« Les panneaux solaires polluent » : l’ADEME tord le cou à ce mythe en France

 
Le solaire français est encore plus vert qu’on ne le pensait. De nouvelles données viennent de revoir fortement à la baisse son empreinte carbone. Selon de nouvelles données de l’ADEME, l’électricité solaire produite en France émet désormais jusqu’à 50 % de moins de CO₂ que prévu.
Source : Pexels

L’ADEME, en collaboration avec plusieurs organismes, dont Mines Paris – PSL, le CEA/INES et Certisolis, a entrepris de mettre à jour les données utilisées pour évaluer l’impact environnemental de l’électricité solaire produite en France. Cette actualisation est devenue nécessaire car l’industrie solaire a beaucoup évolué au cours de la dernière décennie. Les premiers résultats sont particulièrement encourageants pour la filière : le photovoltaïque affiche désormais une empreinte carbone nettement inférieure aux estimations précédentes.

Ces travaux ont été rendus publics le 1er septembre 2026, dans un communiqué commun signé par l’ADEME, Mines Paris – PSL, le CEA/INES et Certisolis.

Une empreinte carbone presque deux fois plus faible

L’empreinte carbone attribuée au photovoltaïque est ainsi revue à la baisse. Elle passe de 43 grammes de CO₂ équivalent par kilowattheure (gCO₂eq/kWh) à une fourchette comprise entre 20 et 30 gCO₂eq/kWh, selon l’ensoleillement du site et le type d’installation (au sol ou sur toiture). La baisse atteint 30 à 50 % par rapport à l’ancienne référence.

Ces valeurs ne sortent pas d’un simple modèle théorique. Elles s’appuient sur 83 analyses de cycle de vie menées usine par usine, issues des appels d’offres photovoltaïques pilotés par l’ADEME entre 2022 et 2025.

Ces chiffres prennent en compte les émissions générées sur l’ensemble du cycle de vie des installations photovoltaïques. Ils considèrent celles liées à l’extraction des matières premières, à la fabrication des panneaux, à leur transport, à leur installation, et à toutes les étapes intervenant au cours de leur durée de vie.

À titre de comparaison, l’ADEME estime l’empreinte du charbon à environ 1 060 gCO₂eq/kWh et à 420 gCO₂eq/kWh pour le gaz. Le solaire reste donc très éloigné des niveaux d’émissions associés aux combustibles fossiles. Son empreinte est également inférieure à celle du mix électrique français, estimée par l’organisme à 46,2 gCO₂eq/kWh en moyenne.

Des panneaux plus efficaces, qui nécessitent moins de matières et d’énergie

Cette amélioration résulte des progrès réalisés au sein de l’industrie photovoltaïque à différents niveaux de la chaîne de fabrication. En effet, la quantité de matériaux nécessaire à la production des panneaux a fortement diminué, et les procédés industriels sont devenus moins énergivores.

Il faut aujourd’hui moins de matières premières pour produire une même quantité de puissance photovoltaïque. Or, réduire les besoins en matériaux signifie aussi réduire l’énergie nécessaire à leur extraction et à leur transformation, et donc les émissions associées à ces étapes.

Les procédés de fabrication ont également gagné en efficacité. Ils nécessitent désormais moins d’électricité et de chaleur qu’auparavant. De plus, l’électricité utilisée par l’industrie photovoltaïque est progressivement devenue moins carbonée.

L’amélioration du rendement des panneaux a également joué un rôle dans ces résultats. Les modèles actuels affichent des rendements qui dépassent désormais 20 %, contre des niveaux sensiblement plus faibles il y a encore quelques années. Une progression qui se répercute directement sur le calcul de l’empreinte carbone.

Les 8 panneaux solaires Anker Solix IBC 455 W // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Des données qui doivent encore être consolidées

Ces nouvelles données alimenteront les travaux de l’IEA PVPS, le programme de l’Agence internationale de l’énergie consacré aux systèmes photovoltaïques. Ses travaux et ses rapports constituent des références pour les chercheurs, les industriels et les pouvoirs publics lorsqu’il s’agit d’évaluer les performances environnementales du solaire.

Les chiffres annoncés restent toutefois provisoires. Une analyse de cycle de vie complète et approfondie doit encore être menée afin de consolider les résultats dans le contexte français. L’étude en cours doit permettre de vérifier et d’harmoniser les différents paramètres pris en compte dans le calcul. Les conclusions définitives sont attendues fin 2027.


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