
Pourquoi cet achat ? Je n’ai pas de téléviseur dans mon salon, et je voulais pouvoir projeter des films de temps en temps sur le plafond de ma chambre – mes murs n’étant pas adaptés. Eurêka ! me suis-je dit, l’œil brillant. Je vais simplement investir dans un petit vidéoprojecteur pas cher, histoire de tester l’installation.
Rendez-vous sur Amazon, où tout un tas de petits vidéoprojecteurs orientables se bousculent, tous mieux notés les uns que les autres. J’ai fini par jeter mon dévolu sur un Sepymp, l’un des rares modèles qui intègre Android TV. Le prix ? 54,99 euros. Même si je ne m’attendais pas à grand-chose, j’ai finalement eu encore moins.
Design et ergonomie
Android TV (13, certes), 1080p, Wi-Fi 6, Bluetooth 5, correction du trapèze automatique, haut-parleur 10 W… sur le papier, tout allait bien. Mais dès l’ouverture du carton, je constate, en sortant la bête de sa boîte, qu’un petit « clic clic » se fait entendre lorsqu’on le secoue. Ça n’est jamais vraiment bon signe. À 50 euros, je me doutais bien que les finitions seraient mauvaises : c’est le cas, on est sur du plastique bas de gamme. Mais je ne suis pas étonnée et n’en espérais pas plus, c’est normal vu le prix.

L’angle du projecteur peut être ajusté manuellement, cran par cran. À l’arrière, on trouve un port HDMI, un port USB-A, une prise casque et l’alimentation. Pas de bloc secteur pour celle-ci, d’ailleurs, c’est plutôt rare. La petite télécommande (livrée sans ses deux piles AAA) est plutôt bien faite.
Premier allumage : mes tympans en prennent un coup. La soufflerie est bruyante.
Côté mise en place, avec Android TV, tout se passe bien, c’est simple. Seulement, les déplacements sont d’une lenteur remarquable, de menu en menu. Ainsi, durant la configuration, j’ai largement regretté de ne pas avoir modifié le mot de passe de ma box Internet. C’est bien simple, le temps de finir de taper l’infinie combinaison de chiffres et de lettres minuscules et majuscules, il faisait nuit. Un mal pour un bien, finalement, car un environnement bien sombre est requis pour pouvoir profiter de la projection à peu près correctement. Notez néanmoins que même s’il est peu lumineux, j’ai trouvé que cela restait encore correct en gardant le prix en tête.
L’image : un flou artistique
Qu’en est-il du rendu de l’image ? Tout d’abord, il faut faire la mise au point soi-même. Celle-ci s’effectue via deux touches sur la télécommande. Cela correspond en fait à faire bouger la bague de mise au point électroniquement. Le rendu est approximatif : seul un endroit sera vraiment net, le reste – notamment les bords – demeure flou. Il faut faire des choix…
Lors de cette phase et du réglage du zoom (un bon point pour la présence de ce dernier), j’ai vite remarqué qu’il y avait tout un tas de défauts sur la lentille.

Preuve en est sur cette image, où l’on peut notamment voir deux saletés, en dessous et au-dessus du « Dos ». Oui, j’ai bien nettoyé l’objectif, et non, ce n’est pas mon mur qui est sale.
Quant à l’image projetée, elle manque globalement de netteté, avec une colorimétrie très froide, et des couleurs totalement délavées. Les carnations sont fades et les gens ont l’air de sortir d’une mauvaise gastro. Pour vous donner une idée, les films vous donneront l’impression d’être des productions télévisuelles des années 90.
À l’usage : une expérience de streaming saccadée
Tout ceci aurait encore pu passer pour des personnes vraiment peu exigeantes. Là où les vrais soucis débarquent, c’est donc bien lorsque l’on lance une vidéo via un service de streaming. J’ai testé sur Prime Video, et j’ai vite compris que ce serait inregardable. La vidéo est en effet saccadée, comme si vous la regardiez en 20 images par seconde ou que certaines scènes se déroulaient un peu trop lentement.
En outre, l’app Prime Video était complètement buggée. Impossible, par exemple, de faire autre chose que Pause lors de la lecture d’un film : j’ai essayé d’avancer ou reculer sur la barre de navigation, en vain, et le menu du choix de langue n’affiche… rien. Très étrange.
Sur YouTube, le même souci apparaît au lancement d’une vidéo, mais s’estompe si vous laissez la vidéo se charger. Les lags peuvent néanmoins revenir aléatoirement.
En bref, le processeur du vidéoprojecteur n’est clairement pas assez puissant pour traiter le décodage vidéo des services de streaming.
Seul point qui m’a surprise positivement : les haut-parleurs. Que l’on s’entende bien, le rendu est brouillon, c’est plus leur puissance qui m’a étonnée. Je n’ai jamais eu à mettre à plus de 40 (sur 100) pour entendre parfaitement – malgré le bruit d’avion du projecteur.

Conclusion : gardez vos 50 euros pour autre chose
En conclusion, c’est là que l’on perçoit les limites des commentaires clients sur Amazon. Ce picoprojecteur Sepymp y est en effet noté 4,4 sur 5. « L’image est nette, lumineuse et les couleurs sont superbes » ou encore « Il est super silencieux, l’image est nickel » peut-on lire par exemple dans les avis clients, qui pourront donc logiquement leurrer tout un chacun.
Sans doute ce produit sera-t-il suffisant pour les personnes qui veulent regarder quelques vidéos sur YouTube ou bien y connecter leur ordinateur pour montrer des films de vacances. Mais ce sera à peu près tout.
Un picoprojecteur correct coûtera au minimum 250 euros, en optant pour des marques telles que Xgimi, Xiaomi, Philips ou encore Dangbei. Pour un projecteur capable de s’orienter à 180°, nous vous conseillons notamment le Xgimi Vibe One à 249 euros, ou bien le MoGo 3 Pro à 499 euros.
Quant au vidéoprojecteur Sepymp, vous le trouverez ici pour 55 euros, à vos risques et périls.
Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.

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