électricité devient plus chère, une partie de l’énergie stockée peut y être injectée.

Le foyer n’est toutefois pas laissé sans électricité. Tesla garantit qu’au moins 20 % de la capacité de stockage reste en permanence réservée à la maison, et la totalité de l’énergie stockée redevient accessible en cas de coupure sur le réseau. La fonction Storm Watch recharge par ailleurs les batteries à pleine capacité à l’approche d’un épisode météo sévère.

Un modèle appelé à se développer

Si ce type d’offre reste encore relativement récent, il commence à se développer au Texas. Au sein de l’État, Tesla n’est pas la seule entreprise à proposer des batteries domestiques en location à faible coût avant de les agréger au sein d’une centrale électrique virtuelle. L’entreprise Base Power suit notamment un modèle similaire. Elle installe des batteries chez les particuliers à un prix mensuel de 19 $ (environ 17 €) et les agrège afin de pouvoir exploiter leur capacité de stockage au bénéfice du réseau. L’entreprise prévoit par ailleurs d’étendre son activité à l’échelle nationale.

En effet, le modèle est appelé à se répandre largement en raison du besoin croissant des réseaux en matière de flexibilité. Les centrales virtuelles permettent de mobiliser rapidement une importante capacité de stockage, sans nécessairement construire de nouvelles infrastructures à grande échelle, et en évitant la longue durée d’attente de raccordement.


Envie de retrouver les meilleurs articles de Frandroid sur Google News ? Vous pouvez suivre Frandroid sur Google News en un clic.

Recherche IA boostée par
Perplexity