
L’émission télé « Qui veut être mon associé ? » sur M6 est très populaire en France. De nombreuses entreprises passent devant un jury d’entrepreneurs, avec à la clé de possibles investissements.
Pour le coup d’envoi de la saison 6 ce jeudi 8 janvier, le premier épisode accueillait deux acteurs du cycle : le vélo électrique Pi-Pop et l’antivol CactUs. Ça tombe bien, nous les connaissons bien chez Frandroid, pour avoir testé longuement le premier, et discuté avec la fondatrice du second lors du lancement. Alors, comment s’est passée l’épreuve ?
Pi-Pop, le vélo sans batterie lithium
Le Pi-Pop est un vélo électrique ou plutôt « un vélo à assistance autonome » qui est présenté « sans batterie, sans chargeur ». Car il fonctionne avec des supercondensateurs, qui « stockent l’énergie quand c’est facile », explique Adrien Lelièvre. Le vélo « vous la restitue quand c’est difficile », le tout besoin de le charger. C’est ce qu’on a pu expérimenter lors de notre test longue durée du Pi-Pop.

« 1 personne sur 2 qui teste le Pi-Pop nous l’achète, nos ventes ont doublé en 1 an, 1 000 vélos sont déjà en circulation », ajoute le fondateur, « et on est passé de 30 à plus de 750 demandes d’essai par mois. ».
Il termine son intervention en se projetant, avec une « l’ambition de 10 000 vélos d’ici 3 ans » en levant 5 millions d’euros. Malgré cette présentation et même un essai sur quelques mètres, aucun des business angels n’a voulu investir 150 000 euros (5% du capital). Mais pourquoi ?
Pourquoi le Pi-Pop n’a pas séduit le jury ?
« Le marché est sursaturé pour le vélo avec des acteurs qui se cassent la gueule tous les 2 jours. », commente Jean-Michel Karam, auquel Adrien répond par « des ventes partout en Europe » et en mettant en avant son projet « différenciant ». Le juré s’est toutefois montré optimiste, et estime qu’Adrien a « tout pour être riche », notamment s’il parvient à « licencier la technologie » auprès des grands fabricants.
Autre critique émise par le jury : « l’apparence standard » du vélà, notamment face à l’Anod Hybrid 2 davantage dans son époque. Kelly Massol interpelle sur l’aspect marketing à travailler et Anthony Bourbon sur le profil plutôt d’ingénieur d’Adrien Lelièvre.
Enfin, autre point faible qui ne passe pas aux yeux du jury : le prix trop élevé, annoncé à partir de 2 690 €, « dans les prix du marché, avec une fabrication française » selon son concepteur. Il ajoute qu’avec une économie d’échelle de 10 000 unités, le prix pourrait passer « sous 2 000 euros ».
Il n’y a pas d’offres pour le moment, découvrez
En tout cas, et bien que déçu, Adrien Lelièvre prend acte des retours très pertinents du jury pour la suite de l’aventure Pi-Pop et « espère que l’avenir leur donnera tort. »
CactUs lock, l’antivol vélo à odeur de cadavre
Le second acteur du vélo, ou plutôt l’actrice, est Aïko Leroux. Nous l’avions rencontrée au salon Vélo in Paris, où elle avait attiré son monde autour du CactUs Lock. Cet antivol vélo est unique en son genre, car il génère « une odeur de cadavre » – la putrescine – lors d’une tentative de vol. Cette odeur est considérée « parmi les pires du monde ». Nous ne revenons pas en détail sur les effets, car elle explique déjà tout dans notre article.

Le discours a fait mouche auprès du jury qui semblait conquis. Aïko ajoute avoir réalisé « 20 000 euros de ventes alors qu’on n’avait pas encore le produit. ». La créatrice raconte « avoir galéré pour faire les premiers », mais rassure que « tous les clients sont livrés et que les ventes sont rouvertes. »
Pourquoi l’antivol CactUs n’a pas séduit le jury ?
Si le jury commente une signalétique et une couleur à améliorer, il bute surtout sur l’odeur, pourtant l’atout de cet antivol vélo. Résultat, là aussi, personne ne vient investir les 100 000 euros demandés (5 %), jugeant que l’odeur n’est pas assez dissuasive.
« C’est pas violent du tout, […] ça m’étonnerait que ça arrête les voleurs », estime Anthony Bourbon avant de considérer sa démonstration « sans effet de preuve ». Aïko Leroux lui répond que c’est une « version soft » à 1 centième de l’odeur originale, « pour ne pas traumatiser ».
« L’échantillon présenté sur le plateau a été installé environ une heure avant le tournage. », se défend Aïko dans un message sur Linkedin. « À son installation, l’odeur était telle que le plateau a dû être évacué », précise l’entrepreneuse, « ensuite, le plateau a été très fortement ventilé. […] au moment où les investisseurs sont passés, il ne restait donc qu’une infime partie de l’odeur initiale. »
Autre hic, le tarif de 260 euros est trop élevé au goût des business angels. « Ça me parait excessif pour un antivol dont on a pas encore de retour sur le nombre de voleurs qui ont été arrêtés », argumente Kelly Massol. « On est sur un produit Made in France et deep tech, donc ça se paie. », rétorque la fondatrice. Enfin, certains jugent que le projet est encore trop jeune, « sans vidéo pour expliquer », avec peu de ventes ou encore de followers sur les réseaux.

Aïko Leroux repart déçue, mais reste optimiste dans le projet d’antivol vélo CactUs lock. « L’entreprenariat ce sont des coups bas et des coups hauts », considère-t-elle, « là c’est un coup bas, mais il y aura un coup haut ensuite. »
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