Fin de la 2G : 1,7 million d’appareils vont s’arrêter sans prévenir

1,7 million en sursis

 
À fin juin 2026, environ 1,7 million d’appareils uniquement compatibles 2G restaient connectés en France, alors que le réseau doit fermer d’ici la fin de l’année. Parmi eux, des centaines de milliers d’alarmes, d’ascenseurs et de systèmes de téléassistance dont les propriétaires ignorent souvent qu’ils embarquent une carte 2G.
La désormais célèbre photo prise avec un smartphone Android // Photo par Maximilien LAMY / AFP

La 2G a fait vivre le Nokia 3310 et le premier iPhone. Trois décennies plus tard, les opérateurs l’éteignent pour de bon d’ici décembre. Et une partie des appareils qui en dépendent encore vont cesser de fonctionner sans afficher le moindre message d’erreur. Leurs propriétaires ne s’en rendront compte qu’une fois le service coupé.

L’Arcep, le gendarme des télécoms, tient un observatoire de ces cartes SIM en sursis. À fin juin 2026, il restait 1,06 million de cartes actives dans des téléphones ou des tablettes compatibles 2G uniquement, plus 620 000 dans des objets connectés, ce que les télécoms appellent le M2M (pour « machine to machine »). Au total, environ 1,7 million d’appareils qui ne captent que la 2G, donc bons pour la casse une fois le réseau débranché.

Le parc grand public fond d’environ 56 000 cartes par mois. À ce rythme, il faudrait encore un an et demi pour tout éteindre, alors qu’il ne reste que trois mois. Autrement dit, la 2G fait de la résistance.

Des SIM cachées, des pannes invisibles

Les objets connectés posent un problème à part. La carte 2G y est intégrée à l’appareil, invisible pour l’utilisateur. Le propriétaire d’une alarme, d’un chauffage connecté ou d’un traqueur GPS peut très bien ignorer qu’il embarque une puce 2G, jusqu’au jour où ça ne répond plus.

Et on parle parfois d’usages critiques : téléassistance des personnes âgées, détecteurs de chute, appels d’urgence dans les ascenseurs.

Pour ces derniers, un décret publié en mars 2026 impose déjà de sécuriser les installations.

Côté M2M, l’Arcep compte 620 000 boîtiers en 2G seule et 1,39 million qui gèrent aussi la 3G, soit plus de deux millions d’équipements à migrer. La bascule passe souvent par le remplacement du modem, voire de tout l’appareil, et la facture peut piquer.

Combien de propriétaires ignorent totalement le problème ? Aucun chiffre ne le dit. Du côté des entreprises et des collectivités, la Direction générale des Entreprises a officiellement prévenu qu’il fallait migrer ces équipements, et l’Arcep a mis en ligne une fiche pour aider les particuliers à anticiper.

La 2G ferme, la 3G suit

Orange a ouvert le bal en coupant la 2G dès mars 2026 dans le Sud-Ouest, avant une extinction totale fin 2026. SFR débranche la sienne le 15 novembre, Bouygues Telecom enchaîne dans la foulée. Free n’a pas de réseau 2G en propre et passe par l’itinérance d’Orange, donc il s’éteint en même temps. Les fréquences ainsi libérées serviront à muscler la 4G et la 5G, où les opérateurs se disputent déjà la première place.

La 3G suivra la même pente, en ordre dispersé. Orange et SFR ferment en 2028, Bouygues Telecom attend 2029. Free n’a, lui, rien annoncé, même s’il s’appuie surtout sur le réseau d’Orange. Et il reste encore 0,85 million de smartphones grand public qui ne captent que la 3G : et donc la même corvée de migration reviendra dès 2028.

Avant de changer d’opérateur ou de forfait, autant vérifier lequel offre le meilleur réseau chez vous. Pour la 2G, regardez si votre téléphone, votre alarme ou votre montre GPS sait se connecter à la 4G, et nous détaillons la marche à suivre pour préparer son smartphone. Pour un boîtier sans écran, le plus simple reste d’appeler le fabricant ou l’installateur avant de découvrir la panne en direct.

Pour aller plus loin
Arrêt de la 2G et 3G : le guide pour préparer votre smartphone


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