Mise à jour : Le rachat vient d’être démenti. Néanmoins, cet article est tout de même intéressant…

Google avait déployé de la fibre optique à Kansas City (projet Google Fiber). Aujourd’hui, le géant de la recherche rachète un FAI américain spécialisé dans les équipements d’hotspots pour les lieux publics. Et ce n’est que le début…  d’une énorme intégration verticale.

Notre avenir ? Regarder du contenu financé par Google, sur des services et des appareils Google, le tout avec une connexion Google. 

Google a bien compris qu’il serait délicat de négocier avec les fournisseurs d’accès. En France, Free (Iliad) exerce une pression importante sur Google. En effet, la connexion entre les différents réseaux formant Internet (« peering ») nécessite des frais d’investissement importants. Cette équité jusque là non marchande demande une relation « équilibrée » entre données envoyées et reçues. Les FAI exigent donc aujourd’hui que les fournisseurs de services comme Google payent pour l’augmentation des capacités de connexion.  Google a bien compris que cette question était stratégique. Au lieu de payer, Google a donc bien l’intention de devenir un fournisseur d’accès Internet. Ils ont déjà annoncé leur objectif de passer à la vitesse supérieure avec le projet Google Fiber aux Etats-Unis mais également en Europe. Cette acquisition pour 400 millions de dollars (350 millions d’euros) permet à Google d’être un des premiers fournisseurs d’accès hotspots aux Etats-Unis : école, université, aéroports, centres commerciaux, parcs, etc. Google Fiber

Google Fiber

Cette activité de fournisseur d’accès va permettre à Google de rétablir cette équité dans le peering. En effet, Google recevra bien plus de données qu’ils en enverront.  Une stratégie d’intégration verticale bien calculée. Cela me fait penser à un autre secteur dans lequel Google met en place des axes similaires, celui de la télévision.

En effet, le géant de la recherche a compris qu’il serait difficile de négocier avec les chaines de télévision pour sa Google TV. Google investit donc beaucoup d’argent dans la création de contenu en lançant ses propres chaines, vous avez certainement remarqué la campagne de publicité de YouTube pour la Ligue 1 dans le métro parisien ?

YouTube et la Ligue 1

YouTube est donc désormais une chaine Internet du football. Mais c’est loin d’être le seul domaine… YouTube avait déjà financé en juin dernier une première chaine officielle avec un partenariat. C’est le Studio Bagel, un collectif d’humoristes et de réalisateurs. Je pense que vous en connaissez certains, c’est la bande de potes avec Cyprien et Norman. Mais aussi Monsieur Poulpe et Davy Mourier (No Life). Plus tôt, les jeunes humoristes ont refusé une offre de Canal. Justement. Je vous laisse découvrir une de leur création plus bas.

Ce n’est pas tout… « It’s Big« , une émission de divertissement proposée par Endemol, « Very Watch« , un rendez-vous sur les médias, mais aussi « Rendez-vous à Paris » proposé par l’agence Capa (qui produisait déjà pour Canal des programmes comme « Le Château » pour Canal+). Chaque projet est un investissement jusqu’à plus de 1 millions d’euros. Cela promet plusieurs centaines heures de contenu. Google propose également du cinéma. Et ce n’est que le début…

En finançant ces divers projets, Google est entrain de préparer tranquillement l’arrivée de ses technologies et services (dont la Google TV). En maitrisant toute la chaine de valeur, Google met sous contrôle ses produits en entrée et la distribution de ses produits et services. C’est ce que l’on appelle intégration en avale et en amont. J’y reviendrai un peu plus tard…